Gantz à ses ex-alliés: le défi du coronavirus, plus important que la politique
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Gantz à ses ex-alliés: le défi du coronavirus, plus important que la politique

Le nouveau président de la Knesset a déclaré à Yair Lapid et Moshe Yaalon qu'un 4e scrutin en pleine pandémie n'est pas envisageable

Les leaders de Kakhol lavan Benny Gantz, (à droite), et Yair Lapid lors d'une réunion de faction à l'ouverture de la 22e Knesset de Jérusalem, le 3 octobre 2019. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)
Les leaders de Kakhol lavan Benny Gantz, (à droite), et Yair Lapid lors d'une réunion de faction à l'ouverture de la 22e Knesset de Jérusalem, le 3 octobre 2019. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Dans la nuit de vendredi, le chef du parti Hossen LeYisrael, Benny Gantz, a déclaré à ses anciens partenaires, qu’il se séparait d’eux, laissant ainsi la voie ouverte à un gouvernement d’unité avec son rival Benjamin Netanyahu, dans le but d’épargner au pays un quatrième scrutin dans le cadre d’ « une période si difficile ».

La déclaration a mis fin à une journée complètement inattendue au cours de laquelle Gantz est devenu président de la Knesset, s’est séparé de ses partenaires de Kakhol lavan pour vraisemblablement rejoindre Netanyahu dans un gouvernement d’unité. Bien que beaucoup de questions restent encore en suspens (Nous ne savons pas ce que le chef du parti Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman, et le chef du parti travailliste Amir Peretz comptent faire), Gantz a permis de maintenir le leader du Likud inculpé au poste de Premier ministre pour au moins un an et demi.

« En fin de compte, je crois que nous ne devons pas entraîner Israël dans une quatrième élection à un moment aussi difficile, alors que le pays est confronté à la crise du coronavirus et à ses retombées. Nous ne sommes pas d’accord sur ce point », a écrit Gantz dans un tweet adressé au leader de Yesh Atid, Yair Lapid, et à celui de Telem, Moshe Yaalon, qui avaient été ses n°2 et n°3 au sein de Kakhol lavan.

Gantz a remercié les deux hommes pour leur partenariat au cours de l’année écoulée. « A mes yeux, vous serez toujours des patriotes qui aiment le pays et agissent en son nom où qu’ils soient », a-t-il écrit.

Gantz a été vivement critiqué par ses anciens partenaires pour son apparente volte-face, après une année au cours de laquelle il avait martelé – à maintes et maintes reprises – que Kakhol lavan ne siégerait jamais dans un gouvernement dirigé par un Premier ministre inculpé.

« La crise du coronavirus ne nous donne pas le droit d’abandonner nos valeurs », avait déclaré Lapid quelques heures plus tôt. « Nous avons promis de ne pas siéger avec un Premier ministre sous le coup de trois inculpations criminelles. Nous avons promis de ne pas siéger dans une coalition d’extrémistes et d’extorqueurs. Nous avons dit que nous ne permettrions à personne de saper la démocratie israélienne. Et cette semaine où les attaques contre le système judiciaire ont été les plus graves, ceux qui désobéissent à la loi sont récompensés. Une récompense à la criminalité. Vous ne pouvez pas vous introduire dans un gouvernement comme celui-là et nous dire que vous l’avez fait pour le bien du pays ».

Yaalon, qui a été ministre de la Défense sous Netanyahu lorsque Gantz était chef d’état-major, a déclaré que la décision de l’ancien chef de Kakhol lavan de « ramper dans le gouvernement de Netanyahu, qui représente tout ce à quoi nous nous opposons, est pour le moins décevante ».

A LIRE : Etat d’Israël vs. Netanyahu : détails de l’acte d’accusation du Premier ministre

Jeudi, Yuli Edelstein (qui a refusé d’obéir à une décision de la Cour suprême) a souhaité à Gantz de « prendre du plaisir à travailler – mais seulement pour un temps limité. Nous devons rapidement former un gouvernement d’union dans les prochains jours, dans lequel vous serez une figure centrale ».

Selon le site d’information Walla, Edelstein a dit en privé à ses associés qu’il avait obtenu la preuve que ses actions étaient justifiées. « La réalité m’a donné raison. J’ai travaillé en faveur de l’unité pendant une année entière. C’était l’essence même de mes récentes actions. Tous les moqueurs peuvent ravaler leurs chapeaux », aurait-il déclaré.

L’un des détracteurs les plus virulents de Gantz, qui a également remis en cause sa santé mentale à plusieurs reprises, la ministre de la Culture Miri Regev (Likud), a déclaré, lorsqu’elle a été appelée à voter : « Quoi, je peux voter contre mon voisin ? » (tous deux vivent dans la ville de Rosh Haayin) avant de se rapprocher d’un Gantz visiblement mal à l’aise pour échanger quelques mots.

Le ministre de la Sécurité intérieure Gilad Erdan du Likud a félicité Gantz pour sa « décision correcte et courageuse » et pour avoir su dépasser ses intérêts personnels.

Le ministre de la Défense Naftali Bennett, chef du parti Yamina, a également félicité Gantz pour son « pas courageux », ajoutant que « c’était la bonne chose à faire pour Israël en cette période d’urgence ».

Le député du Likud Yoav Kisch a également salué l’action « courageuse » de Gantz.

Le ministre des Transports Bezalel Smotrich de Yamina a tweeté : « Il semble que Gantz développe enfin une colonne vertébrale, s’arrachant à l’emprise de [Yair] Lapid et [Moshe] Yaalon et commençant à agir avec une responsabilité nationale ».

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