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Kobi Shabtai fustige les heurts élus/policiers : « Ce n’est pas un jeu politique »

Le chef de la police a évoqué des incidents impliquant des députés de la Liste arabe unie qui ont respectivement frappé un policier et aidé un suspect à s'échapper

Le chef de la police, Kobi Shabtai, assiste à une cérémonie en l’honneur des forces de l'ordre israéliennes, à la Knesset à Jérusalem, le 17 mai 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le chef de la police, Kobi Shabtai, assiste à une cérémonie en l’honneur des forces de l'ordre israéliennes, à la Knesset à Jérusalem, le 17 mai 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le chef de la police israélienne, Kobi Shabtai, a tacitement critiqué mardi deux députés de la Liste arabe unie qui se sont récemment affrontés avec la police israélienne, soulignant que « la police ne pouvait pas être impliquée dans la politique politicienne ».

S’adressant au plénum de la Knesset lors d’un événement organisé en l’honneur des forces de l’ordre israéliennes, Shabtai a déclaré qu’il ne permettrait pas que la violence contre les policiers se généralise.

« Je n’accepterai jamais que l’on porte atteinte, ouvertement et violemment, aux policiers qui exercent leur mission au nom de l’État et au service de ses citoyens », a indiqué le chef de la police.

« Encore moins de la part de ceux qui sont supposés donner l’exemple et servir de modèle aux électeurs, pour ce qui est du respect de la loi », a-t-il précisé, sans jamais nommer les députés en question.

« La police et les policiers ne peuvent pas davantage être impliqués dans la politique politicienne que faire l’objet de provocations », a-t-il fait comprendre.

Lundi, la police a soumis au procureur général une demande d’autorisation d’enquête sur les députés de la Liste arabe unie, Ofer Cassif et Ahmad Tibi, en raison de leur comportement.

Cassif a ainsi été filmé en train de frapper un policier, vendredi, après avoir été empêché par les forces de l’ordre de se rendre à une manifestation en Cisjordanie. La vidéo montre un policier tentant d’immobiliser le véhicule de Cassif. La voiture heurte l’agent, qui s’approche alors de Cassif et lui intime l’ordre de déplacer son véhicule.

« Déplacez votre véhicule. Vous ne passerez pas », crie l’officier.

« Je ne t’ai pas touché », répond Cassif, alors que les deux hommes se rapprochent. C’est à ce moment que l’on voit Cassif frapper l’agent à la tête avant de l’accuser de l’avoir frappé.

La veille, Tibi avait, pour sa part, été accusé d’avoir entravé la police et aidé un suspect à s’échapper, à l’occasion d’une tentative d’arrestation à Jérusalem.

Des responsables de la police ont déclaré que le député Ahmed Tibi avait abusé de son immunité parlementaire et aurait dû être appréhendé lorsqu’il s’est interposé entre des policiers et un résident palestinien de Jérusalem-Est qu’ils tentaient d’interpeler.

La police a expliqué qu’elle tentait d’arrêter un « jeune homme » soupçonné d’avoir jeté un objet dans le quartier de Beit Hanina, lorsque Tibi est intervenu.

Le Premier ministre Naftali Bennett a par la suite condamné le comportement de Cassif et Tibi.

« Je condamne strictement le comportement dangereux et violent d’Ahmad Tibi et d’Ofer Cassif. Ils s’abritent lâchement derrière leur immunité, empêchent les agents de remplir leur mission et les agressent sans vergogne. L’immunité a vocation à servir les intérêts du pays, pas à lui nuire », a-t-il tweeté.

Lors du discours prononcé mardi, Shabtai a également évoqué un autre incident impliquant cette fois le chef du parti de la Liste arabe unie, Ayman Odeh. Ce dernier avait provoqué l’indignation, le mois dernier, en déclarant que les Arabes israéliens dans les rangs des forces de l’ordre israéliennes, en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, « humiliaient » leur propre peuple, les invitant à rendre les armes et démissionner.

Le chef du parti de la Liste arabe unie, Ayman Odeh, s’exprime dans une vidéo dans laquelle il appelle les policiers israéliens arabes à démissionner, affirmant qu’ils « humilient » leur peuple le 10 avril 2022. (Crédit : Capture d’écran Facebook)

Les propos du député avaient suscité des appels à enquête pour incitation à la violence, au moment où le pays affronte la vague terroriste la plus meurtrière depuis des années.

« Les policiers israéliens ne rendront pas leurs armes – et je parle aussi pour les [agents] musulmans », a précisé Shabtai.

« Ils savent qu’ils ont des commandants qui les soutiennent. [Les soutenir] est ma responsabilité, en qualité de chef de cette organisation, et notre responsabilité collective, en qualité de citoyens et députés israéliens », a-t-il ajouté.

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