Israël en guerre - Jour 257

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Le contrôleur de l’État critique l’impréparation du gouvernement et la lenteur de sa réponse à la guerre

Matanyahu Englman a pointé « les nombreuses failles » dans la gestion du front intérieur et dit que « rien ne justifie la réaction tardive » des autorités

Le contrôleur de l'État Matanyahu Englman lors de la conférence de la Fédération des autorités locales, à Tel Aviv, le 7 décembre 2022. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)
Le contrôleur de l'État Matanyahu Englman lors de la conférence de la Fédération des autorités locales, à Tel Aviv, le 7 décembre 2022. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Le contrôleur de l’État, Matanyahu Englman, a critiqué le gouvernement pour son état d’impréparation à la guerre lorsque le Hamas a lancé son attaque dévastatrice, le mois dernier, et ce qu’il a qualifié de lenteur à apporter de l’aide aux populations civiles les plus touchées.

Dans un courrier adressé lundi au Premier ministre Benjamin Netanyahu, Englman a écrit : « Rien ne justifie la réaction tardive du gouvernement israélien. »

Le 7 octobre, plus de 3 000 terroristes du Hamas ont franchi la barrière de sécurité limitrophe avec la bande de Gaza et ont semé le chaos dans les régions du sud. Dans les heures qui ont précédé l’intervention de l’armée israélienne, quelque 1 200 personnes ont été tuées et au moins 240 personnes ont été enlevées et conduites à Gaza.

L’attaque, qui s’est déroulée sous un déluge de plusieurs milliers de roquettes tirées sur Israël, a donné lieu à une guerre destinée à détruire le Hamas et le chasser du pouvoir à Gaza. Le Hamas et d’autres groupes terroristes, parfois depuis le Liban, ont continué à tirer des roquettes sur Israël, forçant plus de 200 000 personnes à quitter leur foyer près du front ou des frontières.

Englman a passé les cinq dernières semaines dans les zones de conflit, à rencontrer des habitants évacués. Nombre d’entre eux ont été relogés dans des hôtels ou des maisons d’hôtes aux frais de l’Etat. D’autres ont choisi de s’installer chez des proches ou de louer un logement dans des zones plus sûres où ils ont scolarisé leurs enfants.

« Au-delà de la stricte conduite de la guerre, qui est le fait du Conseil des ministres de guerre et de celui de Sécurité, les failles du gouvernement sont nombreuses et patentes dans la gestion du front intérieur », a écrit Englman.

« Le Premier ministre, qui est à la tête des autorités, doit d’urgence corriger toutes ces failles ».

Des habitants du kibboutz Beeri dans un hôtel de la mer Morte, après avoir été évacués de leurs maisons à la suite de l’attaque meurtrière du groupe terroriste Hamas, le 20 octobre 2023. (Crédit : Yossi Zamir/Flash90)

Englman recommande la mise en place d’aides pour les populations évacuées des zones de conflit, de fonds publics d’urgence pour les ministères civils et la publication des informations sur les activités gouvernementales. Il souhaite que l’enseignement, la santé mentale et les soins de santé fassent également l’objet d’aides publiques.

« La préparation gouvernementale aux situations d’urgence était supposée être complète, détaillée, avoir fait l’objet d’exercices et être prête à l’emploi », a écrit Engelman. « C’est ce que l’on est en droit d’attendre et c’est à l’aune de ces attentes que doivent être examinées les lacunes et défaillances des systèmes civils lors de ce tout premier mois de guerre. »

« C’est aussi ce que l’on est en droit d’attendre d’un pays dont la préparation aux situations d’urgence est fondamentale dans sa réponse à ses défis sécuritaires complexes », a-t-il poursuivi. « Le premier mois d’une période d’urgence ne doit pas être caractérisé par une réponse graduée et lente du gouvernement, mais par l’activation rapide de plans et dispositifs totalement prêts à l’emploi. »

Il a souligné ce qu’il a qualifié d’échec à évacuer les blessés en temps opportun lors de l’attaque et qui a coûté la vie à certains d’entre eux. Trop peu d’ambulances blindées étaient disponibles, a-t-il dit.

M. Englman a opposé « le merveilleux esprit d’entraide et de bénévolat qui caractérise » la population civile, avec des initiatives qui fleurissent dans tout le pays pour aider les soldats et les personnes déplacées, à la réponse apportée par le gouvernement.

« Cela accentue la nécessité d’une réponse efficace et rapide de la part du système gouvernemental », a-t-il ajouté.

Englman a relevé que cet état d’impréparation avait déjà été pointé dans de précédents rapports de ses services, « par exemple dans les domaines de la protection, de l’hébergement et de l’évacuation de la population, dans le traitement des victimes d’anxiété en cas d’urgence, dans l’enseignement et sa version à distance, etc. ».

Des roquettes tirées depuis la bande de Gaza en direction d’Israël, le 19 octobre 2023. (Crédit : Mohammed Dahman/AP Photo)

Engleman a fait savoir qu’il procéderait à un examen plus approfondi des événements qui ont précédé et suivi le 7 octobre. Dans son courrier, il s’engage à « retourner chaque pierre pour parvenir à la vérité nue et déterminer les responsabilités à tous les niveaux ».

Il a ajouté qu’il fixerait une date pour cet examen et s’assurerait qu’il soit indépendant de tout comité d’enquête d’État susceptible d’être mis en place par ailleurs. Pour l’heure, alors que la guerre fait toujours rage, son audition se concentrera sur « la réaction des autorités sur le front intérieur civil ».

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu visite le bataillon de reconnaissance du désert de Tsahal, également connu sous le nom d’unité 585 ou bataillon bédouin, le 13 novembre 2023. (Crédit : Kobi Gideon/GPO)

Netanyahu n’a pas ajouté son nom à la déjà longue liste de hauts responsables à avoir reconnu leur part de responsabilité dans le grave échec stratégique qui a permis l’attaque du Hamas.

Dimanche, lors d’une interview à CNN, Netanyahu a refusé de répondre à une question concernant sa propre responsabilité.

« C’est une question qu’il faudra se poser… et j’ai dit que nous répondrions à toutes ces questions, moi le premier », après la guerre.

Le Premier ministre a été très critiqué pour avoir donné le sentiment de rejeter la responsabilité de l’échec criant du renseignement et des opérations sur les autorités de la Défense et de la sécurité, ou encore sur les réservistes qui avaient décidé de ne plus effectuer leurs périodes de réserve en signe d’opposition au projet gouvernemental de refonte du système judiciaire.

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