G. Attal : « faire confiance à Le Pen, c’est sauter en élastique sans s’attacher »
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G. Attal : « faire confiance à Le Pen, c’est sauter en élastique sans s’attacher »

Le porte-parole du gouvernement a accusé la cheffe du Rassemblement national de "changer d'avis et de propositions en fonction de ses interlocuteurs"

Gabriel Attal, porte-parole du gouvernement. (Capture d'écran Twitter)
Gabriel Attal, porte-parole du gouvernement. (Capture d'écran Twitter)

« Faire confiance à Marine Le Pen, c’est sauter en élastique sans s’attacher » tant ses prises de position varient « en fonction de ses interlocuteurs », a affirmé jeudi le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal.

Alors que le gouvernement et la majorité sont régulièrement accusés de faire le jeu du Rassemblement national en le considérant comme leur principal adversaire, Gabriel Attal a au contraire estimé sur Cnews que « les attachés de presse aujourd’hui du Rassemblement national s’appellent Eric Ciotti et le parti Les Républicains », et que la majorité présidentielle est « assez seule à combattre le Rassemblement national ».

Interrogé sur un supposé manque d’attaque de LREM sur le fond des idées du RN, il a répondu qu’il « aimerait bien d’ailleurs voir le programme et le fond » du programme du parti de Marine Le Pen, accusant cette dernière de « changer d’avis et de propositions en fonction de ses interlocuteurs ».

« Elle fait une interview au journal libéral L’Opinion totalement libérale, ‘il faut rembourser la dette, etc…’; elle va dans une usine, elle fait une expression trotskiste. Devant les gilets jaunes elle dit ‘y en a marre du système faut les renverser’; aujourd’hui elle est devenue la papesse du système : elle défend le maintien de l’ENA. Et devant des musulmans elle devient amie de l’islam, et devant ses militants, elle devient anti-islam », a-t-il accusé.

La dirigeante du Front national (aujourd’hui Rassemblement National) Marine Le Pen assiste au congrès annuel du parti d’extrême droite dans la ville française de Lille le 10 mars 2018. (AFP Photo/Philippe Huguen)

Face à « cette multiplicité de points de vue, de lignes qui n’ont rien à voir les unes avec les autres, on se dit que faire confiance à Marine Le Pen, c’est sauter en élastique en oubliant de s’attacher : on ne sait pas vers quoi on va », a estimé M. Attal.

Il a aussi fait valoir que « quand vous êtes un responsable politique à la tête d’un parti comme le Rassemblement national, ex-Front national, vous portez aussi l’héritage de votre formation politique ».

« Ou alors il faut qu’il y ait un vrai acte de repentance pour renier un certain nombre de valeurs, de positions » et « renier aussi un certain nombre de personnes qui font partie de ce mouvement, de son entourage, qui véhiculent encore ces idéologies-là », a-t-il recommandé.

« Il est nécessaire de ne jamais oublier que le Front national est un parti multi-condamné, c’est un parti raciste, c’est un parti qui a été condamné aussi pour antisémitisme », a mis en garde mercredi le chef de file des députés LREM, Christophe Castaner.

« Les antisémites sont toujours là » au parti français d’extrême droite Rassemblement national (RN), dont la cheffe Marine Le Pen est « comme dans le chaperon rouge, le loup qui se déguise en grand-mère », avait prévenu une tête de file de la droite française, Valérie Pécresse.

« Le RN, c’est comme dans le chaperon rouge : c’est le loup qui se déguise en grand-mère. Madame Le Pen est le loup déguisé en grand-mère et qui essaye de dédiaboliser son parti. Mais si on ouvre les placards (…), on s’aperçoit que les antisémites sont toujours là », a souligné sur la station communautaire juive Radio J la présidente sortante de la région Ile-de-France, où se trouve la capitale française.

Mme Pécresse (Libres!, ex-Les Républicains) a cité le député européen RN Jean-François Jalkh, « qui a tenu en 2000 des propos négationnistes sur les chambres à gaz », et le conseiller régional Axel Loustau « qui lorsque nous avons baptisé l’hémicycle du Conseil régional du nom de Simone Veil est sorti de l’hémicycle pour ne pas avoir à rendre hommage » à Mme Veil.

Simone Veil vote aux élections européennes, le 10 juin 1979. (Crédit :(Pierre Guillaud/AFP)

Pour les élections régionales de juin en Ile-de-France, Mme Pécresse fait la course en tête dans les sondages devant le numéro 2 du RN, Jordan Bardella, trois candidats de gauche et le candidat du parti présidentiel La République en marche (LREM), Laurent Saint-Martin.

« Je suis prise en étau entre deux extrêmes : l’extrême droite qui veut me faire perdre, et une gauche qui est prête à s’allier avec des indigénistes, des islamo-gauchistes, des décroissants », avait estimé Mme Pécresse, qui a fait de sa réélection la condition d’une éventuelle candidature à l’élection présidentielle de 2022.

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