Le Likud se distancie de la proposition d’immunité pour le Premier ministre
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Le Likud se distancie de la proposition d’immunité pour le Premier ministre

Selon des responsables, la suggestion du député pour bloquer les enquêtes sur des infractions ‘mineures’ n’a pas été discutée avec Netanyahu

David Amsalem, député du Likud à la Knesset, le 28 juin 2016. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)
David Amsalem, député du Likud à la Knesset, le 28 juin 2016. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Le parti du Premier ministre Benjamin Netanyahu, le Likud, a pris ses distances mardi par rapport à une loi proposée la veille par un député du parti, qui accorderait l’immunité au Premier ministre en exercice pour des « transgressions mineures », passibles de moins de six mois de prison.

Le député David Amsalem a déclaré que le projet de loi, qu’il prévoit de présenter à la Knesset après la fin des vacances parlementaires, en octobre, empêcherait un nombre « déraisonnablement large » d’enquêtes sur le Premier ministre.

Mais le Likud a déclaré que la proposition du député « n’était pas coordonnée avec le Premier ministre, et été faite sans qu’il ne le sache. »

Il a également souligné que même si une telle législation votait, elle n’aurait pas d’effet rétroactif, « et ne toucherait évidemment pas les enquêtes existantes ».

Les politiciens de l’opposition ont répondu au projet d’Amsalem avec inquiétude ou dérision.

La députée de l'Union sioniste Tzipi Livni pose une question au Premier ministre Benjamin Netanyahu pendant l'heure des questions parlementaires, le 18 juillet 2016. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)
La députée de l’Union sioniste Tzipi Livni pose une question au Premier ministre Benjamin Netanyahu pendant l’heure des questions parlementaires, le 18 juillet 2016. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Tzipi Livni, numéro deux de l’Union sioniste, a déclaré que « personne n’est au-dessus de la loi. Les enquêtes ne sont pas contre, mais pour le peuple, qui mérite un leadership fort et respectueux de la loi. Un Premier ministre qui a les mains propres doit s’opposer à cette proposition. »

Shelly Yachimovich, de l’Union sioniste, a pour sa part déclaré que la proposition d’Amsalem « compromet les principes fondamentaux de l’état de droit », et qu’elle ne pensait pas que cela ait pu être envisagé sans l’avis de Netanyahu.

La présidente du parti d’opposition Meretz, Zehava Galon, a remis en cause la logique de la proposition, déclarant que le nombre « très inquiétant » d’enquêtes ne signifie pas que l’Etat devrait limiter le travail de la police, mais « montre que nous devons remplacer le Premier ministre. »

Itzik Shmuli, député de l’Union sioniste, a décrit la proposition comme une « menace à l’Etat de droit ».

« Le Likud a traversé une autre ligne rouge aujourd’hui sur le chemin de la transformation d’Israël en monarchie », a-t-il déclaré dans un communiqué.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu pendant une session plénière de la Knesset, le 1er août 2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu pendant une session plénière de la Knesset, le 1er août 2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

La police enquête actuellement sur Netanyahu pour des corruptions financières dans trois affaires : des accusations de longue date de financement illicite pour des voyages à l’étranger, des affirmations que Netanyahu et sa famille ont indument utilisé l’argent public pour des repas et des loisirs, et la grande somme d’argent qu’il aurait illégalement reçue d’Arnaud Mimran, fraudeur français milliardaire.

Netanyahu a démenti toute malversation dans ces trois affaires.

« Le Premier ministre d’Israël détient le poste public le plus important. Il doit prendre des décisions critiques sur des sujets qui touchent toute la population : actions diplomatiques, mesures sécuritaires, programmes sociaux et économiques. Il ne peut pas être occupé quotidiennement par des enquêtes contre lui », a écrit Amsalem sur Facebook pour expliquer sa proposition.

« Je ne connais aucun pays démocratique au monde dont le Premier ministre est le sujet d’un nombre si déraisonnablement large d’enquêtes… et personne ne pense vraiment que le reste du monde est rempli de saints alors qu’en Israël nous n’avons que des voleurs. »

Si une enquête criminelle à part entière était ouverte contre Netanyahu, ce ne serait pas la première contre un Premier ministre en exercice ou une importante figure publique.

L'ancien Premier ministre Ehud Olmert à sa sortie de la prison de Ramle pour sa première permission depuis qu'il a commencé à purger sa peine de 18 mois en février 2016, le 11 juillet 2016. (Crédit : Avi Dishi/Flash90)
L’ancien Premier ministre Ehud Olmert à sa sortie de la prison de Ramle pour sa première permission depuis qu’il a commencé à purger sa peine de 18 mois en février 2016, le 11 juillet 2016. (Crédit : Avi Dishi/Flash90)

L’ancien Premier ministre Ehud Olmert est en prison pour corruption et obstruction à la justice. L’ancien président Moshe Katsav est en prison pour viol. Une enquête avait été ouverte contre le Premier ministre Ariel Sharon, depuis décédé, pour corruption, avant qu’il ne tombe dans le coma en 2010.

En tant que député en exercice, le Premier ministre jouit de l’immunité pour des « fouilles, détention, audiences criminelles et procédures judiciaires qui ne sont pas liées à son travail de député », mais n’est pas protégé des enquêtes policières.

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