L’armée travaille 24h/24 pour consolider les défenses “insuffisantes” à la frontière libanaise
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L’armée travaille 24h/24 pour consolider les défenses “insuffisantes” à la frontière libanaise

Les ingénieurs combattants fabriquent des murs et des barrières et créent des falaises pour protéger les communautés israéliennes des attaques du Hezbollah

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Des soldats israéliens installent des sections de mur près de la frontière du Liban, au kibboutz Misgav Am, le 20 avril 2016. (Crédit : capture d'écran Deuxième chaîne)
Des soldats israéliens installent des sections de mur près de la frontière du Liban, au kibboutz Misgav Am, le 20 avril 2016. (Crédit : capture d'écran Deuxième chaîne)

Dans les deux prochaines années, la frontière d’Israël avec le Liban sera entièrement différente de ce à quoi elle ressemble aujourd’hui, avec des mesures de sécurité renforcées autour des communautés les plus au nord du pays, notamment avec des modifications de la topographie elle-même, a déclaré un haut gradé militaire.

« Ce que nous avions jusqu’à présent était une barrière insuffisante », a déclaré mardi l’officier au Times of Israël. « Nous avons besoin d’une barrière sérieuse qui empêche quiconque de s’infiltrer et d’entrer dans nos communautés et notre territoire. »

Le projet de renforcement de la barrière de sécurité existante continuera pendant plusieurs années pour sécuriser efficacement la région, mais la plupart du travail sera achevée dans les deux prochaines années, selon l’officier du commandement du Nord de l’armée israélienne.

La nouvelle protection de la frontière est conçue pour empêcher le Hezbollah ou un autre groupe terroriste de s’infiltrer en Israël pour mener des attaques contre des civils et des soldats.

Hassan Nasrallah à la procession de l'Achoura à Beyrouth le 3 novembre 2014 (Crédit photo: AFP / STR)
Hassan Nasrallah à la procession de l’Achoura à Beyrouth le 3 novembre 2014 (Crédit photo: AFP / STR)

« Nous prenons les déclarations de nos ennemis au sérieux. [Le dirigeant du Hezbollah Hassan] Nasrallah dit régulièrement à la presse : ‘nous allons conquérir la Galilée’, et des choses comme ça. Nous prenons ça au sérieux », a-t-il déclaré depuis les quartiers généraux du commandement du nord à Safed.

En raison de la sensibilité de ce poste, l’officier a demandé à ne pas être identifié.

« Dans le passé, nous avons regardé le plateau du Golan et vu l’armée syrienne et le régime d’Assad, donc nous avons construit une barrière ‘glorieuse’, avec des tranchées et des mines. Mais sur le front libanais, nous ne l’avons pas fait », a-t-il dit.

La décision de changer cette situation a été prise après la deuxième guerre du Liban, en 2006, contre le Hezbollah. Elle n’est pas la conséquence d’un incident en particulier pendant le conflit, a souligné l’officier, mais un changement général d’état d’esprit qui a augmenté l’attention aux menaces venues du Liban au sein de l’armée israélienne.

Cet effort pour consolider la frontière, qui a battu son plein il y a environ deux ans, fait partie d’un plus large programme du Corps de l’ingénierie combattante dont le nom est clair, « Organisation de la région pour la guerre ». Ce programme comprend à la fois la construction des obstacles physiques et des entraînements pour un éventuel futur conflit au Liban, selon le militaire.

La frontière a été relativement calme l’année dernière. En janvier, quand le terroriste du Hezbollah Samir Kuntar a été tué par une frappe attribuée à Israël, le groupe a fait exploser une bombe près d’un véhicule militaire israélien, ce qui a entraîné des dommages matériels mais aucun blessé parmi les soldats.

Le ministre de la Défense Avigdor Liberman visite la frontière nord d'Israël, le 7 juin 2016. (Crédit : Ariel Hermoni/ministère de la Défense)
Le ministre de la Défense Avigdor Liberman visite la frontière nord d’Israël, le 7 juin 2016. (Crédit : Ariel Hermoni/ministère de la Défense)

« Nous n’avons pas d’autre projet que de maintenir le calme, et j’espère que chacun comprend bien cela, y compris nos voisins », a déclaré mardi le ministre de la Défense Avigdor Liberman au sujet de la frontière nord.

« Mais dans tous les cas, je ne recommande à personne de nous tester », a-t-il ajouté.

Jusqu’à présent, l’équipe des ingénieurs combattants a complété « des dizaines de kilomètres de clôtures, des kilomètres de murs ont été construits, des kilomètres de falaises ont été taillés [dans les montagnes] », a-t-il déclaré, mais il y a toujours « un long chemin à parcourir ».

