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Lapid dévoile la liste de Yesh Atid et condamne l’accord du Likud avec les Haredim

Le Premier ministre assure que la plupart des 26 députés en exercice figurent en bonne place sur la liste. Il accuse Netanyahu de brader l’avenir des enfants haredim

Carrie Keller-Lynn est la correspondante politique et juridique du Times of Israël.

Le Premier ministre Yair Lapid pose avec les candidats de son parti Yesh Atid, à Tel Aviv, le 13 septembre 2022. (Crédit : Gideon Markowicz/Flash90)
Le Premier ministre Yair Lapid pose avec les candidats de son parti Yesh Atid, à Tel Aviv, le 13 septembre 2022. (Crédit : Gideon Markowicz/Flash90)

Yesh Atid a dévoilé, mardi, sa liste officielle de candidats en vue des élections. La plupart des 26 députés, ministres et sous-ministres en exercice figurent en bonne place, alors que le parti est crédité de 23 sièges lors du prochain scrutin.

Les nouveaux venus éligibles sont Michal Shir, qui a démissionné de son siège à la Knesset pour quitter Tikva Hadasha et se présenter sous l’étiquette Yesh Atid, en 13e place, la cheffe du conseil régional de Yoav Matti Sarfatti Harcavi, en 18e position et l’avocate Debbie Biton, en 21e position.

Le parti n’est pas parvenu à rallier d’autres personnalités publiques de premier plan après le départ de l’ex-chef d’état-major de Tsahal, Gadi Eisenkot, pour le parti HaMahane HaMamlahti du ministre de la Défense, Benny Gantz.

Ces trois nouveaux visages portent à neuf le nombre de femmes à des postes d’éligibilité, soit un peu plus que les huit femmes députées et ministres actuelles du parti, et à 30 le nombre attendu de femmes élues à la 25e Knesset.

Ce nombre est susceptible de varier avec le décompte final des votes et la possibilité de nommer d’autres députés, en remplacement de ministres nommés, en vertu de la loi dite « norvégienne ». Il est toutefois inférieur aux 36 députées et 9 ministres actuelles, ce qui n’a pas manqué de déclencher un débat public sur la représentation politique des femmes.

Derrière le chef du parti, Yair Lapid, figurant en première place sur la liste, se trouvent dans les sept premières places les ministres Orna Barbivai, Meir Cohen, Karin Elharrar, Meirav Cohen, Yoel Razvozov et Elazar Stern.

Le Premier ministre et chef du parti Yesh Atid, Yair Lapid, entouré des femmes députées et ministres de son parti lors d’un événement de campagne électorale à Tel-Aviv, le 8 septembre 2022. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Le président de la Knesset, Mickey Levy, figure en huitième position, suivi de la cheffe de la commission de la Sécurité publique, Merav Ben Ari, du président de la commission des Affaires étrangères et de la Défense, Ram Ben Barak, du vice-ministre de la Sécurité publique, Yoav Segalovitz et du président de la coalition et président du parti, Boaz Toporovsky, en 12e position.

Plus bas dans la liste, en 29e position, se trouve un nouveau venu, Mohammed Elhega, militant musulman chargé des relations du parti auprès des électeurs arabes.

Bien que Lapid ait présenté sa liste comme celle d’un « parti au pouvoir », les sondages indiquent que le Premier ministre par intérim aura du mal à obtenir la majorité de 61 sièges à la Knesset nécessaire pour établir dès cet automne un nouveau gouvernement.

Un événement de campagne de Yesh Atid à Tel Aviv, présentant la liste du parti pour les prochaines élections, le 13 septembre 2022. (Crédit : Gideon Markowicz/Flash90)

Son principal rival, le chef du Likud Benjamin Netanyahu, a d’ailleurs conclu un accord, cette semaine, pour renforcer son bloc en colmatant une brèche dans l’alliance ashkénaze haredite Yahadout HaTorah.

Par cet accord fustigé par l’opposition, Netanyahu s’engage à financer les écoles Haredim sans obligation de mettre en œuvre le programme de base, pourtant imposée par le ministère de l’Éducation. Lapid a fermement condamné cette décision, affirmant que le fait de ne pas appliquer le programme de base obérait l’avenir des enfants haredim pour de sombres considérations politiques.

Le Premier ministre et chef du parti Yesh Atid, Yair Lapid, prend la parole lors d’un événement de campagne électorale à Tel-Aviv, le 8 septembre 2022. (Crédit :Avshalom Sassoni/Flash90)

« Nous devons nous assurer que chaque enfant en Israël apprenne les mathématiques, l’anglais et l’hébreu. Les études de base sont l’avenir de ce pays. Il y a là une opportunité historique d’intégrer les ultra-orthodoxes sur le marché de l’emploi. Ce que fait Netanyahu – qui consiste à hypothéquer l’avenir de ces enfants pour obtenir un accord politique – est profondément irresponsable. Ça ne marchera pas, nous l’en empêcherons », a déclaré Lapid lors de son événement de campagne, mardi.

Le Likud a rapidement répondu que « cela ne changerait rien aux enseignements de base », assurant que l’accord garantissait le statu quo en vertu duquel « ceux qui étudiaient ce programme continueraient à le faire ».

Environ 60 % des enfants Haredim n’étudient pas le programme de base dans sa totalité, certaines écoles n’enseignant que la moitié des matières prévues.

Lapid et Netanyahu ont également exprimé des vues contraires sur un éventuel retour à l’accord nucléaire avec l’Iran, destiné à empêcher le régime fondamentaliste islamique de se doter de l’arme nucléaire.

Israël estime qu’un tel accord ne suffirait pas à empêcher les activités malveillantes de Téhéran et libérerait des fonds gelés que l’Iran pourrait utiliser pour soutenir ses alliés dans la région.

De nouvelles sources indiquent que les tentatives de relance de l’accord sont à nouveau au point mort et Lapid n’a pas hésité à déclarer que son action discrète en coulisses avait porté ses fruits.

« Nous avons réussi – au moins à court terme, je le dis avec prudence – à bloquer l’accord nucléaire avec l’Iran parce que nous avons uni nos forces et fait en sorte que tout le monde se coordonne », a déclaré Lapid.

Par le passé, Netanyahu avait adopté une tactique diamétralement opposée, choisissant de déclencher une guerre de l’opinion publique au sein de la population américaine, en prononçant un discours devant le Congrès en mars 2015.

Ses tentatives ont eu de lourdes conséquences sur la qualité des relations américano-israéliennes, sans pour autant empêcher la signature de l’accord, cette même année.

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