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Hamas : Pas de négociations sans arrêt complet des combats ; Israël : aucune chance

Herzog indique à Larcher qu'Israël serait disposé à faire une trêve ; Haniyeh est envoyé au Caire ; le groupe terroriste soutient qu'il ne participera pas aux négociations d'otages

Le chef du Hamas Ismaïl Haniyeh, à gauche, accueillant le ministre iranien des Affaires étrangères Hossein Amirabdollahian à Doha, au Qatar, sur une photo publiée le 20 décembre 2023. (Crédit : Ministère des Affaires étrangères étrangères via AP)
Le chef du Hamas Ismaïl Haniyeh, à gauche, accueillant le ministre iranien des Affaires étrangères Hossein Amirabdollahian à Doha, au Qatar, sur une photo publiée le 20 décembre 2023. (Crédit : Ministère des Affaires étrangères étrangères via AP)

Israël a fermement rejeté jeudi la demande du groupe terroriste palestinien du Hamas d’arrêter définitivement les combats avant de libérer d’autres otages détenus par les terroristes à Gaza, alors que les négociations au Caire en vue d’un accord de trêve semblent avoir peu progressé.

Un responsable du Hamas a déclaré à l’AFP « qu’un cessez-le-feu total et un retrait de l’armée d’occupation israélienne de la bande de Gaza sont des conditions préalables à toute sérieuse négociation » sur un échange d’otages et de prisonniers palestiniens incarcérés pour atteinte à la sécurité en Israël.

Israël a rejeté à maintes reprises une telle proposition, et le Premier ministre Benjamin Netanyahu a réitéré jeudi sa position de longue date en des termes très clairs : « Nous nous battrons jusqu’à la victoire. Nous n’arrêterons pas la guerre tant que nous n’aurons pas atteint tous nos objectifs : achever la destruction du Hamas et libérer tous nos otages. »

Netanyahu a ajouté qu’il donnait au Hamas un « choix très simple : se rendre ou mourir. Ils n’ont pas et n’auront pas d’autre option ».

« Après avoir détruit le Hamas, je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour que Gaza ne constitue plus une menace pour Israël », a-t-il ajouté ce qui semble indiquer qu’il n’a pas l’intention de se retirer ou d’assumer publiquement la responsabilité des échecs qui ont permis au Hamas de perpétrer les massacres du 7 octobre.

Un haut responsable israélien a déclaré à la presse jeudi qu’il n’y avait actuellement aucune négociation en vue d’un nouvel accord de libération d’otages avec le Hamas, mais il a indiqué que des responsables israéliens avaient rencontré à deux reprises cette semaine des responsables qataris pour discuter d’un nouveau cadre en vue d’un éventuel accord.

Ghazi Hamad, membre du bureau politique du Hamas, lors d’une interview accordée à l’Associated Press, à Beyrouth, au Liban, le 26 octobre 2023. (Crédit : Bilal Hussein/AP)

« Nous avons dit clairement à tout le monde en Israël et en dehors d’Israël qu’il était temps de reprendre l’élaboration d’un nouveau dispositif de [libération] d’otages », a déclaré le responsable lors d’un point de presse officieux.

Il a rappelé qu’un précédent accord sur les otages – dans lequel 105 otages ont pu être libérés au cours d’un cessez-le-feu d’une semaine en échange de la libération de 240 prisonniers palestiniens incarcérés pour atteinte à la sécurité nationale – avait bien fonctionné, et qu’Israël était désormais prêt à discuter de nouvelles modalités de libération d’otages afin de restituer les 129 otages restants à Israël.

Un haut responsable du Hamas a indiqué plus tard jeudi à Al Jazeera que le groupe terroriste palestinien n’est pas intéressé par la libération d’otages en échange de pauses dans les combats, même de plusieurs semaines, car, par la suite, Israël poursuivra la guerre.

« Certaines personnes souhaitent une petite pause – une pause ici et là pendant une semaine, deux semaines, trois semaines », a déclaré Ghazi Hamad, membre du bureau politique du Hamas au Liban. « Mais nous voulons arrêter l’agression [complètement]. »

« Parce que je pense qu’Israël jouera la carte des otages et qu’après cela, ils commenceront une nouvelle série de massacres et de tueries contre notre peuple. Je ne pense pas que nous entrerons dans ce jeu », a ajouté Hamad, qui avait précédemment déclaré que le Hamas mènerait des attaques similaires à celles du 7 octobre de manière répétée, jusqu’à ce qu’Israël soit détruit.

L’affirmation du Hamas selon laquelle il ne négocierait même pas intervient alors que le groupe terroriste a envoyé son chef au Caire pour les négociations en cours sur les otages. Dans le même temps, les responsables israéliens des négociations ont rencontré cette semaine des sources qataries en Europe, Israël semblant chercher à obtenir une nouvelle série de libérations.

Le chef du bureau politique du Hamas, Ismaïl Haniyeh, basé au Qatar, s’est rendu en Égypte mercredi pour s’entretenir avec le chef des services de renseignement du pays, Abbas Kamel.

Le chef de l’agence de renseignement du Mossad David Barnea a tenu une « réunion constructive » à Varsovie avec le chef de la CIA Bill Burns et le Premier ministre qatari, l’émir Mohammed bin Abdulrahman al-Thani, en début de semaine, a indiqué à l’AFP une source au fait des discussions.

