La police « inquiète » d’éventuelles émeutes lors de l’expulsion des migrants
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La police « inquiète » d’éventuelles émeutes lors de l’expulsion des migrants

Le chef de la police du district de Tel Aviv a dit que ses agents devront agir vite contre les manifestants, notant qu'à des occasions antérieures, ils "nous ont presque massacrés"

Le ministre israélien de la Sécurité intérieure Gilad Erdan, à droite, et le chef de la police Jérusalem de l'époque Moshe “Chico” Edri, à gauche, lors d'une conférence de presse au complexe russe de Jérusalem, le 7 octobre 2015 (Crédit : Marc Israel Sellem/POOL)
Le ministre israélien de la Sécurité intérieure Gilad Erdan, à droite, et le chef de la police Jérusalem de l'époque Moshe “Chico” Edri, à gauche, lors d'une conférence de presse au complexe russe de Jérusalem, le 7 octobre 2015 (Crédit : Marc Israel Sellem/POOL)

Un haut-responsable de la police a exprimé la crainte que les expulsions prochaines des migrants et des demandeurs d’asile africains du territoire israélien ne provoquent de violentes émeutes qui seront dures à contenir et a vivement recommandé à ses agents d’utiliser la force pour en venir à bout, a fait savoir lundi la Dixième chaîne.

Dans un enregistrement, Moshe Chico Edri, chef du district de Tel Aviv de la police israélienne, déclare que le scénario qui l’inquiète le plus est celui « d’émeutes violentes d’ampleur ».

« Nous n’avons aucun avantage lors de [telles émeutes] et la gamme entière des outils utilisés par la police doit absolument être disponible dans les commissariats », a-t-il dit. « Ce qui signifie que nous devons très rapidement recourir aux grenades à main, aux canons à eau et à l’usage de la force ».

Edri évoque alors devant les agents un incident antérieur durant lequel il avait fallu recourir à la force pour maîtriser une manifestation similaire.

« Si vous vous souvenez, lorsque 400 personnes nous avaient entourés au cours d’une agression nocturne, elles nous avaient presque massacrés », note-t-il. « Quand les manifestants prennent des pierres et des bâtons et vous attaquent, la seule chose à faire est d’ouvrir le feu ».

Ce qui a mené Edri à faire ces sombres prédictions reste encore indéterminé. Les migrants ont organisé des douzaines de manifestations dont la quasi-majorité ont été pacifiques.

Des migrants africains participent à une manifestation à Tel Aviv, le 10 juin 2017 (Tomer Neuberg / Flash90)

Lundi dans la matinée, le ministre de l’Intérieur Aryeh Deri s’est exprimé devant la commission des Affaires intérieures et de la Protection environnementale, disant que de « fausses informations » étaient publiées au sujet du programme d’expulsion.

Il a indiqué que les familles, les femmes et les enfants ne seraient pas expulsés du pays ainsi que tous ceux qui ont déposé une demande d’asile avant la fin de l’année 2017 et qui n’ont pas encore reçu de réponse finale.

Deri a noté que plus de 5 000 immigrants clandestins venus de pays européens ont été expulsés en 2017, clamant que ce chiffre réfutait les accusations de discrimination contre les Africains.

La question des migrants africains n’a cessé d’attirer davantage l’attention depuis que la Knesset a approuvé, le mois dernier, un amendement à la loi dite « des infiltrés » qui ouvre la voie à l’expulsion forcée de migrants et demandeurs d’asile érythréens et soudanais à partir du mois de mars, et l’emprisonnement indéfini de ceux qui refuseront de quitter « volontairement » le territoire.

Il y a approximativement 38 000 migrants et demandeurs d’asile africains en Israël, selon le ministère de l’Intérieur. Environ 72 % sont Erythréens et 20 % sont Soudanais et la vaste majorité est arrivée entre 2006 et 2012. Un grand nombre habite dans le sud de Tel Aviv et certains habitants et militants leur reprochent le taux de délinquance en hausse et ont fait pression sur le gouvernement en faveur de leur expulsion.

L’amendement a attiré l’attention de la communauté internationale et suscité la controverse.

Malgré les critiques de ce plan d’expulsions proférées par des militants des droits de l’Homme israéliens et la communauté juive américaine, un sondage rendu public dimanche par la Dixième chaîne révèle qu’une majorité d’Israéliens soutiennent l’expulsion des migrants africains du pays.

Interrogés pour savoir s’ils soutiennent la décision gouvernementale de l’expulsion des migrants, 56 % des sondés répondent oui, 32 % non, et 12 % sont sans opinion.

Même si une majorité soutient les expulsions, 44 % seulement des personnes interrogées affirment être favorables à une expulsion forcée contre 46 % qui disent y être opposés. 10 % des sondés sont sans opinion.

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