Israël en guerre - Jour 192

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La délégation israélienne rentre du Caire, sans progrès des pourparlers sur les otages

Selon un responsable, aucune nouvelle offre n'a été présentée ; le nombre de prisonniers palestiniens susceptibles d'être libérés en tant qu'otages est un point d'achoppement

Une image publiée par la présidence égyptienne montre le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi (à droite) avec le directeur de la CIA William Burns (C-L) au palais Ittihadiya au Caire, le 13 février 2024. (Crédit : AFP)
Une image publiée par la présidence égyptienne montre le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi (à droite) avec le directeur de la CIA William Burns (C-L) au palais Ittihadiya au Caire, le 13 février 2024. (Crédit : AFP)

Les pourparlers entre les États-Unis, l’Égypte, Israël et le Qatar sur un accord de libération des otages se sont terminés sans progrès notable ce mardi, alors qu’Israël fait face à des pressions croissantes pour parvenir à un accord et mettre fin à la guerre à Gaza contre le Hamas.

La délégation israélienne revenait du Caire, a déclaré au Times of Israel un responsable du cabinet du Premier ministre. Ses membres se sont entretenus de la question du cessez-le-feu avec le directeur de la CIA, William Burns, le Premier ministre qatari, Mohammed bin Abdulrahman Al-Thani, et des responsables égyptiens.

Un autre responsable a fait savoir que la délégation israélienne, dirigée par le chef du Mossad David Barnea et le directeur du Shin Bet Ronen Bar, était « là pour écouter » et n’avait pas mis de nouvelle offre sur la table.

Malgré le départ de la délégation israélienne, les négociations ont été qualifiées de « positives » et vont se poursuivre trois jours encore, a déclaré le quotidien égyptien Al-Qahera News, citant un haut responsable égyptien.

Le service de renseignement de l’État égyptien a également indiqué que la réunion s’était terminée sur « un désir de poursuivre les consultations et la coordination » sur des questions clés. Bien que Barnea et le directeur du Shin Bet, Ronen Bar, aient assisté à la réunion, la déclaration égyptienne n’a pas mentionné Israël.

« La réunion a été l’occasion d’un examen de l’évolution de la situation actuelle » et « a confirmé la poursuite des consultations et des activités d’intense coordination pour obtenir un cessez-le-feu, la protection des civils et une solution à deux États, tout en établissant la sécurité et la stabilité dans la région ».

Cette combinaison d’images créée le 13 février 2024 montre (de gauche à droite) le directeur de la CIA William Burns, le directeur du Mossad israélien David Barnea, et le Premier ministre et ministre des Affaires étrangères du Qatar Sheikh Mohammed bin Abdulrahman al-Thani. Les trois hommes ont rencontré des responsables égyptiens au Caire le 13 février 2024 « pour discuter d’une trêve à Gaza », ont rapporté les médias égyptiens. (Crédit : AFP)

Le service de renseignement a déclaré que le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi avait rencontré Burns et Al-Thani pour évoquer la question du cessez-le-feu, de la libération des otages et de l’acheminement de davantage d’aide humanitaire à Gaza, sans qu’aucune percée n’ait été réalisée.

Un responsable du Hamas a déclaré à l’AFP que l’organisation terroriste attendait les résultats de la réunion du Caire, mais se disait « ouvert à toute initiative de nature à mettre fin à l’agression et à la guerre ».

La chaîne publique Kan a rapporté que le Mossad, en collaboration avec le Shin Bet et l’armée israélienne, avait élaboré un nouveau cadre pour un cessez-le-feu et une libération des otages, qui a été rejeté par le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Les détails de ce cadre ne sont pas connus, mais Kan a précisé que la proposition avait été élaborée par Barnea, Bar et le major-général Nitzan Alon, à la tête des initiatives de renseignement pour retrouver les personnes enlevées.

Selon cette même source, la proposition, évoquée avec Netanyahu à plusieurs reprises, a été évoquée lors d’une réunion préparatoire, lundi, des pourparlers du Caire.

Netanyahu a rejeté ce nouveau projet et demandé aux trois hommes d’aller au Caire pour « écouter », sans mettre de nouvelles idées sur la table ni apporter de réponse formelle aux demandes du Hamas, que Netanyahu a qualifiées de « délirantes ».

Suite à cet échange avec Netanyahu, Alon a décidé de ne pas assister à la réunion dans la capitale égyptienne et y a envoyé son adjoint.

Netanyahu s’est lui aussi fait représenter par l’un de ses conseillers politiques, Ophir Falk.

