Israël, 1er pays au classement des pays les plus défavorables à l’ONU
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Israël, 1er pays au classement des pays les plus défavorables à l’ONU

65 % des Israéliens sondés pour une étude de Pew ont exprimé un avis défavorable à l'ONU, l'Etat juif devance de 22 points la Russie - deuxième pays le plus critique de l'ONU

Le secrétaire-général de l'ONU Antonio Guterres s'exprime à l'Assemblée générale de l'instance à New York, le 23 septembre 2019 (Crédit : Ludovic MARIN / AFP)
Le secrétaire-général de l'ONU Antonio Guterres s'exprime à l'Assemblée générale de l'instance à New York, le 23 septembre 2019 (Crédit : Ludovic MARIN / AFP)

Ce sont les Israéliens qui expriment le point de vue le plus négatif sur les Nations unies – avec une forte avance – parmi l’ensemble des pays sondés pour les besoins d’une nouvelle étude.

L’enquête menée par le centre de recherche Pew et publiée lundi, alors que l’Assemblée générale de l’instance mondiale se réunit à New York, révèle que 65 % des Israéliens ont une vision négative des Nations unies – un chiffre considérablement supérieur aux 32 autres nations étudiées. Seuls 31 % des ressortissants de l’Etat juif ont une opinion favorable de l’ONU.

La partie israélienne de l’enquête a été menée à partir des réponses apportées par 974 adultes avec une marge d’erreur établie à 4,2 %.

C’est la Russie qui arrive derrière Israël concernant les points de vue les plus défavorables aux Nations unies, avec 43 % des Russes qui en ont une opinion négative et 34 % une opinion positive.

Ensuite vient la Tunisie (40 % d’avis négatifs et 33 % d’avis positifs), puis la Grèce (36 % d’opinions négatives) même si, dans ce cas précis, ce sont les avis positifs qui l’emportent avec 48 %.

Ce point de vue israélien a été un cas particulier dans le rapport de Pew établi en 2019.

Selon l’enquête menée entre les mois de mai et août, qui a compris 34 904 personnes interrogées au total et réparties dans 32 pays, une moyenne de 62 % des sondés ont une vision positive de l’ONU et une moyenne de 25 % une opinion négative.

Les taux de soutien les plus élevés ont été enregistrés aux Philippines (86 % d’opinions positives), la Corée du sud (82 %), la Suède (80 %) et la Pologne (78 %).

Aux Etats-Unis, 59 % des personnes interrogées ont un point de vue favorable sur l’organisation et 33 % en ont une opinion défavorable. Pew note que les Démocrates (77 %) voient beaucoup plus positivement l’instance que les Républicains
(36 %).

La division partisane entre les deux partis s’est accrue de manière constante au cours des dernières décennies et les opinions positives de l’ONU parmi les Républicains sont le plus faible pourcentage enregistré depuis que Pew a commencé à réaliser des enquêtes en 1990 (les Républicains étaient alors 68 % à avoir une opinion positive des Nations unies).

Cela fait longtemps que les autorités israéliennes déplorent une partialité anti-israélienne systématique au sein des institutions de l’ONU et ce point de vue semble avoir été adopté par le public en général.

Une cause particulière de la colère d’Israël est le dénommé « Article 7 » figurant à l’ordre du jour du Conseil des droits de l’Homme de l’institution, une composante permanente sur le calendrier du conseil exclusivement consacrée aux résolutions condamnant le traitement des Palestiniens par l’Etat juif.

Israël est le seul pays à avoir un article qui lui est consacré à l’ordre du jour.

Sur cette photo du 13 juin 2018, l’ambassadeur d’Israël auprès des Nations Unies, Danny Danon, s’adresse à l’Assemblée générale avant un vote qui condamne les actions israéliennes à Jérusalem-Est et en Cisjordanie, au siège des Nations Unies à New York. (Don Emmert/AFP)

Les Etats-Unis ont quitté le conseil l’année dernière, citant sa partialité chronique à l’égard de l’Etat juif.

Et cette année, les Etats-Unis et Israël ont quitté l’organisation pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), Jérusalem l’accusant d’être « corrompue et manipulée par les ennemis d’Israël, singularisant de manière continue le seul Etat juif dans ses condamnations ».

Les Israéliens ont également une piètre opinion de l’Agence de l’ONU qui vient en aide aux réfugiés palestiniens, l’UNRWA. L’Etat juif et les Etats-Unis accusent depuis longtemps cette dernière de perpétuer le conflit israélo-palestinien en transmettant le statut de réfugié aux millions de descendants de Palestiniens qui avaient fui ou avaient été expulsés de leurs habitations dans ce qui est devenu aujourd’hui Israël au moment de la fondation de l’Etat juif, en 1948, plutôt que de ne limiter ce statut qu’aux réfugiés initiaux – comme c’est la norme dans l’ensemble des populations de réfugiés dans le monde entier.

Les Palestiniens reçoivent de l’aide alimentaire dans un entrepôt de l’UNRWA, dans le camp de réfugiés de Shati, à Gaza City, le 14 janvier 2018. (Crédit : AP Photo/Khalil Hamra)

De plus, la menace de poursuites pour crimes de guerre devant la cour pénale internationale (CPI) de La Haye (qui est indépendante de l’ONU mais qui entretient des liens opérationnels proches avec l’organisation) plane depuis longtemps sur Israël et ses leaders pour des atrocités variées présumées commises pendant les nombreuses années du conflit avec les Palestiniens.

Au début du mois, la nouvelle ambassadrice américaine à l’ONU, Kelly Craft, a juré de continuer à tenter de changer les choses au sein de l’instance mondiale et de combattre « la partialité et l’hostilité incessants dans les salles des Nations unies ».

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