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Goldknopf sur l’enrôlement des Haredim : « Vous n’avez pas besoin de nous »

Le chef de Yahadout HaTorah se demande pourquoi les succès électoraux des partis ultra-orthodoxes ne leur permettent pas de conclure des accords pour éviter la circonscription de leur communauté

Le ministre du Logement et de la Construction, le leader de Yahadout HaTorah, Yitzhak Goldknopf, à Tel Aviv, le 4 février 2024. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)
Le ministre du Logement et de la Construction, le leader de Yahadout HaTorah, Yitzhak Goldknopf, à Tel Aviv, le 4 février 2024. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Le chef du parti Yahadout HaTorah, Yitzhak Goldknopf, a affirmé dimanche soir qu’Israël n’avait pas besoin ou ne voulait pas de conscrits ultra-orthodoxes – ou haredim -, tout en se demandant si les victoires électorales des partis ultra-orthodoxes ne leur donnaient pas le droit de conclure des accords afin d’éviter l’enrôlement des membres de leur communauté.

Goldknopf s’est exprimé lors d’un événement célébrant le 100e anniversaire de Bnei Brak, ville dont la population est majoritairement haredi. « Vous ne nous comprenez toujours pas, pourquoi nous disons que nous vivons de la Torah, que sans la Torah, qui sait où nous serions », a-t-il déclaré.

Citant un tweet de l’ancien politicien Haïm Ramon, Goldknopf a affirmé que « quatre mille Haredim ont demandé à s’enrôler depuis le début de l’année – ce qui n’est pas bon à entendre – mais vous avez exclu 3 300 d’entre eux. Vous ne voulez pas de nous et vous n’avez pas besoin de nous. Pourquoi abusez-vous de nous ? » (Dans son tweet, Ramon a cité des données de la Knesset, bien qu’il ait reconnu par la suite que certaines personnes avaient contesté ces données, les jugeant problématiques).

Goldknopf a poursuivi en demandant : « N’avons-nous pas de valeur, puisque nous avons gagné les élections ? La procureure générale dit ‘ceci ne peut pas être fait, ceci peut être fait’. Cela n’a rien à voir avec elle sur le plan juridique. N’avons-nous pas le droit, lors des élections, de négocier et d’obtenir ce que nous méritons ? »

Réfutant l’affirmation du leader du parti Yahadout HaTorah Yitzhak, la députée Sharon Nir (Yisrael Beytenu) a écrit lundi matin sur X que la plupart des haredim qui se sont portés volontaires pour le service militaire après le 7 octobre ont été rejetés en raison de leur inaptitude et non parce qu’il n’y a pas de pénurie de main d’œuvre.

« Est-il vrai, comme on nous le dit, que 4 000 haredim ont demandé à s’enrôler dans l’armée israélienne, mais n’ont pas été acceptés ? », a demandé Nir.

Elle a écrit que des représentants militaires avaient confirmé une partie de l’affirmation de Goldknopf aux membres de la sous-commission de la Knesset pour les Ressources humaines de l’armée, mais que l’interprétation de Goldknopf était erronée.

Les statistiques ont été fournies aux députés lors d’une réunion fermée à la presse.
Selon Nir, 4 000 haredim âgés de 26 à 50 ans ont tenté de se porter volontaires dans le cadre de la filière dite « Shlav Bet », dans laquelle les personnes plus âgées suivent une formation de base de deux semaines avant d’être envoyées dans des fonctions non combattantes.

« L’armée israélienne, qui est avide de main-d’œuvre, a sérieusement examiné les chiffres et a constaté que seuls 1 300 d’entre eux étaient pertinents pour Shlav Bet », a-t-elle écrit sur X. « Les autres ont été jugés inaptes », beaucoup d’entre eux souffrant de problèmes physiques et psychologiques qui les ont empêchés de s’enrôler. »

En Israël, le débat public et juridique sur les exemptions générales des ultra-orthodoxes de l’appel sous les drapeaux s’est intensifié, la Haute Cour de justice examinant de nombreux recours demandant l’appel immédiat des jeunes hommes haredim.

Les hommes ultra-orthodoxes en âge de servir dans l’armée ont pu éviter d’être enrôlés dans les rangs de l’armée israélienne pendant des décennies en s’inscrivant dans des yeshivot pour y étudier la Torah et en obtenant des reports de service répétés d’un an jusqu’à ce qu’ils atteignent l’âge de l’exemption militaire. En 2017, la Haute Cour avait statué que les exemptions massives au service militaire sur une base collective étaient illégales et discriminatoires. Depuis lors, les gouvernements successifs ont tenté en vain de formuler une nouvelle législation pour régler la question, tout en demandant à la Cour des reports répétés.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à gauche) et le ministre du Logement Yitzhak Goldknopf (à droite) arrivant à la rencontre hebdomadaire du cabinet au bureau du Premier ministre, à Jérusalem, le 27 septembre 2023. (Crédit : Chaïm Goldberg/Flash90)

Cependant, les juges ont fait preuve de moins de patience, et la nécessité de combler le manque d’effectifs de Tsahal s’est fait encore davantage ressentir depuis le déclenchement de la guerre contre le groupe terroriste palestinien du Hamas à Gaza et la menace d’une guerre à la frontière libanaise contre le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah.

