La dépouille d’otage rendue lundi par le Hamas est celle de Tal Haïmi
Âgé de 41 ans et commandant de l'équipe de défense du kibboutz Nir Yitzhak, il a été tué le 7 octobre 2023 ; il n'aura jamais connu son quatrième enfant, né sept mois plus tard

Israël a indiqué mardi que la treizième dépouille d’otage rendue la veille à Gaza par le Hamas avait été identifiée comme celle de Tal Haïmi, un sous-officier tué le 7 octobre 2023.
« À l’issue du processus d’identification mené par l’Instit médico-légal national […] des représentants de [l’armée] ont informé la famille de l’otage, le sergent-chef Tal Haïmi que leur proche avait été ramené en Israël et que son identification avait été achevée », indique le bureau du Premier ministre dans un communiqué.
Tal Haïmi, 41 ans, était commandant de l’équipe de défense du kibboutz Nir Yitzhak. Lui et d’autres membres de l’équipe d’intervention rapide avaient lutté avec fougue contre les hommes armés qui cherchaient à prendre d’assaut l’entrée du kibboutz. C’est à ce moment-là qu’il avait été tué.
En décembre 2023, la famille de Tal avait été informée, sur la base de renseignements, qu’il était mort le 7-Octobre et que sa dépouille avait été prise en otage. Il était alors père de trois enfants et son épouse était enceinte de leur quatrième.
« Le matin du 7 octobre, Tal est sorti défendre sa communauté, combattant des dizaines de terroristes aux portes du kibboutz Nir Yitzhak. Lui et son équipe ont fait preuve d’un courage exceptionnel en se battant pendant plusieurs heures », indique un communiqué du Forum des familles d’otages, principale organisation israélienne luttant pour le retour des captifs à Gaza, les vivants comme les morts.
Israël avait indiqué lundi soir avoir récupéré via la Croix-Rouge une nouvelle dépouille d’otage.
Ela Haimi, la veuve de Tal Haimi, a publié une déclaration après le rapatriement du corps. Elle a rappelé que son mari avait quitté la maison le matin même de l’invasion du Hamas, le 7 octobre 2023, emportant avec lui un gilet, une arme et un casque.
« Je suis ici aujourd’hui avant tout en tant que mère de Nir, Einav, Udi et Lotan », déclare Haimi, dont le plus jeune enfant est né après la mort de son père. « Tous les quatre vivent avec le souvenir d’un père qui a défendu sa maison, mais ils n’ont pas pu lui dire au revoir. »
Udi Goren, cousin de Haimi et figure de proue de la lutte pour ramener son corps à la maison, a fait savoir que Haimi sera enterré mercredi au kibboutz Nir Yitzhak, fondé par leurs grands-parents et où son cousin a grandi et fondé une famille avant de mourir en le défendant.
« Il n’y a pas d’autre endroit sur terre où Tal devrait trouver le repos éternel qu’ici, au kibboutz », a déclaré Goren, ajoutant que Nir Yitzhak n’est pas complet sans Lior Rudaeff, un autre membre de l’équipe d’intervention d’urgence dont le corps n’a pas encore été rapatrié en Israël pour y être inhumé.
« Le retour de Tal pour son enterrement n’est pas la fin de l’histoire ; c’est le début d’un nouvel espoir pour mes enfants », a déclaré Ela Haimi, qui a récemment ramené sa famille vivre à Nir Yitzhak. « Ils grandissent en sachant que la nation n’oublie pas ses combattants. »
« Les funérailles sont un moment national, pas seulement familial ; elles sont l’expression de notre engagement collectif à ramener chaque soldat, chaque otage, chaque personne disparue sur la terre qu’il aimait. Ce n’est pas seulement la fin d’un cycle personnel, c’est aussi une promesse faite à la société israélienne dans son ensemble : nous ne nous reposerons pas tant que tous les fils ne seront pas rentrés chez eux », a-t-elle ajouté.
L’oncle de Tal Haimi lui a également rendu hommage mardi.
« Tu t’es battu comme un lion avec l’équipe de défense alors que personne n’était venu », a dit Zamir Haimi devant les caméras de la chaîne publique Kan.
Il a ajouté que le rapatriement de la dépouille de Tal entraînait chez lui « tout un mélange d’émotions » et il a rappelé que les corps sans vie de 15 autres hommes se trouvaient toujours entre les mains des groupes terroristes dans la bande de Gaza.
« Te voilà de retour à la maison, enfant aux yeux bleus. Éternel jeune garçon de 41 ans », a écrit Zamir Haimi dans une publication qui a été relayée sur Facebook.
« Nous sommes parvenus à te ramener à la maison. À la maison, auprès d’Ela, Nir, Einav, Udi et Lotan », a-t-il continué dans sa publication. « À la maison, auprès de toute ta famille qui t’attendait. À la maison, à Nir Yitzhak. »
Haimi laisse derrière lui son épouse Ella et quatre enfants. Le plus jeune, Lotan, est né en mai 2024, soit sept mois après la mort de Tal.
Ella Haimi avait raconté dans une vidéo le déroulement de cette sinistre journée.
« Tal m’a dit d’aller dans le mamad [pièce sécurisée] », a-t-elle dit. « Je voulais rester au lit. »
En quittant la maison, Tal a rappelé à Ella que la porte du mamad était cassée, une chose à laquelle elle n’a cessé de repenser tout au long de la journée.
Le couple s’est parlé une fois ce matin-là, et lorsqu’Ella a envoyé un message WhatsApp à Tal à midi, il n’a pas été transmis.
« C’est alors que j’ai réalisé que tout n’allait peut-être pas bien », a-t-elle déclaré.
Le reste de l’équipe d’urgence est retourné au kibboutz et lorsqu’Ella a demandé où était Tal, personne n’a répondu. Elle a alors compris qu’il s’était passé quelque chose.
Bien que les terroristes aient atteint certaines maisons de Nir Yitzhak, ils n’ont jamais atteint la maison de Tal et d’Ella ce jour-là.
Avant cette remise, le Hamas avait restitué 12 dépouilles d’otages sur les 28 corps qu’il s’est engagé à rendre à Israël dans le cadre de l’accord de cessez-le-feu à Gaza entré en vigueur le 10 octobre, sous la pression des Etats-Unis
Aux termes de l’accord, le groupe terroriste islamiste palestinien devait avoir libéré tous les otages le 13 octobre. Mais s’il a bien relâché les 20 derniers otages vivants dans les temps, le Hamas a argué de difficulté logistiques (notamment pour retrouver les dépouilles dans une bande de Gaza dévastée par plus de deux ans de guerre) l’empêchant de respecter le calendrier prévu, ce qu’Israël conteste.
Le président américain Donald Trump a averti lundi le Hamas qu’il serait « éradiqué » s’il ne respecte pas l’accord conclu avec Israël, alors que le vice-président JD Vance est attendu mardi en Israël pour une visite visant à renforcer le fragile cessez-le-feu à Gaza.