‘Il y a des endroits où ils travaillent 24h/24 et 7j/7 – jours, nuits et week-ends’

« Aujourd’hui, il y a environ 100 véhicules d’ingénierie à la frontière qui travaillent à chaque moment. C’est un nombre dément, quelque chose que nous n’avons pas vu depuis des années », a-t-il déclaré.

« Nous avons un proverbe : aucun bulldozer n’est inoccupé, a déclaré le militaire. Il y a des endroits où ils travaillent 24h/24 et 7j/7 – jours, nuits et week-ends. »

Comme la construction a lieu à proximité de la Ligne bleue, la frontière toujours contentieuse mais largement acceptée entre Israël et le Liban, l’armée israélienne coordonne ses efforts avec la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL), qui est censée empêcher des incompréhensions et des conflits entre les deux armées.

La frontière entre Israël et le Liban, vue depuis la Galilée occidentale, en Israël, le 25 avril 2015. (Crédit : Nati Shohat/Flash90)
La frontière entre Israël et le Liban, vue depuis la Galilée occidentale, en Israël, le 25 avril 2015. (Crédit : Nati Shohat/Flash90)

Cela ne fonctionne pas toujours. En 2010, le lieutenant colonel Dov Harari avait été tué par un sniper de l’armée libanaise pendant qu’il dirigeait une équipe de soldats effectuant des travaux de maintenance sur le côté israélien de la frontière.

« D’un côté, tout est coordonné. Mais nous ne voyons pas la FINUL comme quelque chose qui est conçue pour nous protéger. Nous savons plutôt bien comment nous protéger nous-mêmes », a déclaré l’officier.

Le but de ce projet à long terme est de finalement fournir une sécurité améliorée le long de la centaine de kilomètres de la frontière, de « la mer aux montagnes », de Rosh Hanikra, sur la côte, au plateau du Golan.

Ce remaniement devrait coûter environ un milliard de shekels et est effectué par des équipes d’ingénierie à la fois civiles et militaires, a déclaré le militaire.

« Si nous pouvions le faire uniquement avec des [équipes] militaires, nous le ferions, a-t-il dit. Mais c’est un problème de disponibilité. L’armée israélienne est présente sur quelques autres fronts, vous savez. »

Un nouveau mur près de la frontière du Liban, au kibboutz Misgav Am, à l'ombre d'une position de l'ONU, le 20 avril 2016. (Crédit : capture d'écran Deuxième chaîne)
Un nouveau mur près de la frontière du Liban, au kibboutz Misgav Am, à l’ombre d’une position de l’ONU, le 20 avril 2016. (Crédit : capture d’écran Deuxième chaîne)

Le coût élevé, a-t-il expliqué, provient de la difficulté d’opérer sur le terrain montagneux et caillouteux de la frontière nord.

« Il y a une différence entre placer une clôture dans un endroit plat et placer une clôture dans un endroit où il y a des montagnes, des rochers, des forêts. C’est une opération d’ingénierie difficile. Cela prend du temps. Et cela demande de l’argent », a-t-il déclaré.

« Une clôture dans un endroit plat coûte x ; une clôture dans une zone montagneuse coûte 4 fois x. Ce sont plus ou moins les vrais chiffres », a-t-il ajouté.

Le projet n’est pas mené d’est en ouest, mais plutôt par ordre de vulnérabilité.

« Nous avons étudié la zone et nous sommes demandé : ‘Où sont les points faibles ?’ D’abord et avant tout, ce sont les communautés proches de la frontière, proche du Liban. Donc nous nous occupons d’elles et ensuite du reste de la zone », a-t-il dit.

Metulla offers pastoral ambience away from the bustle of city life. (photo credit: Shmuel Bar-Am)
La communauté de Metulla, voisine de la frontière libanaise d’Israël. (Crédit : Shmuel Bar-Am)

Les ingénieurs de combat du commandement du Nord ont évalué chaque point le long de la frontière et élaboré un plan de sécurité conçu pour ses particularités topographiques spécifiques, a déclaré l’officier.

Par exemple, Metulla, qui est situé juste à côté de la barrière de sécurité et réside dans une plaine complètement ouverte, est déjà protégé par un mur de béton haut de plus de 6 mètres, qui sera encore renforcé.

« Mais il y a des habitations qui sont dans des zones montagneuses, où la solution est des falaises [créées par l’homme] et de dégager des champs », a-t-il dit.

L’armée israélienne change littéralement le paysage, modifiant des sections de montagnes pour créer des falaises raides et impossibles à passer pour que les terroristes ne puissent pas entrer en Israël ou dégager des forêts pour que les infiltrés n’aient pas d’endroit où se cacher.

« Je disais l’autre jour, de l’espace vous pouvez voir la Grande Muraille de Chine, eh bien vous pouvez déjà voir ce que nous faisons sur Google Earth », a déclaré l’officier.

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