Israéliens et Américains oublient l’accord iranien pour travailler sur l’énergie
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Israéliens et Américains oublient l’accord iranien pour travailler sur l’énergie

Jusqu’à récemment, les ministres Steinitz et Moniz étaient à couteaux tirés, mais les rencontres de Washington peuvent annoncer un réchauffement des relations

Le secrétaire américain à l'Energie Ernest Moniz (Photo: Facebook)
Le secrétaire américain à l'Energie Ernest Moniz (Photo: Facebook)

WASHINGTON — Alors que les Etats-Unis et Israël s’efforcent de réchauffer leurs relations après un épisode de tension lors de la bataille sur l’accord nucléaire de l’iran, les ressources en gaz naturel d’Israël montrent à quel point la coordination entre Israël et les Etats-Unis peut-être proche.

Le ministre de l’Energie Yuval Steinitz et le Secrétaire à l’Energie américain Ernest Moniz se sont rencontrés lundi. Et plus tard cette semaine, Moniz apparaîtra avec Steinitz quand il essaiera de convaincre les entreprises américaines d’investir encore plus dans les ressources énergétiques israéliennes.

Les relations proches et collaboratrices entre les deux auraient pu sembler une vision bien lointaine cette année, lorsque Steinitz et Moniz ont servi de porte-paroles en chef de leurs administrations respectives concernant les positions conflictuelles sur l’accord du nucléaire iranien.

Moniz était au cœur de la tentative de l’administration Obama pour vendre les points positifs de l’accord au Congrès et au peuple américain, tandis que Steinitz, considéré comme l’un des ministres les plus proches du Premier ministre Benjamin Netanyahu, était un critique ferme de l’accord, et parfois aussi de Moniz.

Après que Moniz ait dit aux journalistes israéliens qu’il soutiendrait l’accord même s’il était Israélien, Steinitz avait répondu dans une déclaration écrite que « si j’étais Américain, je m’opposerais à l’accord », et avait continué à exposer les défauts de l’accord.

Ce dernier échange vif a eu lieu en août, quelques jours, selon Steinitz lui-même, avant que les deux ne décident de se rencontrer en face-à-face.

« Nous avons décidé de faire passer nos discussions au niveau ministériel, a déclaré Steinitz dimanche. Ce dialogue fait partie du processus américano-israélien après des relations qui étaient concentrées sur l’accord nucléaire iranien au cours des derniers mois. »

Steinitz a reconnu, avant leur rencontre, que Moniz « avait eu un rôle central, l’année passée, concernant l’accord iranien », mais il a ajouté que les « faits parlent d’eux-mêmes, qu’il y a ici une intention américaine et israélienne. Dans ce cas précis, c’est le domaine de l’énergie et de la sécurité informatique, mais cela prouve notre volonté, non seulement de revenir aux relations et à la coopération normales, mais aussi d’approfondir et de développer ces encore plus relations à l’avenir ».

Les désaccords au sujet de l’accord de l’Iran, a déclaré Steinitz, « n’ont pas créé de tensions personnelles » avec son homologue américain.

« Moniz est une personne très, très intelligente et éduquée. Il a fait son travail et j’ai fait le mien, nous avons eu une rencontre ensemble, et ensuite d’autres discussions. Son attitude amicale envers Israël, sa volonté et son désir de travailler ensemble parlent d’eux-mêmes ».

Steinitz a déclaré que, lors de ces rencontres, les Etats-Unis et Israël traiteraient de la coopération sécuritaire « à la lumière de la situation actuelle au Moyen-Orient, y compris dans le secteur de l’énergie », même s’il a évité de dire que les discussions faisaient partie d’un « paquet de compensation » pour la situation régionale modifiée après l’accord sur le nucléaire iranien, qui a officiellement été adopté lundi.

En outre, les deux pays évoqueront les sujets qui n’ont pas été discutés auparavant, concernant le secteur de l’énergie. Le dialogue énergétique permettra également de traiter les questions de l’eau et la sécurité informatique des installations productrices d’énergie.

Sur l’eau, Steinitz explique qu’Israël a beaucoup à offrir aux Etats-Unis « parce qu’Israël a accumulé beaucoup d’expérience qui pourrait aider les Etats américains frappés par la sécheresse comme la Californie ».

Evoquant les menaces en matière de sécurité informatique posées sur les ressources énergétiques, Steinitz a déclaré que « les deux parties ont sans aucun doute beaucoup à apprendre l’une de l’autre ».

Steinitz a cité « les connaissances et l’expérience que nous avons accumulées pour protéger nos installations productrices d’énergie, nos grilles électriques, notre approvisionnement en carburant et nos ressources en gaz naturel, contre les dangers d’attaques informatiques sont des thématiques qui auront une place importante dans notre dialogue ».

La visite de Steinitz à Washington s’inscrit dans ce qu’il a décrit comme une sorte de « tournée » pour essayer de convaincre les entreprises américaines du secteur de l’énergie d’investir dans l’énergie israélienne, particulièrement dans ses ressources en gaz naturel. En plus de ses rencontres à Washington, Steinitz se rendra au centre du secteur de l’énergie à Houston, au Texas, plus tard cette semaine pour rencontrer des investisseurs potentiels sur leurs terres.

A Houston, Steinitz incitera les entreprises américaines du secteur de l’énergie et du gaz « pas seulement à investir dans les champs de gaz qui ont déjà été découverts, mais de manière tout aussi importante, et peut-être plus importante, dans le renouvellement de la recherche pour des champs de gaz qui doivent encore être découverts, avec un accent porté sur l’économie de l’eau en Israël », a-t-il déclaré.

L’assistance rapprochée de Moniz lors de cette « tournée », a ajouté Steinitz, est un signe de plus du réchauffement des relations.

La rencontre au niveau ministériel intervient au milieu d’une multitude de rencontres entre les Etats-Unis et Israël sur de très nombreux sujets.

Samedi, le nouveau chef d’état major américain Joseph Dunfor a atterri en Israël pour rencontrer le ministre de la Défense Moshe Yaalon et le chef de l’armée israélienne Gadi Eisenkot.

Les discussions ont repris la semaine dernière pour un accord défense sur 10 ans entre Israël et les Etats-Unis. Même si l’accord pour une aide à 3 milliards de dollars devait expirer en 2018, les discussions ont été suspendues pendant des mois du fait des discussions sur l’accord du nucléaire iranien.

La visite de Dunford coïncide aussi avec un exercice de l’armée de l’air de plusieurs armées du nom de code « Blue Flag » à la base aérienne Ovda près d’Eilat. L’exercice implique des participants des Armées de l’Air américaine, israélienne et d’autres pays alliés.

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