Rechercher

La Russie se dit « déçue » par les récentes déclarations israéliennes

Le vice-ministre des Affaires étrangères russe a déclaré que Moscou attendait de Jérusalem une approche "équilibrée et objective" de la guerre en Ukraine

Lazar Berman est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Mikhail Bogdanov. (Crédit: Capture d'écran vidéo)
Le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Mikhail Bogdanov. (Crédit: Capture d'écran vidéo)

Le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Mikhaïl Bogdanov, a déclaré jeudi que Moscou était déçu par les récentes déclarations « anti-russes » de responsables israéliens.

« Bien sûr, nous avons été un peu déçus par de telles déclarations anti-russes de la part d’un certain nombre de responsables en Israël, car cela ne correspond pas à la nature des relations traditionnellement amicales que nous construisons depuis 30 ans, depuis la fin des années 1980 », a déclaré Bogdanov en réponse à une question de l’agence de presse russe TASS.

Le vice-ministre a fait ses commentaires en marge du sommet « Russia – Islamic World : KazanSummit 2022 » qui s’est tenu dans la république russe du Tatarstan.

Bogdanov a ajouté qu’il s’attendait à ce qu’Israël « adopte une position plus équilibrée et plus objective » sur la guerre en Ukraine, selon TASS.

Il a également souligné que la Russie chérissait la nature particulière des relations avec Israël, notamment en lien avec le souvenir de la Seconde Guerre mondiale. « À cet égard, nous avons des positions communes, et nous célébrons le jour de la Victoire le 9 mai, contrairement à de nombreux pays occidentaux. »

L’ambassade de Russie à Tel Aviv a refusé de commenter la déclaration.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky, le Premier ministre israélien Naftali Bennett et le président russe Vladimir Poutine. (Crédit : AP)

Les relations entre Moscou et Jérusalem ont été particulièrement tendues ces dernières semaines. Israël s’est efforcé de marcher sur une corde raide entre Moscou et Kiev, mais s’est récemment montré plus critique à l’égard de la Russie à mesure que des preuves d’atrocités commises par les Russes et une rhétorique antisémite croissante de la part des dirigeants russes sont apparues.

Début mai, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergey Lavrov, a affirmé que « Hitler avait aussi du sang juif » et que « certains des pires antisémites étaient des Juifs ». Quelques jours plus tard, le ministère russe des Affaires étrangères a réitéré ces propos, affirmant que les Juifs avaient coopéré avec les nazis et qu’Israël soutenait le « régime néo-nazi » en Ukraine.

La semaine dernière, l’envoyé russe en Israël, Anatoly Viktorov, a quitté un événement de la Knesset commémorant le Jour de la Victoire après que les législateurs ont critiqué Moscou pour son invasion de l’Ukraine.

Les systèmes de missiles de défense aérienne russes S-300 pendant le défilé militaire du Jour de la Victoire marquant les 71 ans de la victoire dans la Seconde Guerre mondiale sur la Place Rouge à Moscou, en Russie, le 9 mai 2016. (Crédit : AP Photo/Alexander Zemlianichenko, File)

Dans la nuit de vendredi à samedi dernier, alors que des jets israéliens ciblaient le nord-ouest de la Syrie, les forces russes auraient ouvert le feu avec des missiles anti-aériens avancés S-300.

Quelques jours plus tard, Israël a envoyé à l’Ukraine des casques et des gilets pare-balles qui, selon le ministère de la Défense, seront remis aux forces de secours et aux organisations civiles.

Bogdanov avait déjà convoqué l’ambassadeur d’Israël à Moscou le deuxième jour de l’invasion, lui demandant pourquoi les responsables israéliens exprimaient leur sympathie pour le régime « nazi » de Kiev.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...