Israël rend le corps d’un terroriste palestinien
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Israël rend le corps d’un terroriste palestinien

Les funérailles de Muhammad Jamal al-Kalouti de Jérusalem Est, ont été tardives et restreintes, comme l’avait réclamé la police

La police sur la scène d'une attaque terroriste près de la Vieille Ville de Jérusalem, le 9 mars 2016. (Crédit : police israélienne)
La police sur la scène d'une attaque terroriste près de la Vieille Ville de Jérusalem, le 9 mars 2016. (Crédit : police israélienne)

Israël a rendu mercredi le corps d’un terroriste palestinien de Jérusalem Est qui avait été tué pendant qu’il menait une attaque à main armée dans la capitale, alors que la pratique de ne pas rendre les dépouilles des attaquants assassinés est de plus en plus examinée par les cours.

En accord avec les conditions imposées par la police, Muhammad Jamal al-Kalouti, 21 ans, a été enterré pendant une cérémonie privée, au cimetière Bal al-Zahra de Jérusalem Est, peu après minuit.

Kalouti, originaire de Kafr Aqab, à Jérusalem Est, avait tiré contre le tramway de Jérusalem le 9 mars dernier, près de la Nouvelle Porte de la Vieille Ville, et avait grièvement blessé un Israélien.

Les responsables israéliens affirment que les funérailles des attaquants décédés, qui ont été tués pendant qu’ils poignardaient, tiraient ou écrasaient avec leur voiture des Israéliens ces dix derniers mois, se transforment souvent en rassemblement de masse en soutien au terrorisme palestinien, et la police retient leurs corps jusqu’à ce que les familles acceptent d’organiser des funérailles discrètes, sans appel à d’autres attaques.

Trente personnes étaient présentes aux funérailles tardives de Kalouti, qui se sont déroulées en présence d’une forte sécurité israélienne.

Funérailles de Ahmad Qali, 22 ans, tué pendant des affrontements contre les forces sécuritaires israéliennes, dans le camp de réfugiés de Shuafat, à Jérusalem Est, le 10 octobre 2015. (Crédit : AFP/Ahmad Gharabli)
Funérailles de Ahmad Qali, 22 ans, tué pendant des affrontements contre les forces sécuritaires israéliennes, dans le camp de réfugiés de Shuafat, à Jérusalem Est, le 10 octobre 2015. (Crédit : AFP/Ahmad Gharabli)

Mercredi, l’agence de l’Autorité palestinienne chargée des affaires des prisonniers avait annoncé que le corps de Kalouti serait le premier de sept attaquants palestiniens de Jérusalem Est tués à être restitué à sa famille.

La décision avait été annoncée moins d’un mois après que la Cour suprême israélienne a demandé à la police israélienne d’expliquer pourquoi elle gardait les corps de plusieurs Palestiniens de Jérusalem Est tués pendant qu’ils menaient des attaques, et n’avait pas rendu leurs dépouilles à leurs familles.

Le jugement du 25 juillet venait répondre à une pétition portée par plusieurs familles de Jérusalem Est qui affirmaient que les autorités israéliennes avaient refusé de leur rendre les corps de leurs proches alors qu’ils avaient accepté les conditions de funérailles discrètes demandées par la police.

Plus tôt en août, Israël avait accepté de rendre le corps de Bahaa Allyan, qui avait été tué pendant qu’il menait une attaque mortelle dans un bus de Jérusalem, dans laquelle trois Israéliens avaient été assassinés.

Le terroriste de Jérusalem, Bahaa Allyan (Crédit : Facebook/Bahaa Allyan)
Le terroriste de Jérusalem, Bahaa Allyan (Crédit : Facebook/Bahaa Allyan)

La police israélienne avait convoqué Muhammad Allyan pour une réunion, et proposé de rendre le corps de son fils Bahaa si la famille acceptait de l’enterrer pendant une cérémonie privée et tardive, avec seulement 15 personnes, avait annoncé l’agence de presse palestinienne Maan.

Selon Muhammad Mahmoud, avocat d’Allyan, la famille de Jérusalem Est a refusé de signer l’accord, en raison du faible nombre de personnes autorisées à assister aux funérailles.

La pratique israélienne de rétention des corps des attaquants palestiniens décédés a été mise en place de manière incohérente, particulièrement parce que les corps des terroristes qui ont attaqué des Israéliens en Cisjordanie sont du ressort du ministère de la Défense, alors que ceux qui attaquent en Israël sont dans la juridiction du ministère de la Sécurité intérieure.

Le sujet est devenu un point sensible pour les Palestiniens. Des affiches des morts sont placardées sur les murs de Jérusalem Est et des villes de Cisjordanie, et les habitants organisent régulièrement des manifestations pour demander la restitution des corps.

Le procureur général Avichai Mandelblit pendant une réunion de la commission de la Constitution, du Droit et de la Justice à la Knesset, le 18 juillet 2016. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Le procureur général Avichai Mandelblit pendant une réunion de la commission de la Constitution, du Droit et de la Justice à la Knesset, le 18 juillet 2016. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Mercredi, le procureur général Avichai Mandelblit a déclaré qu’il n’y avait aucune justification à cette pratique, et que les directeurs de différentes agences de sécurité avaient déterminé qu’il n’existait pas de « conditions sécuritaires » qui « justifient la prévention totale de la restitution des corps ».

Depuis octobre, 35 Israéliens et quatre ressortissants étrangers ont été assassinés pendant la vague de terrorisme palestinien et de violence. Plus de 214 Palestiniens ont également été tués – les deux tiers pendant qu’ils attaquaient des Israéliens, et les autres pendant des affrontements avec les troupes, selon l’armée israélienne.

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