Israël se fige pour sa journée de commémoration de la Shoah
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Israël se fige pour sa journée de commémoration de la Shoah

Quelque 189 000 rescapés vivent aujourd'hui dans l'Etat juif, dont 45 000 sous le seuil de pauvreté

Les minutes de silence pour Yom HaShoah - 16 avril 2015 (Crédit : Flash 90)
Les minutes de silence pour Yom HaShoah - 16 avril 2015 (Crédit : Flash 90)

La vie s’est figée dans tout Israël pendant deux minutes jeudi à 10H00 (07H00 GMT) au son des sirènes, pour marquer la journée de la Shoah en mémoire des six millions de victimes juives du nazisme.

Les automobilistes, les transports en commun, les piétons se sont arrêtés pour se recueillir, y compris sur les grands axes routiers. Les élèves et étudiants ont marqué les deux minutes de silence dans les institutions éducatives du pays.

Toutes les chaînes de radio et de télévision israéliennes qui diffusaient depuis mercredi soir des témoignages, des documentaires et des films sur le génocide ont également suspendu leurs programmes.

Les conditions de vie des survivants ont tenu une large place dans les commémorations cette année.

Le président israélien Reuven Rivlin a déclaré mercredi soir lors d’une cérémonie officielle d’ouverture au mémorial de la Shoah Yad Vashem que l’Etat « ne prenait pas toutes les mesures à sa disposition pour s’occuper des survivants de la Shoah ».

Quelque 189 000 rescapés vivent aujourd’hui dans l’Etat hébreu, dont 45 000 sous le seuil de pauvreté, selon la fondation pour le bien-être des survivants de la Shoah en Israël.

Le pays a voté en 2007 une loi élargissant les aides aux rescapés mais elles ne suffisent pas à assurer à ces personnes un niveau de vie suffisant, selon les associations d’aides aux survivants.

En ouvrant les cérémonies de commémoration, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a par ailleurs fustigé « la propagande contre Israël » en Occident qu’il a qualifié de « poison ».

« Ce qui a mené à la Shoah c’est l’incitation à la haine qui continue de nos jours contre Israël », a déclaré M. Netanyahu.

« L’antisémitisme n’a pas disparu avec la mort d’Hitler dans son bunker (…), la propagande dans le monde occidental contre Israël n’est pas moins un poison que celle de l’islam extrémiste et du monde arabe », a-t-il ajouté.

L’événement central devait avoir lieu immédiatement après le retentissement de la sirène au mémorial de Yad Vashem à Jérusalem, où les dignitaires déposent des couronnes à côté d’un monument commémorant la révolte du ghetto de Varsovie de 1943.

Parmi les participants sont le président Reuven Rivlin, le Premier ministre Benjamin Netanyahu, le chef des Armées Gadi Eisenkot, et la présidente de la Cour suprême Miriam Naor.

Le thème de la commémoration de cette année est la lutte pour maintenir l’esprit humain pendant l’Holocauste, a déclaré Yad Vashem avant le jour du Souvenir.

A 11 heures, la Knesset devait marquer la journée avec une cérémonie intitulée « Chaque personne à un nom », durant laquelle les députés récitent les noms des victimes des nazis.

Le nom de la cérémonie a pour origine un poème célèbre de la poétesse israélienne Zelda Schneerson Mishkovsky (communément appelée par son prénom uniquement). La version musicale, qui est souvent jouée lors des cérémonies commémoratives, répète « Chaque personne a un nom donné par … » et l’origine de ce nom, venant de « leur mère et père », « leurs péchés », « leurs amours », « leur mort ».

La Journée du Souvenir de l’Holocauste est marquée avec solennité en Israël, les restaurants, les magasins et les centres de divertissement étant tous fermés et des films et documentaires sur le thème de l’Holocauste étant diffusés à la télévision et la radio.

La plupart des écoles et des maternelles organisent des cérémonies officielles où les élèves honorent les victimes et entendent des témoignages de survivants.

Les événements de la journée seront officiellement clôturés par les cérémonies ce soir au Kibbutz Lohamei Hagetaot (Combattants du Ghetto) et au Kibbutz Yad Mordechai, nommé d’après le chef de l’insurrection du Ghetto de Varsovie, Mordechai Anielewicz.

Dans l’après-midi environ 10 000 de personnes sont attendues afin de prendre part à la Marche des vivants, partant chaque année du camp d’extermination d’Auschwitz-Birkenau en Pologne et avançant le long des trois kilomètres de voies ferrées entre les sites des camps d’Auschwitz et de Birkenau.

La ministre de la Justice Ayelet Shaked dirigera la Marche avec une délégation de cinq députés, entourés de mesures de sécurité sans précédent en raison des récentes attaques de l’État islamiques en Europe.

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