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L’administration Biden envisage de prendre la tête de la force de maintien de la paix à Gaza après la guerre

Un responsable américain - situé en-dehors de la bande de Gaza - conseillerait la force de maintien de la paix constituée par l'Égypte, le Maroc et les Émirats arabes unis

Des soldats de Tsahal interviennent à Gaza sur cette photo autorisée, le 17 mai 2024. (Armée israélienne)
Des soldats de Tsahal interviennent à Gaza sur cette photo autorisée, le 17 mai 2024. (Armée israélienne)

Selon une information publiée jeudi, l’administration Biden pourrait approuver la formation d’une force de maintien de la paix palestinienne ou arabe dans la bande de Gaza, dans l’après-guerre, avec pour principal conseiller civil un responsable américain.

Politico a indiqué, en citant quatre membres des autorités américaines familiers de la question, que les États-Unis pensaient jouer un rôle de premier plan dans la reconstruction et la réhabilitation de la bande de Gaza, une fois la guerre Israël/Hamas terminée, et que l’administration Biden travaillait en ce moment pour en définir les contours exacts.

Une des options envisagées est de nommer un responsable américain à un poste de conseiller civil auprès d’une force palestinienne de maintien de la paix. Selon l’information de Politico, les États-Unis tenteraient de convaincre l’Égypte, le Maroc et les Émirats arabes unis de contribuer à cette force, le cas échéant.

Ce conseiller américain ne serait pas implanté à Gaza, ont précisé à Politico ces responsables témoignant sous couvert d’anonymat, car l’administration Biden ne souhaite pas être tenue responsable de la gestion quotidienne de l’enclave palestinienne. Il pourrait de ce fait être basé en Égypte ou en Jordanie.

L’éventualité de la création d’une force de maintien de la paix avait déjà été évoquée dans un document classifié du Département d’État obtenu par Politico en mars dernier.

Selon ce document, la force de maintien de la paix ne devrait pas être « une mission commandée par les États-Unis » car elle « rencontrerait alors probablement une résistance féroce de la part du peuple palestinien, compte tenu du soutien américain à la campagne militaire israélienne à Gaza ».

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à gauche) rencontrant le conseiller américain à la sécurité nationale Jake Sullivan (à droite), à Jérusalem, le 19 mai 2024. (Crédit : Kobi Gideon/GPO)

Le document suggérait que la force, composée d’environ 2 000 Palestiniens et d’un millier de membres issus de pays arabes, ait à sa tête un « officier supérieur qualifié » venu d’Israël, d’Égypte ou d’une Autorité palestinienne réformée.

Toujours selon l’information de Politico, les États-Unis seraient favorables à ce que ce soit l’Égypte qui prenne la tête de cette force, qui devrait être qualifiée de « mission de sécurité ».

L’administration de Gaza dans la période d’après-guerre, souvent qualifiée de question du « jour d’après », est au cœur des discussions stratégiques sur la guerre. Israël ne s’est toujours pas clairement positionné vis-à-vis de ses intentions dans l’après-guerre, ce qui lui a valu de sévères critiques de la part de ses alliés et lui a occasionné des dissensions internes.

En particulier, le Premier ministre Benjamin Netanyahu n’a pas pris d’engagement sur la question, ce qui a amené son ministre de la Défense, Yoav Gallant, à lui demander publiquement, la semaine dernière, d’exclure la possibilité d’une administration militaire ou civile israélienne à Gaza.

Plus tard, le ministre membre du cabinet de guerre Benny Gantz a annoncé que , faute d’un projet clair pour l’après-guerre d’ici le 8 juin prochain, son parti quitterait la coalition.

Le chef d’État-major de Tsahal, Herzi Halevi, aurait également reproché à Netanyahu lors de consultations sur la sécurité en début de mois, de ne pas avoir élaboré ni annoncé de stratégie pour l’avenir.

