Le centre de l’héritage de la communauté juive éthiopienne est enfin lancé à Jérusalem
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Le centre de l’héritage de la communauté juive éthiopienne est enfin lancé à Jérusalem

Pour les organisateurs, “mieux vaut tard que jamais”, même s’il faudra encore au moins quatre ans avant l’ouverture

La troupe Insara représente une danse éthiopienne traditionnelle pendant le déjeuner marquant le lancement de l'Institut national pour le centre de l’héritage de la communauté juive éthiopienne, à Jérusalem, le 19 juin 2016. (Crédit : Melanie Lidman/Times of Israel)
La troupe Insara représente une danse éthiopienne traditionnelle pendant le déjeuner marquant le lancement de l'Institut national pour le centre de l’héritage de la communauté juive éthiopienne, à Jérusalem, le 19 juin 2016. (Crédit : Melanie Lidman/Times of Israel)

Quatre ans après le vote d’une loi par le gouvernement pour établir un Institut national pour le centre de l’héritage de la communauté juive éthiopienne, le nouveau directoire du centre a accueilli dimanche un déjeuner marquant son lancement au centre des conventions internationales de Jérusalem.

La mise en place de l’institut marque la première fois que le gouvernement a agi activement pour préserver les cultures et les traditions de la communauté juive éthiopienne.

« Le centre a été créé pour partager les traditions incroyables de la communauté juive éthiopienne avec le peuple en Israël et dans le monde juif », a déclaré le Dr Simcha Gatahune, présidente du comité public du centre.

Dans un message vidéo diffusé aux 2 000 participants, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a noté que le centre aiderait à préserver « les traditions qui ont été passées oralement, de père en fils. »

« Cela sera un endroit pour emmagasiner les connaissances historiques, et pour que les enfants apprennent la tradition et la culture », a-t-il déclaré.

La ministre de la Culture et des Sports Miri Regev a parlé des décennies de discrimination que les juifs éthiopiens ont affrontées en Israël, après avoir fait quelques commentaires étranges sur la beauté des femmes éthiopiennes.

« Ce centre, c’est le gouvernement qui essaie de mettre en place une correction, a déclaré Regev. Cette communauté s’est battu pour ses droits pendant des années, et pendant des années, elle n’a eu aucun moyen de raconter sa propre histoire. Ils ont été victimes de racisme et de discrimination, j’ai le sentiment d’avoir la responsabilité personnelle de corriger ces erreurs. »

La ministre de la Culture et des Sports Miri Regev (à droite) et le Dr Simcha Getahune, présidente du centre de l'héritage, pendant le déjeuner marquant le lancement de l'Institut national pour le centre de l’héritage de la communauté juive éthiopienne, à Jérusalem, le 19 juin 2016. (Crédit : Melanie Lidman/Times of Israel)
La ministre de la Culture et des Sports Miri Regev (à droite) et le Dr Simcha Getahune, présidente du centre de l’héritage, pendant le déjeuner marquant le lancement de l’Institut national pour le centre de l’héritage de la communauté juive éthiopienne, à Jérusalem, le 19 juin 2016. (Crédit : Melanie Lidman/Times of Israel)

L’évènement a eu lieu un jour avant l’annonce par le grand-rabbinat du non renouvellement du contrat du grand rabbin éthiopien Yosef Hadane, a priori en raison de ses critiques publiques du rabbinat sur ses politiques discriminatoires concernant les Ethiopiens, y compris en demandant des certificats de conversion avant un mariage.

Pendant la célébration de dimanche, Regev a également applaudi le député Avraham Neguise (Likud) pour ses efforts pour faire venir 9 000 Falashmura en Israël. Les Falashmura sont des juifs éthiopiens qui se sont convertis au christianisme il y a des générations et veulent désespérément venir en Israël. Leur alyah devait commencer en juin, mais n’a pas progressé.

« L’égalité doit aussi passer par les canaux culturels, et c’est pourquoi le soutien du gouvernement est impératif, a déclaré Regev. Il doit y avoir un théâtre éthiopien, tout comme il y a un théâtre yiddish et un théâtre séfarade. »

Le centre de l’héritage éthiopien recevra une allocation annuelle du gouvernement d’un peu plus de trois millions de shekels (714 000 euros), selon le PDG nouvellement nommé, Danny Adamsu. Le théâtre HaBima, le théâtre national de Tel Aviv, reçoit au moins 20 millions de shekels par an (4,7 millions d’euros).

Adamsu a déclaré que l’organisation cherche en ce moment un bâtiment à Jérusalem, et espère ouvrir d’ici quatre ans. Le centre sera également dédié à la recherche et comprendra des espaces d’exposition et de répétition.

Il a déclaré que le comité directeur du centre était concentré sur le futur, plutôt que d’être frustré qu’il ait fallu presque 30 ans après la première vague d’immigration éthiopienne pour que le gouvernement commence à reconnaître l’importance de la préservation de ces traditions culturelles. « Nous devons bénir ce qui existe et avancer, a-t-il déclaré. Nous pensons tous qu’il vaut mieux tard que jamais. »

Des scouts israéliens chantent une chanson éthiopienne traditionnelle pendant le déjeuner marquant le lancement de l'Institut national pour le centre de l’héritage de la communauté juive éthiopienne, à Jérusalem, le 19 juin 2016. (Crédit : Melanie Lidman/Times of Israel)
Des scouts israéliens chantent une chanson éthiopienne traditionnelle pendant le déjeuner marquant le lancement de l’Institut national pour le centre de l’héritage de la communauté juive éthiopienne, à Jérusalem, le 19 juin 2016. (Crédit : Melanie Lidman/Times of Israel)

L’évènement de lancement a été assure par des chanteurs, des danseurs, des acteurs, des philosophes, des politiciens, des rabbins et des enseignants éthiopiens. Sharon Shalom, professeur à l’université Bar-Ilan et rabbin d’une congrégation de Kiryat Gat, a parlé des tensions au sein de la communauté éthiopienne pour honorer leur identité, après des décennies à avoir essayé de s’assimiler dans la culture israélienne.

« Après la publication d’un de mes livres sur la communauté juive éthiopienne, quelqu’un m’a appelé et m’a dit ‘vous faites une grosse erreur !’, a raconté Shalom. Il m’a dit, ‘pourquoi dites-vous aux gens que nous devrions garder ces traditions juives éthiopiennes ? Nous avons fait tant de progrès ces 30 dernières années !’ Mais en réalité, pour continue à avancer, nous devons aussi regarder en arrière. »

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