Le cabinet de sécurité aurait été informé à 13 reprises sur les tunnels du Hamas
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Le cabinet de sécurité aurait été informé à 13 reprises sur les tunnels du Hamas

Des sources proches de Netanyahu démentent le rapport préliminaire établi par le contrôleur de l’Etat sur la guerre à Gaza, qui affirmerait que les ministres n’auraient pas bénéficié d’informations dans la période qui a précédé le conflit

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu montre au ministre des Affaires étrangères du Japon des cartes retraçant la présence des tunnels terroristes de Gaza en Israël, au cours de sa visite dans le pays le 24 juillet 2014. (Crédit : Haim Zach/GPO)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu montre au ministre des Affaires étrangères du Japon des cartes retraçant la présence des tunnels terroristes de Gaza en Israël, au cours de sa visite dans le pays le 24 juillet 2014. (Crédit : Haim Zach/GPO)

Le cabinet avait été informé de manière répétée de la gravité de la menace posée par les tunnels transfrontaliers du Hamas en amont de la guerre de 2014 à Gaza, ont affirmé des sources proches du Premier ministre Benjamin Netanyahu vendredi, dans le contexte de la parution d’un rapport révisé par le Contrôleur de l’Etat sur ce conflit de 50 jours. Ce rapport clouerait au pilori les hauts-responsables israéliens pour avoir échoué à se préparer au danger de façon appropriée.

“La gravité absolue des tunnels a été présentée lors de 13 réunions de cabinets séparés. Le Premier ministre les avait même désignés comme représentant l’une des quatre menaces stratégiques contre Israël, avec les menaces nucléaires, de missiles et les cyber-attaques », a raconté un officiel sous couvert d’anonymat.

“A cause de cela, on ne peut pas sérieusement statuer que la gravité de ces menaces n’ait pas été présentée au cabinet”, a-t-il indiqué.

Jeudi, la Deuxième chaîne a rapporté qu’une nouvelle version du rapport du Contrôleur de l’Etat Yossef Shapira portant sur la gestion gouvernementale de la guerre de 2014 entre Gaza et Israël intensifie ses critiques de Netanyahu et de l’ancien ministre de la Défense Moshe Yaalon, tout en amenuisant sa désapprobation face à la gestion par l’armée israélienne.

La dernière version de ce qui a été qualifié de dénonciation virulente de l’échec du gouvernement à se préparer de manière appropriée à la menace représentée par les tunnels du Hamas est apparemment un retournement par rapport aux projets précédents, dans lesquels Tsahal s’était taillé la part du lion concernant les échecs opérationnels variés survenus durant ce conflit, même si Netanyahu et Yaalon avaient eux aussi été critiqués.

L'entrée d'un tunnel des terroristes du Hamas et circulant sous la frontière de Gaza et d'Israël le 5 mai 2016 (Crédit : Service de communication de Tsahal)
L’entrée d’un tunnel des terroristes du Hamas et circulant sous la frontière de Gaza et d’Israël le 5 mai 2016 (Crédit : Service de communication de Tsahal)

Un certain nombre de tunnels avaient été utilisés par les terroristes du Hamas pour infiltrer Israël et y mener des attentats meurtriers contre les troupes du pays durant le conflit impliquant la Bande de Gaza pendant l’été 2014.

Durant cette campagne, intitulée « opération Bordure protectrice » en Israël, les forces israéliennes avaient découvert et détruit au moins 34 tunnels, parmi lesquels un grand nombre permettait de pénétrer sur le territoire israélien.

Le rapport de Shapira établit que même si Netanyahu devait prétendre le contraire, le Premier ministre et Yaalon n’avaient pas correctement informé le cabinet chargé de la sécurité du haut niveau de menace représenté par les tunnels, a expliqué la Deuxième chaîne.

Le cabinet n’a été notifié des dangers qu’une semaine avant le début de la guerre, après que le ministre de l’Economie d’alors, Naftali Bennett, a présenté aux ministres les informations et qu’il a offert des solutions possibles afin de désarmer le réseau souterrain, indique le rapport selon la Deuxième chaîne.

Netanyahu a démenti à plusieurs reprises que les membres du cabinet n’étaient pas informés de la menace mais deux de ses plus grands adversaires politiques, Bennett et le leader de Yesh Atid Yair Lapid, qui étaient tous deux membres du cabinet pendant la guerre, n’ont cessé de clamer que le cabinet n’avait pas été suffisamment tenu au courant sur ce sujet.

Selon Haaretz, Yaalon est plus férocement attaqué par le médiateur que le Premier ministre dans cette nouvelle version. La version finale devrait être rendue publique au mois de septembre, selon le quotidien.

Le contrôleur d'Etat Yosef Shapira (à gauche) échange une poignée de main avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à droite) en décembre 2012. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Le contrôleur d’Etat Yosef Shapira (à gauche) échange une poignée de main avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à droite) en décembre 2012. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Dans une initiative inhabituelle, Netanyahu a réclamé une entrevue supplémentaire avec le Contrôleur de l’Etat au mois d’octobre afin de lui présenter des informations qui confirmeraient que le cabinet avait été bien informé. Mais le dernier projet de rapport semble indiquer que Shapira n’a pas été convaincu par le témoignage de Netanyahu.

La deuxième chaîne a également rapporté que la dernière version avait amoindri ses critiques à l’égard de l’armée israélienne, les insuffisances de cette dernière n’étant plus qualifiées de « échecs graves ».

Le chef des services de renseignement d'alors, le  Maj. Gen. Aviv Kochavi lors d'une réunion de la commission à la Knesset le 25 février 2014. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)
Le chef des services de renseignement d’alors, le Maj. Gen. Aviv Kochavi lors d’une réunion de la commission à la Knesset le 25 février 2014. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Shapira a également revu à la baisse ses critiques à l’encontre du Département des renseignements militaires, accusé de ne pas avoir estimé correctement l’étendue de ces tunnels.

Dans des rapports antérieurs, le directeur des renseignements militaires d’alors, Aviv Kochav, avait été singularisé pour sa conduite durant la guerre et dans la période qui l’avait précédée. Le 3novembre, Kochavi a été nommé au poste de chef d’Etat-Major adjoint de Tsahal.

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