Israël en guerre - Jour 236

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La reine de Jordanie dit tenter de se mettre à la place des mères des otages – CBS

Selon Rania, Israël a adopté une mauvaise approche dans la guerre contre le Hamas ; elle défend les actions anti-Israël sur les campus tout en condamnant la hausse de l'antisémitisme

La reine Rania de Jordanie lors de l'émission « Face the Nation » de CBS, dans une interview diffusée le 5 mai 2024. (Crédit : Capture d'écran CBS)
La reine Rania de Jordanie lors de l'émission « Face the Nation » de CBS, dans une interview diffusée le 5 mai 2024. (Crédit : Capture d'écran CBS)

La reine de Jordanie Rania al-Abdallah a fait part, dans une interview diffusée dimanche, de l’empathie qu’elle éprouve pour les mères israéliennes dont les enfants sont otages du groupe terroriste palestinien du Hamas, tout en exhortant Israël à ne pas canaliser le traumatisme de l’assaut barbare du 7 octobre pour alimenter un cycle de « rétribution et de vengeance ».

Lors de l’émission « Face the Nation » diffusée dimanche sur la chaîne CBS, Rania a insisté sur la nécessité pour les Israéliens de rester compréhensifs à l’égard des civils palestiniens lambda.

Elle a également évoqué les manifestations pro-palestiniennes et anti-Israël qui ont éclaté sur les campus universitaires aux États-Unis et ailleurs, condamnant les tentatives visant à dépeindre les étudiants protestataires comme des « pro-Hamas » et affirmant que la majorité des manifestations étaient pacifiques.

Rania, qui a vivement critiqué Israël tout au long de la guerre à Gaza, a déclaré qu’en raison de son héritage, elle s’identifie davantage à la partie palestinienne du conflit, mais qu’elle s’efforçait de rester compréhensive à l’égard de la partie israélienne.

« Je me mets chaque jour au défi de me mettre à la place d’une mère israélienne dont l’enfant a été pris en otage […] et j’essaie d’éprouver de l’empathie et de comprendre ce qu’elle ressent », a-t-elle expliqué.

« Nous avons besoin que les otages rentrent chez eux dès que possible », a-t-elle ajouté. « Et il faut que la guerre prenne fin dès que possible pour que les Palestiniens puissent rentrer chez eux, s’il leur reste des maisons. »

Aussi « traumatisante et dévastatrice » qu’ait été la journée du 7 octobre, la réponse d’Israël à ce massacre sadique « n’a pas amélioré la situation », a estimé la reine de Jordanie, qui s’est ensuite intéressée à la guerre menée par Israël contre le groupe terroriste palestinien et à son impact sur la population civile de Gaza.

Une vue de tentes dans un camp abritant des Palestiniens déplacés à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 30 avril 2024. (Crédit : AFP)

« On ne peut pas se contenter de cette réaction viscérale de rétribution et de vengeance, car on entre alors dans le cycle de la violence et on s’y enfonce, et la situation ne fera qu’empirer », a-t-elle poursuivi, suggérant qu’Israël aurait dû choisir une autre méthode qu’une guerre totale à Gaza pour cibler le groupe terroriste.

« Israël aurait pu riposter par des frappes chirurgicales contre le Hamas, mais ce n’est pas ce que nous voyons aujourd’hui. Nous assistons à une guerre qui n’est pas menée de manière défensive », a ajouté Rania.

La guerre a éclaté lorsque des terroristes dirigés par le Hamas ont pris d’assaut le sud d’Israël le 7 octobre, tuant près de 1 200 personnes, principalement des civils, tout en prenant 252 otages de tous âges, en commettant de nombreuses atrocités et en utilisant la violence sexuelle comme arme à grande échelle. 129 d’entre eux seraient encore en captivité, mais pas tous en vie.

Israël a répondu à cette attaque, la plus meurtrière de l’histoire du pays et la pire menée contre des Juifs depuis la Shoah par une opération aérienne suivie d’une incursion terrestre dans la bande de Gaza visant à anéantir le Hamas, à mettre fin à son règne de seize ans à Gaza et à libérer tous les otages.

Plus de 34 600 personnes seraient mortes à Gaza depuis le début de la guerre, selon le ministère de la Santé du Hamas. Les chiffres publiés par le groupe terroriste sont invérifiables, et ils incluraient ses propres terroristes et hommes armés, tués en Israël et à Gaza, et les civils tués par les centaines de roquettes tirées par les groupes terroristes qui retombent à l’intérieur de la bande de Gaza. Tsahal dit avoir éliminé 13 000 terroristes palestiniens dans la bande de Gaza, en plus d’un millier de terroristes qui ont pris d’assaut Israël le 7 octobre.

