L’armée envoie des renforts dans le nord par crainte d’une attaque du Hezbollah
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L’armée envoie des renforts dans le nord par crainte d’une attaque du Hezbollah

Cette décision fait suite à l'accusation du groupe terroriste selon laquelle Tsahal aurait tué un de ses combattants lors d'un raid aérien en dehors de Damas en début de semaine

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Des soldats israéliens se tiennent à proximité d'unités d'artillerie déployées près de la frontière libanaise à l'extérieur de la ville de Kiryat Shmona, au nord du pays, le 1er septembre 2019. (Basel Awidat/Flash90)
Des soldats israéliens se tiennent à proximité d'unités d'artillerie déployées près de la frontière libanaise à l'extérieur de la ville de Kiryat Shmona, au nord du pays, le 1er septembre 2019. (Basel Awidat/Flash90)

L’armée israélienne a annoncé jeudi l’envoi de renforts à la frontière nord, sous la menace de représailles du groupe terroriste libanais Hezbollah après la mort d’un de ses combattants en Syrie au début de la semaine.

« Suite à une évaluation de la situation qui a eu lieu au sein de l’armée, il a été décidé d’envoyer un renfort ponctuel de troupes d’infanterie au Commandement du Nord », indique l’armée.

Jeudi également, des sources proches du Hezbollah ont déclaré au journal Asharq al-Awsat, basé à Londres, que le groupe terroriste réagirait probablement à la mort de son combattant lundi soir.

Un porte-parole de Tsahal a précisé que le renforcement consistait en un bataillon – le 13e bataillon de la Brigade Golani – et un petit nombre de troupes supplémentaires, envoyées à la Division Galilée du Commandement Nord.

Ali Kamel Mohsen Jawad, un membre du groupe terroriste Hezbollah, lequel affirme qu’il a été tué par une frappe aérienne, le 20 juillet 2020. (Crédit : média du Hezbollah)

Cette décision a été prise deux jours après que le Hezbollah a accusé Israël d’avoir tué un de ses membres – Ali Kamel Mohsen Jawad – lors d’un raid aérien au sud de Damas lundi soir, soulevant ainsi la possibilité de représailles contre l’État juif.

En réponse à l’annonce du groupe terroriste concernant la mort de Jawad, l’armée israélienne et le Hezbollah sont tous deux passés en état d’alerte maximale le long de la frontière, selon les médias des deux côtés de la frontière.

Dans le passé, le Hezbollah a exercé des représailles pour la mort confirmée de ses membres aux mains d’Israël en lançant des attaques contre l’État juif, généralement le long de la frontière israélo-libanaise.

Un tel échange s’est produit en août dernier, lorsque l’armée israélienne a tué deux membres du Hezbollah qui, selon les militaires, participaient à une opération menée par l’Iran dans le sud de la Syrie, qui visait à attaquer des positions frontalières de l’armée avec des drones armés.

« Si Israël tue l’un de nos membres en Syrie, nous répondrons depuis le Liban et non dans les fermes de Chebaa, et nous disons à l’armée israélienne à la frontière d’être très prudente et de nous attendre », avait alors menacé le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah.

Un homme tient un débris de missile anti-char lancé par le Hezbollah depuis le Liban, près du moshav Avivim, au nord d’Israël, le 1er septembre 2019. (Crédit :David Cohen/Flash90)

Quelques jours plus tard, en réponse à leur mort – ainsi qu’à une prétendue attaque de drones israéliens à Beyrouth qui s’est produite la même nuit – le Hezbollah avait tiré trois missiles guidés antichars sur des cibles militaires israéliennes le long de la frontière libanaise, manquant de peu une ambulance blindée de l’armée israélienne avec cinq soldats à l’intérieur.

Jeudi, des sources « familières avec les opinions du Hezbollah » ont fait savoir à Asharq Al-Awsat que le groupe terroriste respectait la même « équation établie par Nasrallah l’année dernière » concernant des représailles lorsqu’un de ses combattants est tué en Syrie.

La frappe aérienne attribuée à Israël lundi soir a touché des dépôts d’armes et des positions militaires appartenant aux forces du régime syrien et aux combattants de la milice soutenue par l’Iran, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH).

L’OSDH a rapporté que les bombardements aériens avaient causé plusieurs explosions autour de la ville de Kiswah, une zone qui a longtemps été associée au Corps des gardiens de la révolution islamique d’Iran.

L’attaque se serait produite en deux vagues. Le service d’information de Reuters a indiqué que l’attaque avait touché des cibles dans les villes de Jabal al Mane, Muqaylabiya et Zakiya, causant « d’énormes explosions » et tuant prétendument des employés iraniens.

De la fumée suite à une prétendue frappe aérienne israélienne visant le sud de Damas, en Syrie, le 20 juillet 2020. (AFP)

Reuters a cité un analyste syrien ayant des sources sur le terrain, nommé Zaid al Reys, qui a affirmé que la cible de l’attaque était un « grand dépôt de munitions ».

Israël a lancé des centaines de frappes en Syrie depuis le début de la guerre civile en 2011. Il a ciblé les troupes gouvernementales, les forces alliées iraniennes et les combattants du groupe terroriste chiite libanais Hezbollah.

Il confirme rarement les détails de ses opérations en Syrie, mais affirme que la présence de l’Iran en soutien au président Bachar Assad et au Hezbollah constitue une menace et qu’il poursuivra ses frappes.

L’attaque de lundi est survenue une semaine et demie après que l’Iran et la Syrie ont signé un accord qui verrait Téhéran améliorer les défenses aériennes de l’armée syrienne, apparemment en réponse aux raids aériens israéliens en cours dans le pays.

C’est la première frappe en Syrie à être attribuée à Israël depuis juin, lorsque l’OSDH a déclaré que neuf combattants avaient péri dans des frappes aériennes visant des positions de milices soutenues par l’Iran près de la frontière irakienne. Ces frappes ont eu lieu quelques heures après qu’un raid similaire a tué six autres combattants soutenus par Téhéran.

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