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Italie : Ces sous-secrétaires d’État dont le passé ne passe pas

Des personnalités parfois très controversées ont pris leurs fonctions, à l'image du président du Sénat Ignazio La Russa, collectionneur de bustes du dictateur Benito Mussolini

Illustration : Le sénateur Silvio Berlusconi, au centre, leader du parti Forza Italia, prenant la parole au Sénat, avant le vote de confiance pour la nouvelle Première  ministre italienne, Giorgia Meloni, au Palais Madama (Palazzo Madama) à Rome, le 26 octobre 2022. (Crédit : Alberto Pizzoli/AFP)
Illustration : Le sénateur Silvio Berlusconi, au centre, leader du parti Forza Italia, prenant la parole au Sénat, avant le vote de confiance pour la nouvelle Première ministre italienne, Giorgia Meloni, au Palais Madama (Palazzo Madama) à Rome, le 26 octobre 2022. (Crédit : Alberto Pizzoli/AFP)

Les sous-secrétaires du gouvernement de Giorgia Meloni ont pris leurs fonctions mercredi, étape solennelle à l’occasion de laquelle les médias italiens ont exhumé des déclarations et des photos mettant en lumière le rapport plus qu’ambigu de certains au fascisme.

Pas moins de 39 sous-secrétaires d’État – les adjoints des ministres – ont prêté serment mercredi matin au Palazzo Chigi, siège du chef du gouvernement à Rome, en présence de Giorgia Meloni.

« Cette aventure sera longue, nous l’espérons, difficile, certainement », a déclaré la cheffe du parti post-fasciste Fratelli d’Italia, dont la coalition de droite/extrême-droite a remporté les législatives du 25 septembre.

Giorgia Meloni et ses alliés ont installé au gouvernement et au Parlement des personnalités parfois très controversées, à l’image du président du Sénat Ignazio La Russa, collectionneur de bustes du dictateur Benito Mussolini.

Le Président du Sénat de la République, Ignazio La Russa, à la fin d’un entretien avec le Président de la République Sergio Mattarella. (Crédit : Francesco Ammendola – Bureau de presse et de communication de la Présidence de la République/Quirinale.it)

Et parmi les nouveaux sous-secrétaires, certains n’ont jamais caché leur sympathie ou indulgence envers le régime fasciste.

Le plus connu d’entre eux est Claudio Durigon, nommé au ministère du Travail, au centre de nombreuses controverses qui l’ont conduit à démissionner il y a un peu plus d’un an.

Ce membre de la Ligue de Matteo Salvini était sous-secrétaire à l’Économie du gouvernement Draghi lorsqu’il a proposé de débaptiser un parc de la ville de Latina, au sud de Rome, portant le nom des juges anti-mafia assassinés Giovanni Falcone et Paolo Borsellino, pour lui redonner celui d’Arnaldo Mussolini, le frère du dictateur, qui était le sien jusqu’en 2017.

« Je suis tout sauf un fasciste », a assuré Claudio Durigon.

Nommé aux Infrastructures, Galeazzo Bignami, lui, a dû de nouveau répondre d’une photo datant de 2005, le montrant portant un brassard nazi. « Je m’en suis excusé plus d’une fois », s’est-il défendu.

Claudio Durigon (Crédit : CC BY-SA 4.0)

En 2019, dans une vidéo diffusée en direct sur Facebook, il contrôlait les interphones des logements sociaux de Bologne pour en identifier les locataires au nom à consonance étrangère.

Sous-secrétaire au ministère des Universités et de la recherche, Augusta Montaruli a vu ressurgir sur les réseaux sociaux une vieille photo d’elle lors d’un pèlerinage fasciste dans la ville natale de Mussolini, Predappio, où elle fait le salut romain.

Andrea Delmastro Delle Vedove, propulsé sous-secrétaire à la Justice, avait publié en 2010 un message sur son compte Facebook dans lequel il citait Léon Degrelle, figure de l’extrême-droite catholique en Belgique qui s’engagea pendant la Seconde Guerre mondiale dans une division SS.

Pour le député écologiste Angelo Bonelli, « le gouvernement Meloni a mis un masque, mais sous ce masque il perpétue l’Histoire ».

« La responsabilité est celle de la Première ministre […] qui dit qu’elle a coupé les ponts avec le passé tout en faisant la preuve qu’il n’en est rien », a-t-il déclaré à l’AFP.

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