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La famille de Francesca Albanese, accusée d’antisémitisme, poursuit Trump après des sanctions

Le recours affirme que la famille de la rapporteuse anti-Israël de l’ONU fait "partie de la communauté nationale" car sa fille est née aux États-Unis

La rapporteuse spéciale de l’ONU pour les territoires palestiniens, Francesca Albanese, en route vers des événements commémorant le 30ᵉ anniversaire du génocide de Srebrenica, s’entretient avec l’Associated Press, à l’aéroport de Sarajevo, en Bosnie-Herzégovine, le jeudi 10 juillet 2025. (Crédit : Darko Bandic/AP)
La rapporteuse spéciale de l’ONU pour les territoires palestiniens, Francesca Albanese, en route vers des événements commémorant le 30ᵉ anniversaire du génocide de Srebrenica, s’entretient avec l’Associated Press, à l’aéroport de Sarajevo, en Bosnie-Herzégovine, le jeudi 10 juillet 2025. (Crédit : Darko Bandic/AP)

La famille de la rapporteuse spéciale des Nations unies (ONU) pour les Palestiniens, Francesca Albanese, a engagé jeudi une action en justice contre le président américain Donald Trump et plusieurs membres de son administration à la suite des sanctions prises à son encontre.

Les plaignants sont le mari d’Albanese, Massimiliano Cali, et leur fille mineure, identifiée par ses initiales L.C. Figurent parmi les défendeurs la procureure générale Pamela Bondi, le secrétaire au Trésor Scott Bessent et le secrétaire d’État Marco Rubio.

Albanese, critiquée de longue date pour des déclarations qualifiées d’antisémites et d’hostiles à Israël, a été sanctionnée l’an dernier par l’administration Trump pour avoir mené, selon Washington, une « guerre politique et économique » contre les États-Unis et Israël.

Elle affirme que ces sanctions ont eu des conséquences dévastatrices, l’empêchant de travailler et d’effectuer des transactions financières courantes.

Cali et Albanese possèdent une maison à Washington, DC. Leur fille, née aux États-Unis, est citoyenne américaine, et la famille ferait donc « partie de la communauté nationale », selon la plainte déposée devant un tribunal fédéral de Washington.

Le recours soutient que les sanctions violent les protections du premier amendement relatives à la liberté d’expression, constituent une saisie abusive au regard du quatrième amendement et enfreignent les garanties de procédure régulière prévues par le cinquième amendement.

Albanese et Cali ne sont pas citoyens américains, mais la plainte fait valoir que leur fille, en tant que citoyenne américaine, a qualité pour agir en justice.

Albanese ne peut, selon le document, engager de procédure en son nom propre en raison des règles internes de l’ONU.

La famille a vécu aux États-Unis entre 2012 et 2015. Elle demande au tribunal de déclarer les sanctions inconstitutionnelles.

La rapporteuse spéciale des Nations unies sur les Territoires palestiniens, Francesca Albanese (2e à gauche), l’activiste suédoise de la Flottille mondiale de Soumoud, Greta Thunberg (au centre) et l’activiste brésilien Thiago Avila (à droite) lors d’une manifestation anti-Israël dans le cadre d’un mouvement de grève national, à Gênes, le 28 novembre 2025 (Crédit : Piero Cruciatti/AFP)

Un porte-parole du département d’État a qualifié la plainte d’infondée. « Les États-Unis continueront à condamner et à s’opposer à ses activités partiales et malveillantes, qui la rendent depuis longtemps inapte à remplir son rôle », a-t-il déclaré, décrivant Albanese comme « une véritable honte ».

Dans ses fonctions d’enquêtrice indépendante pour l’ONU, Albanese est censée agir en observatrice objective. Elle est toutefois accusée par ses détracteurs d’adopter une posture activiste hostile à Israël. Elle a profité de sa position pour acquérir une notoriété médiatique, intervenant lors de conférences et dans les médias, apparaissant dans un film documentaire, publiant des livres à succès et rassemblant plus d’un million d’abonnés sur les réseaux sociaux.