Des personnes passent devant des photos de civils enlevés par des terroristes du Hamas à Gaza, à Jérusalem, le 12 février 2024. (Crédit : Chaim Goldberg/Flash90)

Israël a hésité à envoyer des représentants aux pourparlers du Caire cette semaine, mais a subi des pressions de la part des États-Unis pour le faire. De hauts responsables américains ont fait savoir que même s’il y avait des « éléments bloquants », un accord restait possible, comme le souhaitait Washington.

Lors d’un appel dimanche entre le président américain Joe Biden et Netanyahu, Biden aurait invité le Premier ministre israélien à envoyer une délégation au Caire pour prendre part aux pourparlers.

Biden a déclaré lundi que les États-Unis militaient en faveur de l’adoption d’un cessez-le-feu de six semaines entre Israël et le Hamas comme d’une voie vers un cessez-le-feu de plus longue durée.

Une source politique a déclaré à Kan que le problème était et restait « les demandes déraisonnables du Hamas pour mettre fin à la guerre ».

Les exigences de l’organisation terroriste palestinienne comprennent notamment un cessez-le-feu permanent, le retrait des troupes de Gaza, la reconstruction de l’enclave et la remise en liberté de 1 500 prisonniers palestiniens, dont des cerveaux d’actions terroristes, en échange de la libération des otages enlevés le 7 octobre.

Israël s’est montré disposé à accepter des pourparlers sur la base du projet cadre initial de Paris, proposé il y a deux semaines, assorti d’une pause humanitaire en trois phases permettant la libération, lors de la première phase, de 35 à 40 otages israéliens, essentiellement des femmes et des hommes de plus de 60 ans ainsi que des personnes souffrant de graves problèmes de santé. Les soldats israéliens et les corps des otages morts seraient libérés lors des deuxième et troisième phases.

Les détails concernant les phases finales, ainsi que le nombre et l’identité des prisonniers de sécurité palestiniens susceptibles d’être libérés par Israël, seront discutés lors de négociations ultérieures si les deux parties acceptent la proposition de Paris. D’autres sources ont fait état de l’existence d’autres versions de ce cadre de négociation, qui n’ont toutefois pas été officiellement publiées.

Illustration : Des terroristes du Hamas et du Jihad islamique montent la garde alors qu’un véhicule de la Croix-Rouge transporte des otages récemment libérés à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 28 novembre 2023. (Crédit : Flash90)

Citant des responsables américains et israéliens, le site d’information Axios a indiqué que le principal point d’achoppement des négociations était la libération des prisonniers de sécurité, Biden ayant déclaré dimanche à Netanyahu que si les demandes du Hamas étaient excessives, Israël pourrait utilement faire preuve de davantage de flexibilité en acceptant de libérer davantage de Palestiniens qu’il ne l’avait fait à la faveur de l’accord de novembre dernier, négocié par les Etats-Unis, qui avait permis la libération de 105 civils.

« Le ratio reste une question ouverte », a déclaré un responsable américain.

Toujours selon cette source, Netanyahu aurait dit à Biden qu’il voulait un accord sur les otages, mais qu’il devait obtenir le soutien de son gouvernement, allusion au cabinet de sécurité composé d’alliés d’extrême droite du Premier ministre défavorables à ce qu’ils jugent être un « accord irresponsable » destiné à stopper l’offensive de Tsahal.

Israël a intensifié son offensive à Rafah, dans le sud de Gaza, là où 1,4 million de Palestiniens déplacés ont trouvé refuge. Une mission israélienne de sauvetage est parvenue à libérer deux otages détenus dans cette ville située le long de la frontière avec l’Egypte, dans un raid qui aurait coûté la vie à près de 74 Palestiniens, selon les autorités de la santé du Hamas, dont les données ne font pas le distinguo entre civils et hommes armés.

Israël a fait de la destruction des capacités gouvernementales et militaires du Hamas et de la libération d’otages les principaux objectifs de la guerre, qui a commencé lorsque des milliers de terroristes du Hamas ont pris d’assaut le sud d’Israël et tué 1 200 personnes, essentiellement des civils, et fait 253 otages, dont de nombreux femmes et enfants. Par ailleurs, des dizaines de milliers d’Israéliens ont été déplacés des communautés détruites.

Selon les autorités de santé du Hamas de Gaza, cette guerre a causé d’importantes destructions dans la bande de Gaza et plus de 28 000 morts. Ce chiffre, qui ne peut pas être vérifié de manière indépendante, pourrait comprendre près de 10 000 terroristes du Hamas qu’Israël dit avoir tués au cours des combats.

Israël revendique par ailleurs la mort d’un millier d’hommes armés en territoire israélien le 7 octobre.

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