Le mandat du chef de la police prolongé de six mois par Amir Ohana
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Le mandat du chef de la police prolongé de six mois par Amir Ohana

Dans un contexte d'impasse politique sur les nominations policières, Motti Cohen, commissaire en titre depuis fin 2018, et le responsable des prisons vont rester en poste

Motti Cohen, chef temporaire de la police israélienne, prend la parole lors de la conférence annuelle sur la justice à Airport City, près de Tel Aviv, le 3 septembre 2019. (Tomer Neuberg / Flash90)
Motti Cohen, chef temporaire de la police israélienne, prend la parole lors de la conférence annuelle sur la justice à Airport City, près de Tel Aviv, le 3 septembre 2019. (Tomer Neuberg / Flash90)

Le ministre de la Sécurité intérieure Amir Ohana a déclaré au commissaire de police Motti Cohen dans la journée de vendredi qu’il avait l’intention de prolonger son mandat de six mois supplémentaires dans un contexte de querelles politiques qui devraient empêcher la désignation d’un responsable en titre dans un avenir proche.

Ohana a transmis le même message au dirigeant actuel du service des prisons israéliennes, Asher Vaknin.

Leurs mandats temporaires respectifs devaient initialement expirer le 30 septembre mais, avec ce prolongement de six mois, Cohen et Vaknin vont rester à leurs fonctions jusqu’au 30 mars – à moins qu’un remplaçant permanent ne soit nommé d’ici-là, a précisé Ohana.

Cohen est à la tête des forces de l’ordre depuis le mois de décembre 2018, quand le ministre de la Sécurité intérieure de l’époque, Gilad Erdan, avait refusé de prolonger d’une année supplémentaire le mandat de quatre ans de Roni Alscheich. La période passée par Alsheich à sa fonction avait été marquée par des querelles publiques avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu et avec d’autres politiciens de haut-rang.

En tant que premier policier d’Israël, Alsheich avait supervisé l’enquête menée sur Netanyahu – des investigations qui s’étaient conclues par la mise en examen du Premier ministre pour pots-de-vin, fraude et abus de confiance. Son procès a depuis commencé. Le chef du gouvernement, qui avait été à l’origine de la désignation d’Alsheich à sa fonction, n’a pas caché son animosité à l’égard de l’ancien chef de la police, l’accusant d’avoir laissé fuiter des informations des enquêtes en direction des médias et disant qu’il se livrait à « une chasse aux sorcières » à son encontre.

Le ministre de la Sécurité publique Gilad Erdan et le chef de la police israélienne Roni Alsheich au siège de la police à Jérusalem, le 26 avril 2017. (Yonatan Sindel/Flash90)

Après la fin du mandat d’Alsheich, Erdan avait cherché à le faire remplacer par Moshe Edri, mais ce dernier avait finalement retiré sa candidature dans un contexte de scandale public sur sa conduite. Cohen se trouve en poste depuis lors.

Le mois dernier, Cohen aurait annoncé aux hauts-responsables de la police qu’il resterait probablement commissaire dans un proche avenir.

« En raison de la situation politique… il semble qu’aucun commissaire permanent ne va être nommé à la tête de la police à court-terme », aurait-il dit aux commandants de districts, selon les sites d’information Walla et Maariv. « Je continuerai à diriger la police jusqu’à ce qu’une décision différente soit prise. »

Le mois dernier, la Knesset avait donné son approbation finale à un projet de loi reportant l’échéance de l’adoption d’un budget d’Etat, permettant de sortir d’une impasse politique amère sur cette question, mais qui réglait aussi le problème des nominations à des postes de haute-responsabilité – comme le commissaire de police en titre et les procureurs de l’Etat.

Le ministre de la Sécurité publique Amir Ohana tient une conférence de presse à Jérusalem, le 15 juillet 2020. (FLASH90)

Malgré les demandes antérieures du Likud, le texte final adopté par la Knesset n’avait pas compris de clause sur la formation d’un groupe de travail chargé de procéder aux désignations à de hautes fonctions.

Netanyahu avait été par ailleurs accusé d’avoir cherché à organiser la nomination de responsables judiciaires qui auraient été enclins à montrer plus de clémence au cours du procès qui le vise actuellement – des informations que le Premier ministre a vigoureusement démenties.

Suite à une plainte déposée devant la Haute cour qui réclamait qu’il soit interdit au Premier ministre d’intervenir dans ce type de nominations en raison des accusations de corruption dont il doit répondre devant la justice, Netanyahu avait annoncé, le mois dernier, qu’il n’aurait aucun rôle dans la désignation des responsables du ministère de la Justice et du commissaire de la police israélienne.

Le mois dernier également, la Douzième chaîne avait fait savoir que Netanyahu désirait nommer au poste de premier policier du pays un ancien officiel de la police qui avait représenté sa famille au cours d’une enquête criminelle.

La chaîne avait précisé que le parti du Likud de Netanyahu avait proposé le nom de Yaakov Borovsky dans des pourparlers avec ses partenaires de coalition de Kakhol lavan, et qu’il avait aussi essayé de démanteler une commission de contrôle intervenant dans la nomination des hauts fonctionnaires.

Le bureau de Netanyahu a démenti ces informations.

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