La Russie rejetterait le rapport d’Israël sur l’avion abattu – média libanais
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La Russie rejetterait le rapport d’Israël sur l’avion abattu – média libanais

Un rapport non-sourcé paru sur le site Al-Mayadeen a affirmé que Moscou a redemandé une enquête sur la destruction d'un avion de reconnaissance russe

Une photo prise le 23 juillet 2006 montre un avion russe de type  IL-20M (Ilyushin 20m) atterrissant dans un lieu inconnu (Crédit : AFP PHOTO / Nikita SHCHYUKIN)
Une photo prise le 23 juillet 2006 montre un avion russe de type IL-20M (Ilyushin 20m) atterrissant dans un lieu inconnu (Crédit : AFP PHOTO / Nikita SHCHYUKIN)

Un média libanais étroitement lié au groupe terroriste du Hezbollah a affirmé vendredi que la Russie a rejeté les conclusions d’une enquête préliminaire israélienne portant sur l’abattage par une batterie antiaérienne syrienne d’un avion de surveillance russe qui survolait la côte syrienne, lundi soir.

Cet article qui n’a pas fait part de ses sources a donné comme preuve l’absence d’accord explicite des Russes donné aux conclusions tirées par Israël. Il s’interroge également sur un changement potentiel de politique de Moscou, qui pourrait vouloir limiter la liberté d’opération d’Israël dans le ciel syrien.

Une délégation de l’armée israélienne dirigée par le chef des forces aériennes israéliennes, le général de division Amikam Norkin, s’est rendue à Moscou jeudi pour présenter les conclusions de l’armée sur l’incident de lundi – au cours duquel un missile de la défense antiaérienne syrienne S-200 a abattu l’avion russe alors qu’il avait apparemment pris pour cible un jet israélien qui menait une frappe contre une structure syrienne qui, selon l’armée israélienne, était impliquée dans le transfert d’armements avancés au Hezbollah.

Le ministère russe des Affaires étrangères a vivement recommandé « des enquêtes et des explications supplémentaires de la part d’Israël », selon un communiqué de l’agence russe Interfax paru jeudi.

Il a également indiqué que « de nouvelles informations » sur l’incident « émergeront bientôt », sans donner davantage de détails.

Le ministère russe des Affaires étrangères a attribué partiellement la responsabilité de l’incident à Israël, le qualifiant de « provocation », même si le président Vladimir Poutine a absous mardi d’Etat juif de toute responsabilité directe en évoquant un « enchaînement de circonstances accidentelles tragiques », tandis qu’Israël a exprimé son chagrin pour la mort de l’équipage russe tout en maintenant que la Syrie était à blâmer en raison de ses tirs « indiscriminés » face aux frappes israéliennes.

Jeudi, Poutine s’est entretenu avec la vice-présidente de la Knesset israélienne, la députée du parti Koulanou Tali Ploskov, qui se trouvait à St-Petersbourg pour une conférence sur les femmes leaders en Europe et en Asie, a fait savoir Ynet. Ils auraient évoqué l’abattage de l’avion et Poutine aurait dit à Ploskov qu’il y avait eu « de nombreuses erreurs » ayant précédé l’incident.

Selon des articles parus dans les médias en hébreu qui auraient repris des informations livrées par Ploskov, Poutine lui aurait dit qu’il espérait que la destruction de l’avion ferait l’objet d’une enquête totale de la part de l’Etat juif.

Selon un communiqué du bureau du Premier ministre israélien paru jeudi, Norkin et son équipe ont présenté présenté aux responsables russes « un aperçu complet de l’événement et de tous ses aspects, y compris les renseignements [qui ont mené aux tirs] et les principales conclusions de l’enquête interne de l’armée israélienne, ainsi que les preuves des efforts de l’Iran visant à fournir des armes stratégiques au Hezbollah et à s’établir en Syrie ».

La photo avant/après d’un dépôt d’armes qui a été détruit lors d’une frappe israélienne sur une base syrienne à Latakia, le 18 septembre 2018 (Crédit : ImageSat International (ISI/Ynet)

Selon l’armée, qui a pris l’initiative rare, mardi, de donner des détails sur cette attaque, des avions de combat israéliens F-16 ont mené un raid aérien contre une installation d’armement syrienne située près de la ville de Latakia, sur la côte ouest du pays, lundi soir.

Selon les militaires, les armes qui se trouvaient sur le site devaient être remises aux forces liées à l’Iran et au Hezbollah, ce qu’Israël a juré d’empêcher.

Au cours de l’attaque, les défenses aériennes syriennes ont tiré sur les avions et les missiles entrants. Selon Israël, cette attaque s’est poursuivie après le départ des chasseurs israéliens. C’est à ce moment-là que l’avion espion russe, avec 15 personnes à bord, aurait été abattu.

Israël et la Russie entretiennent une étroite coordination concernant leurs activités à l’intérieur et à l’extérieur de la Syrie afin d’éviter de tels incidents. L’armée israélienne maintient qu’elle avait prévenu la Russie à l’avance, alors que Moscou a déclaré qu’elle avait reçu une notification « moins d’une minute » avant l’attaque israélienne, l’empêchant de mettre ses troupes à l’abri de tout danger.

L’armée russe et le ministre de la Défense ont d’abord accusé les pilotes israéliens d’avoir utilisé l’avion de reconnaissance IL-20 comme une « couverture » lors de leur attaque et ont déclaré que Moscou se réservait le droit de répondre à cette action israélienne.

Après une série de discussions entre hauts responsables israéliens et russes, le président russe Vladmir Poutine a déclaré qu’il n’avait pas accusé Israël d’avoir abattu l’avion espion mais qu’il l’avait plutôt accusé d’avoir mis en place un « enchaînement de circonstances accidentelles tragiques ».

Le président russe Vladimir Poutine (à droite) avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, au Kremlin à Moscou, le 9 mai 2018. (Crédit : SERGEI ILNITSKY/AFP)

Le ministre de la Défense Avigdor Liberman a déclaré qu’Israël coopérerait pleinement avec la Russie dans l’enquête.

« Nous sommes ouverts aux Russes et sommes prêts à leur présenter toutes nos informations. Nous n’avons rien à cacher. Nous avons agi comme nous agissons toujours », a-t-il déclaré.

Judah Ari Gross a contribué à cet article.

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