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Gantz sera chargé officiellement de la formation du gouvernement mercredi

Pour ce second round de négociations, le parti Yisrael Beytenu refuse de soutenir un candidat au poste de Premier ministre et les alliés de Netanyahu ont réitéré leur soutien

Benny Gantz, le chef de Kakhol lavan, avant une réunion de la Commission centrale électorale où les partis politiques en course aux élections israéliennes arrivent pour déposer la liste du parti pour le scrutin du 17 septembre 2019 à la Knesset, le 1 août 2019.  (Noam Revkin Fenton/Flash90)
Benny Gantz, le chef de Kakhol lavan, avant une réunion de la Commission centrale électorale où les partis politiques en course aux élections israéliennes arrivent pour déposer la liste du parti pour le scrutin du 17 septembre 2019 à la Knesset, le 1 août 2019. (Noam Revkin Fenton/Flash90)

Le président Reuven Rivlin va charger le leader du parti Kakhol lavan de la formation d’un gouvernement mercredi soir, après que le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré avoir échoué dans cette mission.

Un communiqué de bureau de Rivlin, mardi, a fait savoir que le président remettra officiellement à Gantz le mandat concernant la mise en place d’une majorité à la Knesset, après consultations par son chef de cabinet avec les représentants de tous les partis de la Knesset.

Les deux hommes signeront un document officialisant ce mandat à 20 heures. Ils feront également des déclarations à cette occasion.

En plus de son nouveau statut de Premier ministre potentiel, Gantz recevra, cette semaine, une équipe chargée de sa sécurité de la part de l’Etat.

Mardi dans la matinée, le parti de droite de Yisrael Beytenu a fait savoir qu’il ne recommanderait personne au poste de Premier ministre pour cette seconde série de négociations de coalition, et les alliés de Netanyahu ont répété leur soutien au Premier ministre.

Netanyahu a annoncé lundi qu’il avait échoué à former un gouvernement majoritaire à la Knesset, ce qui représente un revers majeur pour le Premier ministre et plonge le pays dans une nouvelle période d’incertitude politique.

Face à la date-butoir pour former un gouvernement qui est fixée à mercredi, Netanyahu a indiqué qu’il rendait le mandat de formation d’un gouvernement à Rivlin, attribuant la responsabilité de son échec à Gantz, à Yair Lapid, numéro deux de Kakhol lavan, et au dirigeant de Yisrael Beytenu Avigdor Liberman.

Le président du parti Kakhol lavan, Benny Gantz, au siège du parti le soir des élections à Tel Aviv, dans les premières heures du 18 septembre 2019. (Tomer Neuberg/Flash90)

Liberman a accusé mardi le Premier ministre de « n’agir que pour raison personnelle » dans les négociations de formation d’une coalition.

« Il se moque de l’Etat d’Israël. L’intérêt d’Israël est d’empêcher une troisième élection et de former un vaste gouvernement libéral. Netanyahu empêche cela en raison d’un agenda personnel seulement, et il entraîne tout le Likud avec lui », a dit Liberman au site d’information Ynet.

C’est Netanyahu qui avait été initialement chargé par Rivlin de former un gouvernement, sur la base du poids de son accord passé avec les formations de droite et ultra-orthodoxes – un bloc d’alliance qui représentait, de fait, 55 députés (Likud : 32 ; Shas : 9 ; Yahadout HaTorah : 7 et Yamina 7).

Gantz, pour sa part, est à la tête de 45 législateurs issus des formations du centre, de gauche et arabes (Kakhol lavan : 33 ; parti Travailliste-Gesher : 6 ; Camp démocratique 5 ; et 10 députés appartenant à la Liste arabe unie qui, pour leur part, ont précisé qu’il n’intégreraient pas une coalition dirigée par Gantz).

Liberman n’appartient à aucun bloc et il a réclamé la mise en place d’un gouvernement d’unité laïc comprenant le Likud, Kakhol lavan et son propre parti. Mais Netanyahu a refusé d’abandonner ses partenaires ultra-orthodoxes du Shas et de Yahadout HaTorah. Et Gantz, de son côté, a refusé de s’allier au Likud tant que Netanyahu risque d’être inculpé dans trois affaires de corruption.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu est reçu par le ministre de la Santé Yaakov Litzman du parti Yahadout HaTorah (à gauche), lors d’un repas pour célébrer la naissance du petit-fils de Litzman, le 18 juin 2017. (Shlomi Cohen/FLASH90)

« La position qui est la nôtre n’a pas changé », a expliqué Litzman. « Ceci en conformité avec le positionnement adopté par toutes les factions de droite qui, ensemble, regroupent 55 représentants unis sous la forme d’un bloc ».

Ayelet Shaked de HaYamin HaHadash a partagé ce point de vue, écrivant sur Twitter que si sa formation souhaitait rencontrer Gantz, elle ne mènerait pas de négociations indépendamment du bloc pro-Netanyahu.

« Si nous sommes invités à nous entretenir avec Gantz, nous irons, bien sûr, mais nous ferons clairement comprendre à Gantz qu’il perd son temps et qu’il ferait mieux de commencer à négocier avec les représentants du bloc », a fait savoir Shaked.

S’exprimant devant les journalistes, mardi matin, devant son habitation, Gantz s’est dit optimiste sur ses chances de former un gouvernement.

« Ce sentiment est terrible », a dit un Gantz, tout sourire, au volant de sa voiture, alors qu’il quittait son domicile de Rosh Haayin. « Nous avons terminé une séance d’entraînement du matin et nous allons maintenant au travail. Tout va bien. Nous sommes toujours optimistes – c’est un mode de vie ».

Le chef du parti Kakhol lavan Benny Gantz fait une déclaration à Tel Aviv, le 26 septembre 2019 (Crédit : Avshalom Shoshoni/Flash90)

Toutefois, sans le Likud, Gantz devrait avoir encore moins de chances que Netanyahu de former une coalition.

Si Gantz échoue dans ses négociations – il a un délai de 28 jours pour mener à bien sa mission – une majorité de députés pourraient essayer de désigner un troisième candidat, ce qui n’est jamais arrivé dans l’histoire d’Israël. Et en cas d’échec, alors le pays devrait se diriger vers un scénario sans précédent : celui de l’organisation d’un troisième scrutin au sein de l’Etat juif en moins d’un an.

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