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Le Jewish Labour Movement ne soutiendra pas le parti aux prochaines élections

Le groupe a déclaré qu'il ne fera campagne que pour des "candidats exceptionnels", mais que cela ne doit pas être perçu comme un soutien pour les autres partis

Le leader du parti du Labour Jeremy Corbyn marche le long de la promenade pour se rendre à la conférence du parti du Labour au ,  Brighton Centre de Brighton, en Angleterre, le 21 septembre 2019 (Crédit : Gareth Fuller/PA via AP)
Le leader du parti du Labour Jeremy Corbyn marche le long de la promenade pour se rendre à la conférence du parti du Labour au , Brighton Centre de Brighton, en Angleterre, le 21 septembre 2019 (Crédit : Gareth Fuller/PA via AP)

Le Jewish Labour Movement britannique a annoncé jeudi qu’il n’enverrait pas de membres pour faire campagne en faveur des candidats du Parti travailliste avant les élections prévues en décembre, sur fond de querelle sur la gestion, par le parti, des allégations d’antisémitisme.

Le mouvement, qui a été très critique du chef du parti Jeremy Corbyn, a déclaré qu’il ne soutiendrait de candidats que dans des cas « exceptionnels ». « La crise de l’antisémitisme au sein du Parti travailliste émane d’un échec de la part du chef du parti Jeremy Corbyn. Quand il aurait fallu prendre des mesures rapides et décisives, la réalité a été faite de faux-fuyants et de gestes symboliques », a déclaré le mouvement dans un communiqué.

« Nous ne ferons pas campagne à moins que les circonstances ne soient exceptionnelles et pour des candidats exceptionnels, comme notre présidente du Parlement Ruth Smeeth et pour les membres travaillistes du Parlement qui ont fait montre d’un soutien infaillible envers nous. Nous ne soutiendrons pas de candidats à des sièges non détenus par le Labour », a déclaré l’organisation.

La députée juive britannique travailliste Ruth Smeeth quitte la présentation d’un rapport sur l’antisémitisme au sein de son propre parti après qu’un soutien de Jeremy Corbyn l’a accusée de contrôler les médias, à Londres, le 30 juin 2016. (Crédit : capture d’écran YouTube)

« L’interférence politique est endémique dans le système, qui est utilisé pour protéger les amis et alliés des dirigeants, plutôt que pour garantir que le parti soit un espace sécurisé pour les Juifs », a accusé le mouvement.

La présidente honoraire du  Jewish Labour Movement, Dame Louise Ellman et l’ancienne présidente du Parlement Luciana Berger, ont toutes deux quitté le Labour cette année, sur fond d’accusations sur la gestion, par le parti, des allégations d’antisémitisme en son sein.

Au début du mois, Ellman a quitté la formation après y avoir passé 55 ans et dit avoir été mise de côté par les nouveaux militants d’extrême gauche qui refusaient d’utiliser son nom dans des publications et l’ont accusée de double loyauté envers Israël.

Berger a quitté le parti en février, le décrivant comme « fondamentalement antisémite ».

« Quand deux députés juifs accomplis et dévoués ne trouvent pas leur place au sein du Labour, il est clair que le parti s’est égaré », a déclaré le mouvement.

Des membres de la communauté juive manifestent contre le chef du parti travailliste britannique, Jeremy Corbyn, et contre l’antisémitisme au sein de son parti, devant les chambres du Parlement britannique dans le centre de Londres, le 26 mars 2018. (Crédit : AFP / Tolga Akmen)

Le JLM a déclaré que son retrait d’un soutien sans équivoque pour tous les candidats travaillistes ne devait pas être perçu comme un signe de soutien pour le Premier ministre Boris Johnson, du Parti conservateur, ni pour le chef du Parti libéral démocrate Jo Swinson.

Le parti a réagi à l’annonce du JLM en assurant que le Labour est « pleinement engagé en faveur du soutien, de la défense et de la célébration de la communauté juive et continue à prendre des mesures robustes pour déraciner l’antisémitisme au sein du parti et de la société en général. »

« Nous avons imposé des suspensions rapides et avons multiplié par quatre le nombre d’affaires traitées. Jeremy Corbyn a été très clair sur le fait que l’antisémitisme n’a pas sa place au sein du parti et a soumis des réformes pour accélérer les exclusions et lancé un programme de sensibilisation pour renforcer la compréhension de l’antisémitisme au sein de notre mouvement. »

Corbyn a fait l’objet d’attaques répétées, y compris au sein du parti, pour avoir permis à l’antisémitisme de s’y propager et pour avoir refusé d’adopter pleinement la définition de l’antisémitisme de l’International Holocaust Remembrance Alliance (IHRA) dans le nouveau code de conduite du Labour.

Margaret Hodge prend la parole lors de la Conférence du Jewish Labour Movement à Londres, le 2 septembre 2018. (Dan Kitwood/Getty Images/via JTA)

Le Parti travailliste a été secoué par des accusations d’antisémitisme depuis que Corbyn, venu de l’extrême-gauche, a été élu à sa tête en 2015. Le parti a de nouveau été au centre de l’attention médiatique après la diffusion d’un reportage de la BBC dans lequel un certain nombre d’anciens officiels du parti l’ont accusé, lui et ses alliés, d’entrave dans les efforts pour traiter le sujet.

Une députée juive expérimentée du Parti travailliste britannique, qui avait accusé l’an dernier le chef du parti Jeremy Corbyn d’être antisémite, a remporté lundi une élection primaire interne pour rester candidate du Labour, après que des membres du parti ont tenté d’enclencher un protocole qui aurait pu lui coûter le soutien de la formation.

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