Israël aurait annulé un accord de coopération avec la police philippine
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Israël aurait annulé un accord de coopération avec la police philippine

Le ministère des Affaires étrangères a déclaré que l'accord, qui devait renforcer les liens entre les polices, n'était pas prêt mais qu'il pouvait encore être signé

Le président philippin Rodrigo Duterte à Jérusalem, le 3 septembre 2018. (Crédit : Marc Israel Sellem)
Le président philippin Rodrigo Duterte à Jérusalem, le 3 septembre 2018. (Crédit : Marc Israel Sellem)

Israël aurait fait machine arrière au sujet d’un accord de coopération avec la police des Philippines mercredi, après que la ministre de la Justice a émis une objection à la visite du président Rodrigo Duterte et sa répression meurtrière des consommateurs de drogue.

Duterte a bouclé une visite de trois jours en Israël mercredi, destinées à renforcer les liens avec l’Etat hébreu et à signer des promesses de vente d’armes.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu devait signer un accord de coopération avec Duterte sur les départements de police des deux pays, selon la chaîne israélienne Hadashot.

Mais la signature a été annulée après que la ministre de la Justice a montré sa réticence à s’associer avec Manille en raison de sa politique violente de répression contre la drogue, qui a été vivement condamnée par les groupes de défense des droits de l’Homme, a indiqué le reportage télévisé.

Le gouvernement de Duterte a reconnu avoir tué 5 000 personnes et arrêté 50 000 personnes impliquées dans le trafic de stupéfiants : les groupes de défense des droits de l’Homme estiment que ces chiffres sont en réalité plus élevés et que la plupart de ces morts étaient des citoyens pauvres.

L’agence de presse Reuters a publié une série de révélations qui montrent que la police de Duterte a sommairement exécuté des centaines de narco-trafiquants présumés et de narcomanes – d’une simple balle dans la tête et dans le cœur, à bout portant.

Selon Hadashot, le ministère a commencé par supprimer des clauses de l’accord de coopération, jusqu’à ce qu’il « devienne évident » qu’il n’y avait « plus rien à signer ».

Le ministère des Affaires étrangères avait confirmé qu’un accord avait été discuté et a indiqué qu’il pourrait toujours être signé ultérieurement.

Le porte-parole Emmanuel Nahshon a déclaré que « l’accord n’était pas prêt à être signé » et qu’il nécessite davantage de coordination avec les autorités philippines dans le futur.

Israël a déjà vendu des fusils d’assaut à la police nationale de la République des Philippines dans le passé, et la visite de Duterte devait donner lieu à la signature de nouveaux contrats. Le ministère de la Défense a déclaré ne pas s’exprimer sur les ventes d’armes.

Duterte a déjà dit par le passé qu’il considère Israël comme son choix de fourniture d’armes après que les Etats-Unis et d’autres pays ont refusé de lui vendre des armes en raison des violations des droits de l’Homme.

Mardi, Duterte a déclaré au président Reuven Rivlin qu’il avait l’intention de n’acheter que des armes israéliennes, parce que le pays n’impose aucune restriction.

Rivlin, qui a subi des pressions pour ne pas rencontrer le dirigeant philippin, a saisi l’occasion pour donner une leçon à Duterte, qui par le passé, s’était favorablement comparé à Hitler dans le contexte de sa guerre contre la drogue.

« Hitler était le diable en personne », a clamé Rivlin.

Les groupes de défense des droits de l’Homme en Israël avaient sommé Rivlin de ne pas recevoir Duterte, qu’ils ont qualifié de « meurtrier de masse ».

Des israéliens manifestent contre la venur du président philippin Rodrigo Duterte devant la résident présidentielle de Jérusalem, le 4 septembre 2018, (Crédit : Gali Tibbon//AFP)

Lundi, Duterte s’est rendu au d à Jérusalem, où il a déclaré : « J’espère que cela ne se reproduira pas. J’espère que le monde a appris la leçon. Mon pays s’assurera que cela ne se reproduise pas, autant que nous le pouvons. »

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