La manière dont la guerre est menée contre le Hamas est le résultat d’une politique de « déshumanisation » des Palestiniens qui dure depuis des dizaines d’années, a accusé Rania, qui a déclaré à CBS qu’Israël avait « emmuré les Palestiniens hors de vue et hors de l’esprit ».

« Je parle d’une culture profonde, d’une perspective omniprésente sur les Palestiniens, qui dit que les Palestiniens sont des sous-hommes, qu’ils sont violents à cause de quelque chose d’intrinsèque en eux », a-t-elle affirmé.

Réduire les Palestiniens à des personnes qui ne sont « pas morales comme nous » est ce qui permet à Israël de leur « infliger de la douleur et de la souffrance », a estimé Rania, avertissant que « la déshumanisation fonctionne dans les deux sens ».

« Lorsque vous perdez votre capacité d’empathie envers l’autre partie, vous vous endurcissez vous-même, cela dégrade votre propre humanité », a-t-elle poursuivi, soulignant à nouveau qu’il est incorrect de supposer que « les Palestiniens ne comprennent que le langage de la violence et de la force ».

Des pancartes anti-Israël au campement illégal de tentes sur le campus de l’Université George Washington, à Washington, le 2 mai 2024. (Crédit : Tani Levitt)

À la suite des massacres du 7 octobre, la rhétorique anti-palestinienne a occupé une place importante dans certains espaces de droite, et notamment dans la sphère politique. En novembre, le ministre des Finances Bezalel Smotrich, chef du parti d’extrême-droite HaTzionout HaDatit, avait affirmé qu’il y avait « deux millions de nazis » en Cisjordanie, tandis que le député Amichaï Eliyahu (Otzma Yehudit), avait répondu lors d’une interview que larguer « une sorte de bombe nucléaire sur Gaza » pourrait être une option.

Des efforts concertés ont également été déployés par des groupes de droite pour empêcher l’aide humanitaire d’entrer dans l’enclave, les militants affirmant qu’Israël ne fait que fournir une assistance au groupe terroriste. Ils affirment également que l’aide ne devrait pas être acheminée à Gaza tant que les otages israéliens y sont encore retenus.

S’intéressant à l’éruption de l’activisme pro-palestinien et anti-Israël sur les campus universitaires américains au cours des dernières semaines, Rania a rejeté l’idée que ces manifestations étaient de nature antisémite, même si de nombreuses vidéos et photos ont montré des manifestants tenant des propos antisémites ou arborant des pancartes portant des slogans antisémites.

« L’antisémitisme, c’est la persécution ou la discrimination d’une personne en raison de son identité juive », a déclaré la reine de Jordanie, qualifiant l’antisémitisme de « pire forme de sectarisme » et de « haine pure ».

« Israël est un État. Il a une politique et des partis politiques. On peut donc critiquer l’État d’Israël, mais ce n’est pas nécessairement de l’antisémitisme », a-t-elle déclaré, soulignant qu’il serait erroné de tenir la communauté juive pour responsable des actions ou des politiques d’Israël.

Bien qu’elle fasse la distinction entre les actions anti-Israël et l’antisémitisme, Rania a reconnu le niveau sans précédent de l’antisémitisme à la suite de la guerre à Gaza. Les étudiants américains ont le droit de protester, mais en même temps, « il est important que les étudiants respectent les règles du campus », a-t-elle affirmé.

« Il y a une montée de l’antisémitisme et il est inacceptable qu’un étudiant se sente en danger sur le campus. Cela dit, les émotions sont vives et je pense que les gens perdent de vue ce que ces étudiants contestent. »

« Pour eux, la question de Gaza et du conflit palestinien relève davantage de la justice sociale. Ils défendent les droits de l’Homme, le droit international et les principes qui le sous-tendent. Ils défendent l’avenir dont ils vont hériter », a ajouté Rania, affirmant que “la grande majorité de ces manifestations se veulent pacifiques, elles ne veulent pas être destructrices”.

« Je pense qu’il est inexact de peindre tous ces étudiants et toutes ces manifestations avec un pinceau large et de les vilipender comme étant pro-Hamas, pro-terrorisme ou antisémites. »

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