La fête de Pourim de la police a tourné au cauchemar raciste, selon un policier arabe
Rechercher

La fête de Pourim de la police a tourné au cauchemar raciste, selon un policier arabe

Une enquête est en cours après que 2 policiers ont lancé des verres et des insultes racistes à un de leur collègue arabe

Dov Lieber est le correspondant aux Affaires arabes du Times of Israël

Le chef de la police israélienne Roni Alsheish et le ministre de la Sécurité intérieure Gilad Erdan au siège de la police, à Jérusalem, le 3 décembre 2015. Illustration. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)
Le chef de la police israélienne Roni Alsheish et le ministre de la Sécurité intérieure Gilad Erdan au siège de la police, à Jérusalem, le 3 décembre 2015. Illustration. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Dans une salle des fêtes municipale d’Or Yehuda, au nord ouest de Tel Aviv, des policiers de tout le district se sont rassemblés ce mois-ci pour célébrer la fête juive de Pourim.

C’était une scène joyeuse et le célèbre chanteur israélien Dudu Aharon était présent.

Mais, selon un témoignage diffusé mardi par la radio militaire, les festivités ont mal tourné quand Aharon a posé le micro et qu’un des policiers arabes du district l’a saisi.

Le policier, dont le nom n’a pas été cité, a commencé à chanter un récent tube sur les réseaux sociaux, « La pluie, la pluie goutte », devenu célèbre au début du mois quand une professeure d’hébreu de la ville arabe de Tira a mis en ligne la comptine, qu’elle chante en s’accompagnant d’une derbouka.

La plupart des policiers présents, Juifs et Arabes, ont commencé à chanter et à danser sur la chanson. Mais deux agents de la police anti-émeute ont préféré attraper des verres sur la table voisine et les lancer sur leur collègue arabe qui chantait.

Le chanteur, selon le témoignage, a posé le micro, a marché vers ses collègues, et leur a demandé pourquoi ils lui avaient jeté des verres.

« Fais ch*er », a répondu l’un des policiers, selon le témoin cité dans le reportage. Les autres policiers anti-émeute l’auraient ensuite giflé.

Certains policiers ont vu le danger d’une bagarre imminente et ont tenté d’intervenir. D’autres ont cependant rejoint les deux agents anti-émeute et ont commencé à lancer des injures racistes au policier arabe, ainsi qu’à d’autres collègues arabes présents à la soirée.

Jusqu’à présent, a dit un policier arabe qui était présent à la fête à la radio militaire, personne n’a été réprimandé pour ce qui est arrivé à la soirée de Pourim.

« Si la situation était inversée et que ce comportement était dirigé envers un policier juif, a ajouté le policier arabe, les sanctions et la réponse auraient été immédiates. »

Une porte-parole de la police israélienne a déclaré que la nouvelle de l’incident avait été immédiatement transmise au département des enquêtes internes.

« Ce comportement ne caractérise pas la police israélienne, qui cherche à fournir un service optimal à tous les citoyens de l’Etat d’Israël et agit pour intégrer les membres de tous les groupes, toutes les communautés, et toutes les religions dans les rangs de la police », a déclaré Luba Samri dans un communiqué adressé au Times of Israël.

La police israélienne est en ce moment en campagne pour recruter 1 300 Arabes, majoritairement pour renforcer les effectifs des villes arabes.

Vice-chef de la police, Jamal Hakrush est le policier arabe le plus gradé de l'histoire de la police israélienne. (Crédit : Dov Lieber/Times of Israël)
Vice-chef de la police, Jamal Hakrush est le policier arabe le plus gradé de l’histoire de la police israélienne. (Crédit : Dov Lieber/Times of Israël)

La campagne est dirigée par Jamal Hakrush, qui a été nommé l’année dernière adjoint au chef de la police, ce qui fait de lui le policier arabe le plus gradé de l’histoire de l’Etat d’Israël.

Hakrush a affirmé que sa progression de carrière était une preuve qu’il n’existait pas de racisme institutionnel contre les Arabes dans la police.

Alors que les Arabes représentent environ 20 % des huit millions de citoyens d’Israël, et que la grande majorité d’entre eux est musulmane, seul 1,8 % des policiers sont arabes et musulmans. Au total, 3 % des policiers sont arabophones, en comptant notamment les policiers druzes et ceux qui sont arabes chrétiens.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...