Le chef du Mossad, David Barnea, à gauche, et le conseiller américain à la sécurité nationale, Jake Sullivan, au siège du Mossad, à Tel Aviv, le 14 décembre 2023. (Autorisation)

Lors d’une rencontre avec le président du Sénat français à Jérusalem jeudi, le président Isaac Herzog a déclaré qu’Israël « a clairement fait savoir qu’il était disposé à faire une pause et à poursuivre l’aide humanitaire à Gaza afin de permettre le retour des otages (…) ».

« Nous pouvons permettre l’entrée de 300 ou même 400 camions par jour », a-t-il ajouté, reprochant à l’ONU de limiter la distribution de cette aide dans la bande de Gaza.

Mardi, Herzog a affirmé lors d’une réunion de diplomates étrangers « qu’Israël est prêt à une nouvelle pause et à une aide humanitaire supplémentaire afin de permettre la libération des otages. La responsabilité en incombe entièrement à [Yahya] Sinwar, chef du Hamas à Gaza, et à la direction du Hamas ».

Le Wall Street Journal a rapporté mercredi que le Hamas avait rejeté une proposition israélienne de trêve d’une semaine à Gaza en échange de la libération d’une quarantaine d’otages, notamment toutes les femmes et tous les enfants que le groupe terroriste palestinien détient encore.

Le président Isaac Herzog, à droite, rencontrant le président du Sénat français Gérard Larcher, à Jérusalem, le 21 décembre 2023. (Crédit : GPO)

Citant des responsables égyptiens, le Wall Street Journal a rapporté que, selon la proposition rejetée, le Hamas aurait également libéré des otages hommes âgés et malades. En échange, Israël aurait interrompu ses opérations aériennes et terrestres à Gaza pendant une semaine et autorisé une augmentation de l’aide humanitaire dans le territoire côtier.

Toutefois, le Hamas et le Jihad islamique palestinien – un autre groupe terroriste soutenu par l’Iran qui devrait prendre part aux négociations pour la première fois – auraient déclaré aux médiateurs égyptiens qu’Israël devait mettre fin à son incursion dans la bande de Gaza avant qu’ils ne discutent d’un éventuel accord.

Le dernier accord de trêve temporaire, négocié par le Qatar et l’Égypte, prévoyait une accalmie de sept jours dans les combats en échange de la libération par le Hamas de 105 otages – 81 Israéliens, 23 ressortissants thaïlandais et un Philippin – tandis qu’Israël relâchait 240 prisonniers palestiniens incarcérés pour atteinte à la sécurité et autorisait l’entrée dans la bande de Gaza d’un volume d’aide plus important. Avant cela, quatre otages avaient été libérées avant cela, et une soldate avait été secourue par l’armée israélienne.

Il resterait 129 otages à Gaza, dont les corps de 21 otages tués en captivité. Tsahal a récupéré les corps de 11 otages jusqu’à présent, dont trois tués par les soldats après avoir été accidentellement identifiés comme une menace.

Des photos d’otages israéliens détenus dans la bande de Gaza placées sur une maison du kibboutz Beeri, le 20 décembre 2023. (Crédit : Ohad Zwigenberg/AP)

Outre les 129 otages enlevés le 7 octobre, le Hamas détient depuis 2014 les dépouilles des soldats de Tsahal tombés au combat, Oron Shaul et Hadar Goldin, ainsi que deux civils israéliens, Avera Mengistu et Hisham al-Sayed, qui seraient tous deux en vie.

Le porte-parole du Conseil de sécurité nationale (NSC) de la Maison Blanche, John Kirby, a déclaré mercredi que les pourparlers étaient « des discussions et des négociations très sérieuses ». « Et nous espérons qu’elles mènent quelque part. » Il a tenu ces propos devant des journalistes à bord de l’Air Force One, alors qu’il voyageait avec le président américain Joe Biden.

Le Hamas et d’autres groupes terroristes palestiniens ont emmené de force plus de 240 otages dans la bande de Gaza le 7 octobre lors de leur carnage dans le sud d’Israël, au cours duquel 1 200 personnes, pour la plupart des civils, ont été tuées.

En réponse à cette attaque, la plus meurtrière de l’histoire du pays et la pire contre des Juifs depuis la Shoah, Israël s’est donné pour mission d’anéantir le Hamas de Gaza et de mettre fin à son règne de 16 ans, et a lancé une opération aérienne suivie d’une incursion terrestre.

Plus de 20 000 personnes seraient mortes à Gaza depuis le début de la guerre, selon le ministère de la Santé du Hamas. Les chiffres publiés par le groupe terroriste sont invérifiables, et ils incluraient ses propres terroristes et hommes armés, tués en Israël et à Gaza, et les civils tués par les centaines de roquettes tirées par les groupes terroristes qui retombent à l’intérieur de la bande de Gaza. Selon les estimations de l’armée israélienne, 5 000 membres du Hamas auraient été tués dans la bande de Gaza, auxquels s’ajoutent plus de 1 000 terroristes tués en Israël lors de l’assaut du 7 octobre.

Emanuel Fabian a contribué à cet article

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