Irresponsabilité pénale : R. Halimi absente à la remise du prix dédié à son fils
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Irresponsabilité pénale : R. Halimi absente à la remise du prix dédié à son fils

Le Premier ministre français a remis mercredi à Matignon le deuxième prix national Ilan Halimi, jeune juif âgé de 23 ans, torturé du 20 janvier au 13 février 2006

Ruth Halimi, mère d'Ilan, torturé et assassiné en France en février 2006, à la première remise du Prix Ilan Halimi à Matignon, en février 2019. (Crédit : AFPTV)
Ruth Halimi, mère d'Ilan, torturé et assassiné en France en février 2006, à la première remise du Prix Ilan Halimi à Matignon, en février 2019. (Crédit : AFPTV)

Edouard Philippe a mis en garde contre l’important développement des « préjugés » antisémites qui conduisent à « des actes qui ne tombent pas du ciel », en remettant mercredi à Matignon le deuxième prix Ilan Halimi.

« Notre tâche et celle de ceux qui portent la cause a pour objectif qu’on ne passe pas de ces préjugés, de ces idées, à des actes qui ne tomberaient pas du ciel », a souligné le Premier ministre.

Rappelant s’être rendu fin janvier à Auschwitz-Birkenau pour le 75e anniversaire de la libération des camps, M. Philippe a paraphrasé l’un des survivants juifs polonais qui, à la tribune des commémorations, avait dit : « Auschwitz n’est pas tombé du ciel soudainement. »

« Auschwitz n’est pas tombé du ciel : il est arrivé après que, petit à petit, un discours, des paroles, une idéologie et une haine se furent développés dans un pays pourtant incroyablement civilisé et cultivé (l’Allemagne, ndlr) », a fait valoir M. Philippe.

« De même la mort d’Ilan Halimi n’est pas tombée du ciel, elle est l’expression de préjugés, d’idées, qui petit à petit se construisent et se développent », a-t-il averti, 14 ans après la mort de ce jeune juif âgé de 23 ans, torturé du 20 janvier 2006 au 13 février par « le gang des Barbares ».

L’équipe de l’association Vatos Locos de Vitrolles (Bouches-du-Rhône), lauréate du prix Ilan Halimi 2020. (Crédit : Emilie Frèche / Twitter)

Parmi les quatre lauréats de cette distinction créée en 2014 dans l’Essonne et devenue nationale l’an passé, le Premier ministre a remis le Grand prix à l’association « audiovisuelle et cinématographique » Vatos Locos de Vitrolles (Bouches-du-Rhône), qui a réalisé plusieurs vidéos promouvant la lutte contre les discriminations. L’an dernier, le prix avait été remis à des élèves du collège du Clos de Pouilly à Dijon. Il vise à récompenser un travail collectif mobilisant au moins 5 jeunes de moins de 25 ans qui ont mené une action visant à lutter contre les préjugés et les stéréotypes racistes et antisémites.

Ilan Halimi, enlevé et assassiné en 2006. (Crédit : autorisation de Stephanie Yin/JTA)

Contrairement à la première édition, la mère d’Ilan Halimi était absente de la cérémonie à Matignon.

La romancière et scénariste Emilie Frèche, présidente du jury, a évoqué « le grand découragement » né après la décision de justice déclarant pénalement irresponsable le suspect du meurtre de Sarah Halimi, une sexagénaire juive violemment tuée en avril 2017. C’est « une des raisons pour laquelle Ruth, la maman d’Ilan, n’est pas parmi nous aujourd’hui », a-t-elle affirmé devant M. Philippe.

Sur Twitter, elle s’est néanmoins également dit émue « de voir et d’entendre le nom d’Ilan Halimi hier à Matignon, dans la bouche de nos jeunes lauréats » et « fière et heureuse de présider ce beau prix tourné vers l’avenir ».

En janvier, Emmanuel Macron s’était exprimé sur ce dossier, estimant que « le besoin de procès » était « là » et revenant en détail sur cette affaire en cours. Des propos qui avaient provoqué une rare mise au point des plus hauts magistrats, rappelant « l’indépendance de la justice ».

Le nombre de faits racistes et xénophobes, pour une large partie des menaces, a très fortement augmenté en 2019 (plus de 130 %). Et les faits à caractère antisémite, déjà en forte croissance en 2018 (+ 74 %), ont encore grimpé en 2019 (+ 27 %).

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