Le nouveau chef de la lutte contre le virus défavorable au confinement
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Le nouveau chef de la lutte contre le virus défavorable au confinement

Dans un post publié au début du mois, Ronni Gazmu a qualifié le confinement "d'arme apocalyptique", disant favoriser des restrictions moins sévères

Le directeur-général du ministère de la Santé en 2014, le professeur Ronni Gamzu , lors d'une réunion de la commission des Finances à la Knesset de Jérusalem, le 23 avril 2014 (Crédit : Flash90)
Le directeur-général du ministère de la Santé en 2014, le professeur Ronni Gamzu , lors d'une réunion de la commission des Finances à la Knesset de Jérusalem, le 23 avril 2014 (Crédit : Flash90)

Le nouveau chef du coronavirus en Israël, qui a été chargé de prendre la tête de la réponse gouvernementale à la pandémie, s’est exprimé en défaveur des propositions soumises par le Premier ministre Benjamin Netanyahu et par le ministre de la Santé Yuli Edelstein, qui ont évoqué la possibilité de réimposer un strict confinement national dans le pays alors que le nombre de cas de la maladie ne cesse de s’élever.

Ronni Gamzu, ancien directeur-général du ministère de la Santé qui dirige aujourd’hui l’hôpital Ichilov de Tel Aviv, a écrit dans un post publié sur Facebook, le 3 juillet, que « l’arme apocalyptique d’un large confinement n’est pas une solution à la crise du coronavirus ».

Gamzu a été choisi pour occuper ce haut poste mercredi soir après le refus opposé par Gadi Barbash, ancien haut-responsable de la Santé et qui était le candidat favorisé par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, suite à des querelles avec le ministère de la Santé sur le mode de gestion de la crise.

Ce désaccord portait sur la division de l’autorité entre Edelstein et Barbash. Si ce dernier devait être nommé au poste, Barbash aurait ainsi déclaré aux responsables qu’il ne serait pas en mesure de prendre la tête de la lutte contre la pandémie de manière efficace sans pouvoirs conférés sur le système de soins, sur le ministère de la Santé et sur d’autres ministères.

Gabi Barbash, directeur-général du centre médical Sourasky de Tel Aviv, le 7 avril 2020. (Capture d’écran : Douzième chaîne)

Edelstein et Netanyahu étaient en désaccord concernant la nomination de Barbash, le Premier ministre voulant que Barbash travaille directement sous son autorité, même si la fonction avait été placée officiellement sous la supervision du ministère de la Santé, a noté la Treizième chaîne.

Dans un post séparé sur Facebook, jeudi matin, Gamzu a dit que Netanyahu et Edelstein étaient entrés en contact avec lui, au beau milieu de la nuit, lui demandant s’il prendrait la fonction et qu’il avait immédiatement répondu par l’affirmative.

« C’est une crise médicale, économique et sociale », a noté Gamzu. « Je ne me pose pas de questions dans une telle situation – je me contente de me présenter pour m’impliquer de tout mon être dans l’aide que je peux apporter à mon pays et au système de santé dans la gestion de la crise ».

« Les défis sont énormes : Restaurer la confiance du public dans la capacité du gouvernement à répondre à la pandémie, créer un équilibre ingénieux entre la réduction des infections et la permission octroyée aux citoyens de continuer à vivre leurs vies, améliorer l’adhésion du public aux directives et les faire s’appliquer à tous, améliorer le suivi des contacts et continuer à renforcer le système médical », a-t-il écrit.

Début juillet, Gamzu avait exprimé son soutien à la décision gouvernementale de rouvrir l’économie après la première vague. Il avait néanmoins admis que cette ouverture avait été trop précipitée et pas suffisamment organisée.

Il avait déclaré que plusieurs centaines de nouveaux cas par jour était le prix à payer pour conserver l’économie ouverte, même si Israël a depuis franchi le seuil de 2 000 cas confirmés par jour.

Gamzu a expliqué qu’afin de maintenir l’économie ouverte, le gouvernement devait continuer à limiter les rassemblements, renforcer l’application des sanctions contre les personnes contrevenant aux restrictions, améliorer le système de suivi des contacts et améliorer également la communication gouvernementale en direction du public en expliquant les décisions prises aux Israéliens.

Peut-être parce que sa nomination avait été spontanée et qu’elle avait eu lieu au milieu de la nuit, Netanyahu et Edelstein ont négligé d’informer le ministre de la Défense Benny Gantz de cette décision, comme l’exige pourtant l’accord de coalition conclu par ce dernier avec le Likud, a fait savoir la Douzième chaîne.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à droite) avec le président de la Knesset Yuli Edelstein lors d’une réunion du Likud à la Knesset, le 30 avril 2019. (Noam Revkin Fenton/Flash90)

Edelstein a présenté ses excuses à Gantz pour cette négligence dans la matinée de jeudi.

Le ministre de la Défense a émis un communiqué pour dire qu’il s’était entretenu avec Gamzu pour le féliciter pour sa nomination et qu’il lui avait dit que l’establishment de la sécurité tout entier était prêt à combattre la pandémie à ses côtés. Gantz a précisé qu’une rencontre entre les deux hommes aurait lieu très rapidement.

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