Le budget d’Etat soumis à sa première lecture à la Knesset
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Le budget d’Etat soumis à sa première lecture à la Knesset

Des accords ont été conclus mais Meretz et Yamina sont toujours en désaccord sur une réforme ; le budget doit passer en 3 lectures avant le 4 novembre ou la Knesset sera dissoute

Le ministre des Finances Avigdor Liberman et le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid à la Knesset le 13 juin 2021.(Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le ministre des Finances Avigdor Liberman et le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid à la Knesset le 13 juin 2021.(Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le nouveau gouvernement israélien est confronté à l’un de ses plus grands défis, puisqu’il tente d’adopter le budget de l’État en première lecture à la Knesset jeudi, alors que certains partis montrent des signes de dissidence.

Si les deux projets de loi sur le budget ne sont pas adoptés en trois lectures par la plénière de la Knesset avant la date limite du 4 novembre, le Parlement sera automatiquement dissous et des élections seront organisées.

Le budget devra recueillir toutes les voix de la mince coalition pour être adopté, l’opposition d’un seul législateur pouvant le faire tomber. La composition disparate du gouvernement dirigé par le Premier ministre Naftali Bennett – composé de partis de droite, centristes et de gauche – complique l’effort.

Les négociations se sont poursuivies jusqu’au dernier moment, les partis ayant résolu plusieurs désaccords, mais un différend essentiel subsiste entre le parti de gauche Meretz et Yamina de Bennett au sujet d’une réforme réglementaire incluse dans le projet de loi sur les arrangements.

Meretz craint que la réforme, destinée à rationaliser la bureaucratie, ne profite aux entreprises et à l’industrie au détriment de la santé publique et de l’environnement.

Lors de négociations mercredi, le député Meretz Mossi Raz a déclaré qu’il soutenait le projet de loi, mais pas dans sa forme actuelle.

Le député Meretz Mossi Raz à la Knesset le 22 juin 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

La Treizième chaîne a cité des sources de Yamina disant qu’ils restaient sur leurs positions et n’étaient pas prêts à changer un seul mot du projet de loi, même si cela devait entraîner la chute de la coalition.

En réponse, Meretz a publié une déclaration disant que le parti soutenait les législateurs du parti pour « prendre toute mesure qu’ils estiment nécessaire pour parvenir à un accord avec le Trésor, y compris ne pas soutenir le projet de loi sur les arrangements ».

Toutefois, la déclaration appelle les législateurs à poursuivre les négociations « par responsabilité envers l’unité de la coalition ».

Entre-temps, des accords ont été conclus jeudi matin sur deux autres questions problématiques qui menaçaient de faire dérailler le budget.

L’une d’entre elles était une réforme visant à assouplir les restrictions à l’importation de produits agricoles. Les partisans de cette réforme au sein de la coalition – dont Yamina et Yisrael Beytenu – affirment qu’elle fera baisser les prix, tandis que ses détracteurs – dont les Travaillistes et Meretz – affirment qu’elle nuira à l’industrie locale.

Le ministre de l’Agriculture Oded Forer (Yisrael Beytenu) a déclaré que la réforme serait séparée du projet de loi sur les arrangements à la demande des Travaillistes et du Meretz, afin de tenir des discussions avec les représentants des agriculteurs israéliens.

Des agriculteurs bloquent la jonction Bilu dans le cadre des manifestations organisées dans tout le pays contre le projet des ministères des Finances et de l’Agriculture d’ouvrir le marché des fruits et légumes à l’importation, le 29 juillet 2021. (Crédit : Yossi Aloni/Flash90)

Un autre domaine dans lequel des accords ont été conclus est une réforme visant à relever progressivement l’âge de la retraite des femmes de 62 à 65 ans sur une période de 11 ans, à raison de quatre mois par an pendant trois ans, puis de trois mois par an pendant huit ans.

Plusieurs législatrices s’étaient opposées à ce plan et, dans le cadre des accords conclus jeudi, les responsables de la coalition ont accepté de doubler les allocations de travail afin d’encourager la poursuite du travail et de réduire une partie de la bureaucratie nécessaire pour en bénéficier. En outre, des dizaines de millions de shekels ont été alloués pour aider les femmes de plus de 62 ans qui ont cessé de travailler entre 57 et 60 ans.

En début de semaine, le ministre des Finances, Avigdor Liberman, a prédit que les deux projets de loi seraient soutenus par la majorité à la Knesset, bien que le gouvernement de coalition dispose de la majorité la plus mince possible.

« C’est le budget le plus social de l’histoire du pays », a déclaré Liberman.

Il a rejeté tout combat politique possible sur le projet de loi sur les arrangements, qui peut être plus sujet à des disputes partisanes, en disant aux journalistes que les législateurs devront soutenir les deux projets de loi ensemble.

« Ils constituent une seule et même unité ; vous ne pouvez pas voter pour le premier et vous opposer au second », a-t-il déclaré.

Liberman a présenté le plan lors d’un point de presse au cours duquel il a déclaré que le budget de deux ans allouerait 432 milliards de shekels pour 2021 et à 452 milliards de shekels pour 2022.

Le budget de l’État sur deux ans prévoit des réformes radicales de l’établissement de la casheroute et de l’industrie agricole, des taxes élevées sur les articles en plastique jetables et les boissons sucrées, ainsi que des changements considérables dans les politiques d’importation.

Réunion du cabinet pour approuver le budget public, le 2 août 2021. (Crédit : GPO/Amos Ben Gershom)

Dans une contestation supplémentaire du budget, le conseiller juridique de la Knesset, Sagit Afik, a publié un avis critiquant certaines des réformes du projet de loi sur les arrangements.

Afik a déclaré qu’il était problématique de faire passer des réformes d’une telle ampleur dans le projet de loi et non par une législation standard.

Elle a pointé du doigt la réforme réglementaire et certaines parties des plans de réforme de l’agriculture.

Le cabinet a approuvé le budget au début du mois. C’est la première fois qu’un budget est approuvé depuis trois ans, en raison d’une impasse politique qui a finalement abouti à l’installation de la coalition actuelle en juin, après trois campagnes électorales.

Dans le gouvernement précédent, le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait refusé d’adopter un budget, ce qui lui avait permis de convoquer des élections sans que son partenaire de l’époque, le ministre de la Défense Benny Gantz, ne devienne immédiatement Premier ministre de transition selon les termes de leur accord de rotation.

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