La Belgique suspend ses contributions à l’UNRWA
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La Belgique suspend ses contributions à l’UNRWA

Les Pays-Bas et la Suisse avaient également annoncé suspendre leurs contributions à l'agence des réfugiés palestiniens

Alexander De Croo au Forum de Davos en 2016 (Crédit : Facebook/Alexander De Croo)
Alexander De Croo au Forum de Davos en 2016 (Crédit : Facebook/Alexander De Croo)

Suite aux accusations faisant état d’une mauvaise gestion et d’abus d’autorité au sein de l’UNRWA, l’Agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens, la Belgique a suspendu ses aides financières à cet organe, a rapporté le 1er août le journal belge Le Vif.

La nouvelle a été annoncée par Alexander De Croo, ministre de la Coopération au développement, à l’hebdomadaire flamand Knack.

La décision fait suite à la publication d’un rapport interne sur l’éthique, qui aurait mis en évidence des mauvaises pratiques et des abus d’autorité au plus haut niveau de l’agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens. L’organisation est actuellement confrontée à une crise sans précédent après que les Etats-Unis ont mis un terme aux aides financières.

« Nous allons jeter un regard critique sur le rapport, a déclaré De Croo. Ce n’est pas parce que vous défendez une bonne cause que vous pouvez faire ce que vous voulez. Si les affirmations sont correctes, c’est totalement inacceptable. »

« Dans l’attente de l’enquête indépendante, nous allons geler les autres paiements », a expliqué le ministre au magazine. Il s’agit d’une contribution additionnelle de 5,35 millions d’euros et non de la contribution fixe de 6,25 millions déjà versées plus tôt dans l’année.

Il était prévu que la Belgique verse prochainement 5,35 millions d’euros à l’UNRWA, suite aux 6,25 millions déjà versées plus tôt cette année.

Plus tôt cette semaine, les Pays-Bas et la Suisse avaient également annoncé suspendre leurs contributions à l’agence onusienne.

L’année dernière, la Belgique avait annoncé doubler ses donations à l’agence suite à la décision des Etats-Unis de suspendre leurs aides.

Les accusations formulées dans le rapport confidentiel du Département d’éthique de l’agence sont actuellement examinées par des enquêteurs des Nations unies.

L’AFP a obtenu une copie du rapport, qui décrit des accusations « crédibles et corroborées » d’abus étiques graves, incluant même le chef de l’UNRWA, le commissaire général Pierre Krahenbuhl.

Pierre Krähenbühl aux Nations unies, le 10 novembre 2015. (Crédit : capture d’écran YouTube)

Le rapport précise que les accusations concernent des hauts responsables impliqués dans « des comportements sexuels déplacés, du népotisme, des représailles, de la discrimination et d’autres abus d’autorité, pour des gains personnels, pour faire taire des critiques légitimes, ou pour sinon parvenir à d’autres objectifs personnels ».

Un haut responsable cité dans le rapport a quitté l’organisation à cause d’un « comportement inapproprié » lié à l’enquête, a déclaré l’UNRWA, alors qu’un autre a démissionné pour ce que l’agence a qualifié de « raisons personnelles ».

L’UNRWA a déclaré en réponse aux questions de l’AFP qu’elle « est probablement parmi les agences des Nations unies les plus contrôlées étant donné la nature du conflit, et l’environnement complexe et politisé dans lequel elle évolue ».

Fondée en 1949, l’UNRWA apporte une aide aux Palestiniens qui ont fui suite à la création de l’Etat d’Israël. L’agence est ainsi présente dans le quotidien de quelque 5 millions de Palestiniens dans la bande de Gaza, en Cisjordanie, au Liban et en Jordanie.

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