La ‘boutique’ de la bourse de Tel Aviv cherche de nouvelles recrues
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La ‘boutique’ de la bourse de Tel Aviv cherche de nouvelles recrues

Yossi Beinart, le PDG de TASE, a quelques idées sur comment les start-ups peuvent attirer les investisseurs pour devenir publiques

David Shamah édite notre section « Start-Up Israel ». Spécialiste depuis plus de dix ans en technologies et en informatique, il est un expert reconnu des start-up israéliennes, de la high-tech, des biotechnologies et des solutions environnementales.

Un broker à la Bourse de Tel Aviv (Crédit : Moshe Shai/Flash90)
Un broker à la Bourse de Tel Aviv (Crédit : Moshe Shai/Flash90)

La bourse de Tel Aviv est loin d’être le NASDAQ, et cela va bien à Yossi Beinart, le directeur exécutif des bureaux de la bourse de Tel Aviv.

« Le monde de la finance change, a-t-il déclaré. Il y a de nombreuses compagnies israéliennes qui ‘passent’ au-delà du niveau où elle s’intéressent au fonds de capital risque, mais sont encore trop petites pour passer à l’étape logique suivant : devenir publiques à New York ou Londres. Nous pouvons être cette petite bourse où elles peuvent lever de l’argent du public comme une entreprise, alors qu’elles continuent à croître au point où elles peuvent intéresser des investisseurs de l’étranger aussi ».

Beinart s’est confié au Times of Israel dans le cadre du Money/Train, un événement unique tenu mardi dans un train israélien où des start-ups israéliennes présentaient leurs compagnies à des responsables de grandes multinationales, des groupes d’investissement et des accélérateurs technologiques, y compris eBay, Tyco, Motorola, Poalim, Fintech, Deloitte, Bosch et d’autres.

L’événement a été organisé pour « attiter l’attention des investisseurs sur le fait qu’il y a beaucoup de grande technologie en dehors du centre du pays », a déclaré Barak Goldstein, le président de Terra Venture Partners, qui a sponsorisé l’événement.

Mardi a aussi marqué le lendemain où une grande réforme pour rendre les marchés de capitaux d’Israël plus accessibles aux investisseurs locaux ait été approuvée par le vote final du plenum au Comité des Finances de la Knesset.

La Loi de Start-Ups, plus formellement connue comme la Loi pour Encourager les Investissements dans des Compagnies publiques du Secteur de la Haute Technologie, contient de nombreuses provisions qui faciliteront des petites compagnies à devenir publiques, et pour des petits investisseurs à s’impliquer dans des entreprises qu’ils pensent pouvoir être rentables à long terme.

Parmi les principes de la loi, il y a une simplification du « dossier » qu’une entreprise doit présenter à l’Autorité de la bourse d’Israël avant de pouvoir faire partie de la liste TASE et de lever de l’argent en provenance des particuliers.

Dans des entreprises traditionnelles, les entreprises doivent montrer qu’elles ont assez d’argent en banque, de ressources humaines et de structure financière suffisantes pour montrer que ce sont des entreprises légitimes, conditions que de nombreuses petites entreprises qui sont actuellement financées par des fonds de capital risque ne peuvent pas remplir pour des questions de ressource humaine et d’argent.

Le temps qu’elles puissent répondre à ces conditions de régulation, leur opportunité de marché s’est peut-être volatilisée, alors qu’une compagnie rivale de l’étranger a pu obtenir le marché en premier.

L’autorité de la bourse pourra maintenant faire des exceptions pour les compagnies de haute-technologie, leur permettant de vendre des bons basés sur les promesses futures de respecter rétroactivement les règles traditionnelles.

En outre, la loi israélienne ne reconnaîtra pas le financement populaire comme un moyen légitime de lever de l’argent. Dans le modèle du financement populaire, ironiquement inventé en Israël par le pionier du financement populaire OurCrowd et pourtant pas encore mis en pratique dans le pays, une compagnie pourra vendre des parts à des investisseurs accrédités, proposant une autre façon d’investir.

Ces changements et d’autres, a déclaré Beinart, modifieront probablement la scène de l’investissement en Israël dans le bon sens, et TASE veut être là où l’action sera.

Toutes les entreprises présentes sur le MoneyTrain étaient des start-ups, même si certaines étaient déjà à un stade avancé, ayant levé des fonds de fonds VC et vendu à des clients du monde entier. Mais même selon les nouveaux critères, et selon les nouveaux standards de la ‘boutique’ TASE pour recruter des entreprises, aucune des compagnies présentes à l’événement n’étaient prêtes pour le marché de la bourse.

« Mais un jour, elles le seront, et nous voulons qu’elle nous connaissent, tout comme nous voulons les connaître. Quand elles seront prêtes, nous aurons déjà une relation à développer plus encore », a déclaré Beinart.

Beinart croit que positionner le TASE comme une sorte de pre-NASDAQ encouragera aussi plus d’entreprises israéliennes à rester dans le jeu pendant plus longtemps, se constuire leurs propres identités plutôt que de se laisser tenter par une revente plus simple.

« Si dans le passé une entreprise pouvait devenir public en moyenne cinq ans après sa création, aujourd’hui, à cause de la compétition dans les marchés des capitaux et des enjeux plus hauts, cela pourrait prendre dix ans », a déclaré Beinart.

Pour de nombreuses entreprises, la seule alternative semble être une offre de revente. Mais cela signifie qu’Israël perd l’opportunité de développer sa propre technologie dans une « licorne », le type d’entreprise qui peut être compétitive dans les marchés financiers mondiaux en tant que compagnie israélienne.

« Si nous pouvons nous impliquer avec certaines de ces entreprises, nous pouvons les ‘sauver’ de cela et les encourager à continuer à développer leur technologie, avec l’aide d’investisseurs locaux, a ajouté Beinart. Le TASE peut-être un grand véhicule pour cela »

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