Le guide iranien semble justifier le négationnisme par la liberté d’expression
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Le guide iranien semble justifier le négationnisme par la liberté d’expression

Le numéro un iranien reproche à la France la condamnation du négationniste Roger Garaudy, survenue il y a 21 ans

Le Guide suprême iranien, l'Ayatollah Ali Khamenei, lors d'une réunion à Téhéran, le 13 août 2018 (Crédit : Bureau du Guide suprême iranien via  AP)
Le Guide suprême iranien, l'Ayatollah Ali Khamenei, lors d'une réunion à Téhéran, le 13 août 2018 (Crédit : Bureau du Guide suprême iranien via AP)

Le guide suprême iranien a reproché lundi à la France le sort réservé à Roger Garaudy, figure du négationnisme condamné par la justice française il y a 21 ans pour « contestation de crimes contre l’humanité ».

« Roger Garaudy, philosophe français, a remis en question dans son livre [« Les mythes fondateurs de la politique israélienne » paru en 1996, NDLR] le nombre des victimes de l’#Holocauste », peut-on lire dans un message publié sur le compte Twitter en français de l’ayatollah Ali Khamenei.

« Le gouvernement français a […] traîné cet auteur devant le Tribunal. Voilà les porte-drapeaux de la liberté d’expression! » ajoute le message.

Le site internet officiel en français du numéro un iranien publie un article intitulé « Qu’est-ce que l’ayatollah Khamenei a dit à Roger Garaudy au sujet des juifs et des sionistes ? » lors de la rencontre entre les deux hommes, le 20 avril 1998 à Téhéran.

Le site précise que l’article paraît « à l’occasion de l’anniversaire de la condamnation de Roger Garaudy par le tribunal de Paris, pour avoir posé des questions sur l’Holocauste ».

Ancien dirigeant communiste converti à l’islam après un passage par le catholicisme, Roger Garaudy, mort en 2012, avait été condamné le 16 décembre 1998 par la cour d’appel de Paris à 9 mois de prison avec sursis et 160 000 francs d’amende (environ 32 000 euros d’aujourd’hui) pour contestation de crimes contre l’humanité, diffamation raciale et provocation à la haine raciale.

Cette condamnation sanctionnait le contenu des « Mythes fondateurs de la politique israélienne », texte qui nie la Shoah en contestant notamment l’existence de chambres à gaz dans les camps de concentration nazis.

Roger Garaudy (Crédit : capture d’écran YouTube Ina Culture)

Dans ce livre, Garaudy écrit que l’extermination de six millions de juifs par les nazis durant la deuxième guerre mondiale est un « mythe » servant à justifier « toutes les exactions de l’Etat d’Israël en Palestine ».

Les négationnistes Atmane Tazaghart (ancien rédacteur en chef de la section arabe de France 24), Robert Faurisson (négationniste notoire), Mohamed Salmawy, un écrivain palestinien édité en France, récompensé par le président de l’Autorité palestinienne, ont tous défendu les idées du Français Garaudy.

La chercheuse Stéphanie Courouble-Share avait recensé en mars des publications négationnistes mises en vente sur le site Amazon, dont le texte de Garaudy.

En recevant Garaudy à Téhéran en avril 1998, M. Khamenei avait dénoncé la « contradiction dans le comportement des Américains et des Européens, qui dénoncent le racisme contre les juifs mais soutiennent les sionistes qui ont un comportement similaire à celui des nazis ».

Le 15 novembre, M. Khamenei avait affirmé que les appels à l’anéantissement d’Israël, très courants chez les dirigeants iraniens, ne visaient pas les juifs mais le « régime » israélien.

L’Iran organise chaque année des concours de caricatures pour nier la Shoah.

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