Le rédacteur en chef de France 24 en arabe suspendu de ses fonctions
Rechercher

Le rédacteur en chef de France 24 en arabe suspendu de ses fonctions

« Donc, à partir des événements de la Libye, il y a une dérive du Printemps arabe. (...). Il y a cette guerre financée par les sionistes," déclarait entre autres Atmane Tazaghart en 2013

Atmane Tazaghart, rédacteur en chef de France 24 arabe (Crédit : Capture d’écran MEMRI/YouTube)
Atmane Tazaghart, rédacteur en chef de France 24 arabe (Crédit : Capture d’écran MEMRI/YouTube)

Atmane Tazaghart, rédacteur en chef de la section arabe de France 24 (financée par l’État français), a été suspendu de ses fonctions à la suite de la découverte de propos qu’il avait tenus, lors d’une interview, sur une chaîne libanaise pro-Hezbollah, Al Mayadeen, financée par l’Iran en 2013.

La vidéo de l’interview a été diffusée le 22 avril dernier par le journal électronique “All4syria”, et l’information a été repérée par Tribune juive.

Dans cette vidéo, Atmane Tazaghart intervenait sur la question des Printemps arabes en Tunisie, en Egypte, en Libye et en Syrie.

A cette occasion, le rédacteur en chef arabe de France 24 avait déclaré qu’ « à leur début, ces révolutions avaient ébranlé les projets d’hégémonie occidentale et sioniste dans la région. On ne s’attendait pas à ce que les mouvements sionistes et l’Amérique – qui est le fer de lance du sionisme dans cette région – restent les bras croisés.»

« Donc, à partir des événements de la Libye, il y a une dérive du Printemps arabe. Il y a eu l’intervention de l’OTAN. Il y a cette guerre financée par les sionistes. Bernard-Henri Lévy, ce philosophe français sioniste du Likud, était le parrain de cette révolution. C’est lui qui avait amené les opposants de Kadhafi en France chez Sarkozy à l’Elysée. Il a pu mener cette guerre et, donc, il y a eu cette dérive dans la trajectoire de ces révolutions, » déclaré Atmane Tazaghart.

En d’autres termes, ce dernier accuse l’Occident et Israël de la dérive des Printemps arabes.

Le journaliste explique que ces révolutions qui avaient des revendications d’émancipation et de mise en place de régimes démocratiques ont été détournées de leur objectif par Israël.

« Au lieu de cela, ces révolutions sont désormais mises à profit pour mettre en oeuvre un projet qui existait avant la création d’Israël. (…) Dans les mémoires de Ben Gurion, on apprend que la survie d’Israël ne pourrait être garantie que s’il était entouré d’Etats fondés sur une base confessionnelle. »

Dans une lettre de la direction de France 24, la chaîne « tient à préciser que de tels propos, totalement contraires aux valeurs de la chaîne, n’auraient pu être tenus sur ses antennes. »

France 24 souligne qu’elle ignorait l’existence de cette interview réalisée en 2013 « donnée (sans autorisation à l’occasion d’une mission de son journaliste à Beyrouth) à une chaîne arabophone n’étant pas « pigée » par l’Argus de la presse et de l’audiovisuel international auquel France Médias Monde souscrit ».

Après avoir pris connaissance de cette interview, la chaîne a dispensé le rédacteur en chef de ses fonctions et a précisé que la chaîne « s’est procurée l’interview dans son intégralité afin de faire établir une traduction certifiée, de nature à être incontestable. Sur la base de l’enquête en cours et de la confirmation que l’extrait n’est pas un montage ou un détournement, la Direction de France 24 prendra les sanctions qui s’imposent. »

En 2012, MEMRI avait déjà rapporté les propos antisémites et négationnistes de Atmane Tazaghart, diffusés sur la chaîne Al Manar, autre chaîne du Hezbollah. Dans cette émission, il défend la position de Roger Garaudy, auteur du livre « Les mythes fondateurs de la politique israélienne ».

Selon Atmane Tazaghart « dans son livre, il a fait valoir la façon dont les sionistes et les Israéliens exploitent la Shoah. Ils la mettent en avant pour justifier leurs politiques agressives. En conséquence, il a été attaqué, diabolisé et marginalisé pendant des décennies.»

https://www.youtube.com/watch?time_continue=96&v=nhWd_qfnq_Q

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...