« Toxique »

S’exprimant jeudi par vidéoconférence depuis la Jordanie, Albanese a dénoncé ce qu’elle a qualifié d’attaques « toxiques » qui, selon elle, auraient un impact sur sa vie personnelle et son travail, après que plusieurs États européens ont appelé à sa démission.

Ces dernières semaines, l’Allemagne, la France, l’Italie et d’autres pays ont demandé qu’elle quitte ses fonctions en raison de ses critiques à l’égard d’Israël. Albanese affirme que ses propos ont été sortis de leur contexte et mal interprétés.

« Je peux vous dire à quel point ces derniers jours, semaines et mois ont été toxiques et personnellement préjudiciables pour moi et ma famille », a-t-elle déclaré.

Une lettre consultée par Reuters, envoyée le 15 février par la mission permanente d’Israël à Genève au président du Conseil des droits de l’Homme, affirme qu’elle a « violé de manière flagrante » le code de conduite de l’ONU.

« Tant qu’elle détiendra un mandat de l’ONU, elle portera fondamentalement atteinte à la crédibilité et à l’autorité morale des Nations unies », indique la lettre, qui ajoute qu’Albanese a relayé à plusieurs reprises des tropes antisémites, des allégations qu’elle avait déjà rejetées.

Mardi, l’ambassadrice française auprès de l’ONU à Genève a réitéré les préoccupations exprimées par le ministre français des Affaires étrangères au sujet de « déclarations extrêmement problématiques » d’un rapporteur spécial des Nations unies, dans une référence apparente à Albanese, sans la mentionner par son nom.

« Tous ceux qui s’expriment sous l’égide des Nations unies, y compris les rapporteurs spéciaux, doivent faire preuve de retenue, de modération et de discrétion, comme l’exige leur mandat », a déclaré Céline Jurgensen devant les délégués du Conseil des droits de l’Homme.

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, avait appelé début février à la démission d’Albanese pour ses propos « inacceptables » qui, selon lui, visaient « non pas le gouvernement israélien, dont les politiques peuvent être critiquées, mais Israël en tant que peuple et en tant que nation ».

Quelques jours auparavant, lors d’une intervention par vidéoconférence à un forum organisé à Doha par la chaîne Al Jazeera, Albanese avait évoqué un « ennemi commun » ayant permis le « génocide » à Gaza.

Des militants pro-Israël et des diplomates européens l’ont accusée d’avoir qualifié Israël d’« ennemi commun », ce qu’elle a nié.

Albanese a publié un extrait non monté de ses propos sur les réseaux sociaux, accompagné de la légende suivante : « L’ennemi commun de l’humanité est LE SYSTÈME qui a permis le génocide en Palestine, y compris le capital financier qui le finance, les algorithmes qui le dissimulent et les armes qui le rendent possible. »

La rapporteuse spéciale des Nations unies sur la situation des droits de l’homme dans les Territoires palestiniens, Francesca Albanese, participant à un rassemblement pour dénoncer Israël et la guerre contre le Hamas à Gaza, à Madrid, le 23 juin 2025. (Crédit : Thomas Coex/AFP)

Dans la lettre obtenue par Reuters, Albanese décrit les sanctions américaines à son encontre comme faisant partie d’une stratégie plus large de l’administration américaine actuelle visant à affaiblir les mécanismes internationaux de responsabilité.

« Ces calomnies, ces sanctions, ces attaques continues de toutes parts émanent de ces mêmes États qui devraient consacrer cette énergie à poursuivre ceux accusés par la plus haute cour du monde de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité et de génocide », a-t-elle déclaré.

Albanese a une longue histoire de déclarations qualifiées d’antisémites, anti-Israël et pro-Hamas.

L’équipe du Times of Israël a contribué à cet article.

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