Gallant et Gantz, tous deux généraux à la retraite, craignent une réoccupation prolongée et coûteuse de Gaza, d’où Israël a retiré ses soldats et résidents d’implantation en 2005. Ils sont également opposés à un retrait qui laisserait le Hamas aux commandes ou conduirait à la création d’un État palestinien.

Le ministre de la Défense Yoav Gallant, au centre, et le ministre Benny Gantz, à droite avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu à gauche, lors d’une conférence de presse conjointe organisée au ministère de la Défense, à Tel Aviv, le 11 novembre 2023. (Crédit :
Marc Israel Sellem/POOL)

Les membres d’extrême droite de la coalition gouvernementale de Netanyahu, qui sont les artisans de son maintien au pouvoir, souhaitent une occupation permanente, « l’émigration volontaire » d’un grand nombre de Palestiniens et le rétablissements d’implantations juives à Gaza.

La plupart des Israéliens y sont opposés, par ailleurs bien conscients des coûts faramineux liés au stationnement de milliers de soldats sur un territoire qui compte 2,3 millions de Palestiniens.

En tant que puissance occupante, Israël serait probablement tenu responsable de la fourniture de services, notamment de santé et d’éducation. On ignore dans quelle mesure des donateurs internationaux interviendraient pour financer la reconstruction dans le contexte des hostilités actuelles.

Il n’y aurait pas davantage de garanties qu’une telle occupation aurait pour effet d’évincer le Hamas.

Netanyahu a déclaré qu’Israël conserverait le contrôle de la sécurité de Gaza mais déléguerait l’administration civile à des Palestiniens non affiliés au Hamas ou à une Autorité palestinienne soutenue par l’Occident et qui gouverne certaines parties de la Cisjordanie. Il a suggéré que les pays arabes – entre autres – prêtent leur concours pour les questions de gouvernance et de reconstruction, mais aucun ne se manifestera tant qu’Israël gardera le contrôle militaire de Gaza.

Selon un projet alternatif, une Autorité palestinienne réformée pourrait gouverner Gaza avec l’aide de pays arabes et musulmans – dont l’Arabie saoudite, qui normaliserait ses relations avec Israël en échange d’un pacte de défense américain et aiderait à la construction d’un programme nucléaire civil -.

Le soutien des États-Unis et de l’Arabie saoudite dépend de la crédibilité de l’engagement d’Israël sur la voie d’un État palestinien, perspective très improbable étant donné la composition actuelle du gouvernement israélien.

Un Palestinien et ses enfants assis dans une pièce détruite d’un bâtiment lourdement endommagé, par une frappe aérienne imputée à Israël, à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 22 mai 2024. (Crédit : Eyad al-Baba/AFP)

Le Hamas a proposé un accord progressif au terme duquel il libérerait la totalité des otages israéliens en échange de centaines de prisonniers palestiniens – y compris d’importants terroristes condamnés pour avoir tué des Israéliens – et du retrait des forces israéliennes de Gaza, d’un long cessez-le-feu et de la reconstruction de l’enclave. Cet accord permettrait au Hamas de se maintenir à la tête de Gaza et, accessoirement, de rétablir ses capacités militaires.

La guerre a éclaté le 7 octobre, lorsque les terroristes du Hamas ont lancé une attaque transfrontalière surprise, qui a coûté la vie à 1 200 personnes, principalement des civils, et fait 252 otages.

Selon le ministère de la Santé de Gaza, dirigé par le Hamas, 35 000 personnes au moins sont mortes ou présumées mortes dans la bande de Gaza depuis le début de l’offensive israélienne qui s’en est suivie, les hôpitaux faisant eux état de 24 000 morts. Les bilans, qui ne peuvent être vérifiés, incluent 15 000 terroristes dont Israël revendique la mort lors des combats.

Israël revendique par ailleurs la mort d’un millier de terroristes sur son sol dans la journée du 7 octobre.

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