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Impasse et désespoir pour les Occidentaux détenus en Iran

Téhéran est accusé de détenir des dizaines d'étrangers sous des prétextes fallacieux dans une stratégie de prise d'otages pour arracher des concessions à l'Occident

Photo d'illustration : Un Iranien détenu dans une prison. (Crédit : AP Photo/Amr Nabil, File)
Photo d'illustration : Un Iranien détenu dans une prison. (Crédit : AP Photo/Amr Nabil, File)

Le sentiment de se heurter à un mur. La répression sanglante en Iran du mouvement de protestation et les négociations sur le nucléaire au point mort laissent les familles des Occidentaux détenus par ce pays dans un immense désarroi.

Défenseurs des droits humains et pays européens accusent Téhéran de détenir des dizaines d’étrangers sous des prétextes fallacieux dans une stratégie de prise d’otages pour arracher des concessions à l’Occident.

Face à un régime qui multiplie les emprisonnements et condamnations à mort, la marge de manoeuvre pour libérer les Occidentaux s’est fortement réduite.

« On sait qu’il y a des enjeux derrière ces détentions. On est juste dépassés », témoigne Blandine Brière dont le frère, Benjamin Brière, a été arrêté en mai 2020 avant d’être condamné à huit ans de prison pour espionnage.

Une femme tient une photo de Benjamin Brière lors d’un rassemblement à Paris, en France, le samedi 8 janvier 2022. Le touriste français emprisonné en Iran depuis l’année dernière a entamé une grève de la faim pour protester contre les mauvais traitements en prison, selon sa sœur et son avocat. Brière, 36 ans, a été arrêté en mai 2020 après avoir pris des photos dans une zone désertique où la photographie est interdite. (Crédit : AP Photo/Adrienne Surprenant)

Elle se dit terrifiée à l’idée que les tensions diplomatiques croissantes entre la France et l’Iran qui détient sept Français compromettent encore davantage la libération de son frère.

« Les relations entre l’Iran et l’Allemagne se détériorent » aussi, constate Mariam Claren qui s’efforce de faire libérer sa mère, Nahid Taghavi. Agée de 68 ans, la Germano-iranienne a été arrêtée en octobre 2020 et condamnée en 2021 à 10 ans de prison.

Mariam Claren déplore que « rien ne bouge » pour sa mère comme pour les prisonniers ayant une double nationalité.

Dans le passé, plusieurs détenteurs de passeports étrangers avaient fini par obtenir leur libération après des tractations secrètes et controversée, qui ont souvent vu en échange des Iraniens libérés dans le monde ou des avoirs dégelés.

En janvier 2016, cinq Américains avaient ainsi été libérés en marge de la signature l’année précédente de l’accord sur le nucléaire iranien, dénoncé depuis sur décision de l’ex-président Donald Trump.

Dans une vidéo en décembre, le président américain Joe Biden a jugé que l’accord était « mort », laissant peu d’espoir aux détenus de faire l’objet de tractations dans le cadre d’une relance des discussions.

Mais pour Jason Brodsky, directeur politique de l’organisation américaine United Against Nuclear Iran, les efforts pour les libérer pourraient se poursuivre même si la diplomatie sur le nucléaire est au point mort.

Car, observe-t-il, les liens entre les capitales européennes et Téhéran n’ont pas été rompus.

« A bout de souffle » 

« La difficulté tient au fait que les Iraniens monnaient probablement bien plus la libération des ressortissants ayant la double nationalité par rapport à ceux qui n’ont pas la nationalité iranienne », dit-il, évoquant la possibilité que Téhéran exige la libération d’individus condamnés pour terrorisme ou crimes.

Dans l’attente, les détenus semblent perdre l’espoir.

Un citoyen américain emprisonné en Iran depuis octobre 2015 a entamé lundi une grève de la faim, implorant le président américain de le faire libérer.

Bernard Phelan. ‘(Capture d’écran : Hostage Aid Worldwide/Twitter)

Bernard Phelan, un Franco-Irlandais de 64 ans détenu depuis octobre, a le même jour cessé de boire alors qu’il ne s’alimentait déjà plus depuis le 1er janvier.

Son état de santé est désormais jugé critique. « Il fait ça parce qu’il n’en peut plus », a confié mercredi à l’AFP sa sœur Caroline Massé-Phelan. « C’est les seules armes » dont il dispose, a-t-elle souligné.

« Mon frère est à bout de souffle », témoigne également Blandine Brière. « Il ne se cache plus derrière un ‘je vais bien’ car les conditions de détention sont inhumaines, insalubres », dit-elle, évoquant les exécutions des co-détenus de Benjamin ou « les intimidations d’autres détenus sous ses yeux ». « On a peur pour sa santé ».

Des comités soutenant les Français Fariba Adelkhah, Benjamin Brière et Cécile Kohler ont appelé à un rassemblement à Paris le 28 janvier.

Un collectif de 35 organisations humanitaires œuvre de son côté pour faire libérer un travailleur humanitaire belge, Olivier Vandecasteele, détenu à Téhéran depuis le 24 février 2022 et condamné à 12 ans et demi de prison pour espionnage.

Les organisations dénoncent une détention arbitraire pour des motifs fallacieux alors qu’un bras de fer oppose Bruxelles et Téhéran sur le cas d’un diplomate iranien, Assadollah Assadi. Ce dernier a été condamné en Belgique en 2021 à 20 ans de prison pour un projet d’attentat « terroriste » en France contre un groupe d’opposants iraniens.

Un possible échange entre les deux prisonniers est suspendu à une décision de la Cour constitutionnelle belge.

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