La Cour a statué en mars que l’État devait cesser de subventionner les yeshivot dont les étudiants haredim sont éligibles à l’appel sous les drapeaux, le cadre juridique permettant de le faire ayant expiré. En conséquence, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a dû faire face à un sérieux casse-tête politique en raison de la haute priorité que les partis politiques ultra-orthodoxes accordent à la fois au financement des yeshivot et aux exemptions militaires.

Les députés ont voté la semaine dernière par 63 voix contre 57 en faveur de la « relance » d’un projet de loi consacré au service militaire des étudiants en yeshiva qui datait de la précédente Knesset, redonnant un nouvel élan à cette législation controversée, mais cela ne devrait pas résoudre le problème.

S’il est finalement approuvé, le projet de loi abaisserait de 26 à 21 ans l’âge actuel d’exemption du service obligatoire pour les étudiants haredim en yeshiva et augmenterait « très lentement » le taux de conscription des ultra-orthodoxes. Le vote a permis de reprendre le processus législatif là où il s’était arrêté, sans avoir à repartir de zéro au cours de la session actuelle. La législation va maintenant être transmise à la commission des Affaires étrangères et de la Défense, où elle doit faire l’objet de trois lectures avant de faire loi.

Le mois dernier, Netanyahu a déclaré qu’il soutenait l’avancement du projet de loi, après avoir échoué à trouver un accord avec ses partenaires ultra-orthodoxes sur une législation visant à enrôler des membres de leur communauté. En s’efforçant de faire avancer le projet de loi, Netanyahu a semblé vouloir montrer à la Haute Cour qu’il travaillait sur la question de l’enrôlement, ce qui lui permettrait de gagner du temps tout en conservant l’appui de ses partenaires de la coalition haredi.

Cependant, les désaccords profonds entre les législateurs ultra-orthodoxes et les membres du Likud sur le projet de loi signifient qu’il est très peu probable qu’il passe le stade de la commission.

Par ailleurs, le gouvernement a soutenu dimanche un projet de loi visant à relever l’âge de la retraite des réservistes, alors que les politiques de recrutement de Tsahal sont largement critiquées et que de nombreux Israéliens estiment qu’elles imposent un fardeau inégal aux différents segments de la population.

La proposition, un « projet de loi sur le service de sécurité » soutenu par le ministère de la Défense, appelle à prolonger de plusieurs mois une mesure temporaire portant l’âge d’exemption pour le service militaire de réserve de 40 à 41 ans pour les soldats et de 45 à 46 ans pour les officiers, en raison d’une pénurie de main-d’œuvre constante.

Les spécialistes tels que les médecins et les membres du personnel navigant devront continuer à servir jusqu’à 50 ans, au lieu de 49 ans.

Le relèvement actuel de l’âge d’exemption, initialement adopté par la Knesset à la fin de l’année dernière, doit expirer à la fin du mois.

Après avoir annulé dimanche matin une discussion prévue au sein du cabinet sur cette mesure à la suite de vives critiques de la part de la population, le gouvernement a renvoyé la question à la commission des Lois de la Knesset. La commission a approuvé l’envoi du projet de loi à la Knesset, où il doit faire l’objet de trois lectures avant de faire loi.

S’il est finalement approuvé par la Knesset, le projet de loi marquera la deuxième extension de la mesure, qui a été conçue comme une solution palliative pour empêcher une sortie massive des réservistes atteignant l’âge d’exemption au cours des opérations de combat en cours dans la bande de Gaza.

Elle a été prolongée pour la première fois de quatre mois par un vote de la Knesset (44-33) à la fin du mois de février.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors d’un vote sur le recrutement militaire des ultra-orthodoxes aux premières heures du 11 juin 2024. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Bien que le ministère de la Défense ait demandé à ce que la mesure soit prolongée jusqu’à la fin de l’année, la commission n’a soutenu qu’une prolongation de trois mois, suite aux objections de la procureure générale Gali Baharav-Miara.

Dimanche, Baharav-Miara a déclaré au gouvernement que le projet de loi était juridiquement inacceptable à moins qu’un effort immédiat ne soit fait pour recruter des forces militaires supplémentaires « dans toute la population », une référence aux dizaines de milliers d’ultra-orthodoxes étudiant en yeshiva qui bénéficient d’exemptions générales du service militaire.

Le gouvernement a dû faire face à de vives réactions de la part de l’opinion publique pour avoir prolongé le service des réservistes tout en semblant ne pas prendre de mesures pour enrôler les ultra-orthodoxes.

Tout en prenant soin de ne pas commenter la législation en vigueur et de ne pas s’immiscer dans la politique, le chef d’état-major de Tsahal, le lieutenant-général Herzl Halevi, a également approuvé l’intégration des ultra-orthodoxes dans l’armée, dans des propos rendus publics dimanche.

S’adressant à des soldats lors d’une visite à Gaza au cours du week-end, Halevi a déclaré qu’il y avait « un besoin évident » de soldats haredim et que chaque « bataillon ultra-orthodoxe [que l’armée met en place] réduit la nécessité de déployer plusieurs milliers de réservistes ».

Au cours des huit derniers mois, les réservistes se sont plaints des problèmes économiques et familiaux engendrés par leurs longs séjours à répétition dans l’armée. Dans de nombreux cas, les conjoints se sont retrouvés seuls pour s’occuper des enfants – parfois avec des écoles et des jardins d’enfants fermés en raison de la guerre, selon la région – et ont été incapables de travailler pendant des mois.

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