Le « rabbin en faveur de Trump » lui retire son soutien
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Le « rabbin en faveur de Trump » lui retire son soutien

Bernhard Rosenberg affirme que des représentants du candidat républicain lui ont dit que "le vote juif n'a pas d'importance"

La page Facebook "Le rabbin pour Trump"  (Capture d'écran Facebook)
La page Facebook "Le rabbin pour Trump" (Capture d'écran Facebook)

Un rabbin qui avait fait campagne sur Facebook pour Donald Trump lui a retiré son soutien, en expliquant que les directeurs de campagne du candidat républicain à la présidentielle lui ont dit qu’ils « ne se soucient pas du vote juif. »
 
Le rabbin Dr Bernhard Rosenberg avait ouvert en décembre une page Facebook appelée « un rabbin pour Trump » soutenant le candidat à l’investiture du parti républicain, mais a écrit mercredi sur le réseau social que la page allait fermer.

La page a recueilli un peu plus de 1 000 « j’aime », mais le nombre d’utilisateurs qui sont des partisans réels, par opposition aux personnes intéressées, est une énigme.

« Il me semble que les représentants de sa campagne ne se soucient pas du vote juif, » a écrit Rosenberg, qui a étudié à la Yeshiva University et exerce comme rabbin dans une communauté masorti à Edison, New Jersey. Il a déclaré qu’un représentant lui avait dit « que le vote juif n’a pas d’importance. »

« Ils pensent qu’ils peuvent gagner sans lui [le vote juif]. J’ai plaidé pour la plate-forme de Trump sur Israël et pour qu’il sorte avec un soutien total à l’Etat d’Israël. Cela n’a pas été fait et je doute que cela se fasse ».

.Ladies and gentlemen of facebook: Rabbi For Trump will be closing down. It seems to me that representatives of his…

Posted by Bernhard Rosenberg on Tuesday, 2 February 2016

Rosenberg a écrit qu’il a commencé le groupe dans le but d’obtenir suffisamment de partisans « afin de pouvoir le rencontrer et de le convaincre de l’importance d’Israël. »

« Si les équipes de Cruz ou Rubio veulent mon soutien, je serai heureux de le leur donner, » a-t-il dit. « Je ne déteste pas Trump et lui souhaite bonne chance, mais je ne peux pas me battre pour lui si je ne crois pas qu’il soutient pleinement Israël et le peuple juif. »

Les messages de Rosenberg consistaient principalement en des éloges pour Trump, des plaintes fougueuses sur la couverture médiatique négative du candidat, la promotion du livre de Rosenberg et une mention fière que la communauté de Rosenberg avait accueilli la blogueuse controversée et activiste anti-musulman Pamela Geller.

Le candidat aux primaires du parti républicains en vue des élections présidentielles, Donald Trump, pendant son discours au Republican Jewish Coalition 2016 à Washington, le 3 décembre 2015 (Crédit : AFP PHOTO / SAUL LOEB)
Le candidat aux primaires du parti républicains en vue des élections présidentielles, Donald Trump, pendant son discours au Republican Jewish Coalition 2016 à Washington, le 3 décembre 2015 (Crédit : AFP PHOTO / SAUL LOEB)

Rosenberg avait déclaré en décembre au New Jersey Jewish News qu’il avait ouvert la page parce que Trump est « à ce stade le favori parmi tous les républicains. »

Le rabbin, qui est le fils de deux survivants de la Shoah et dit qu’il est né dans un camp de personnes déplacées en Allemagne, partage l’opposition de Trump à l’accueil des réfugiés syriens dans le pays.

« Mon souci est que ces réfugiés syriens ne soient pas examinés par le FBI, » avait-il dit au New Jersey Jewish News.

Rosenberg, qui publie fréquemment (et toujours en majuscules) sur sa page « un rabbi pour Trump », a déclaré dans le journal du New Jersey que « les nazis et Hitler ont assassiné la plupart de ma famille », s’est opposé à une lettre signée par 1 000 rabbins il y a plusieurs semaines comparant les réfugiés syriens aux réfugiés juifs fuyant le nazisme.

« Il n’y a pas de comparaison entre ceci et la Shoah, où les Juifs n’avaient nulle part où aller. Dans ce cas, l’Europe peut certainement les recevoir et les pays arabes peuvent certainement les recevoir. Je ne veux pas que quelque chose se passe là où vivent mes enfants ou les enfants de quelqu’un d’autre. Je pense qu’une telle comparaison déprécie les survivants de la Shoah », avait-il dit.

« La vérité est que mes parents ont dû passer par toutes sortes de contrôles et être parrainés … Ils devaient avoir des emplois. Je sais plus que beaucoup de ces rabbins ce que signifie être un réfugié. »

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