L’EI utilise l’image du petit Aylan pour mettre en garde les migrants
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L’EI utilise l’image du petit Aylan pour mettre en garde les migrants

L'EI dénonce "un péché majeur" que sont en train de commettre les musulmans en emmenant leurs enfants en Occident

Une ville assiégée de Kirkuk où un assaut par l'EIIL a été lancé le 9 juin (Crédit : AFP PHOTO/MARWAN IBRAHIM)
Une ville assiégée de Kirkuk où un assaut par l'EIIL a été lancé le 9 juin (Crédit : AFP PHOTO/MARWAN IBRAHIM)

Le groupe djihadiste Etat islamique (EI) a utilisé l’image choquante du petit garçon syrien noyé Aylan Kurdi, pour mettre en garde les réfugiés qui essaient de fuir vers les pays occidentaux, qualifiant leur choix de « grave péché ».

L’image du corps d’Aylan, trois ans, photographié sur une plage de Bodrum en Turquie après le naufrage du bateau qui devait le conduire avec sa famille en Grèce, a créé une onde de choc à travers le monde, participant à la prise de conscience sur le sort des migrants.

Dans sa dernière édition de son magazine de propagande Dabiq, l’EI publie l’image du petit garçon, avec en titre : « Les dangers de l’abandon de Dar al-islam », ou les terres de l’islam, qui incluent l’autoproclamé « califat » du groupe djihadiste en Syrie et en Irak.

« Certains Syriens et Libyens sont malheureusement en train de risquer la vie et l’âme des êtres dont ils sont responsables… beaucoup perdant la vie durant le périple qui les conduit à la terre des croisés », a souligné le texte.

Il dénonce « un péché majeur » que sont en train de commettre les musulmans en emmenant leurs enfants en Occident, où « ils vivent sous la menace constante de la fornication, la sodomie, les drogues et l’alcool ».

Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a exhorté mercredi les Etats de l’Union européenne à se répartir d’urgence l’accueil de 160.000 réfugiés, alors que la vague de migrants qui marchent sur les routes d’Europe continue de grossir.

Treize médias européens exhortent l’UE à agir

Treize journaux européens ont lancé jeudi un appel aux dirigeants de l’Union européenne à agir pour aider les réfugiés, estimant que l’UE en « fait trop peu et trop tard ».

« L’Europe est confrontée à la pire crise de réfugiés que le monde ait connue depuis la Seconde Guerre mondiale », rappellent les signataires dans cet appel publié jeudi dans Libération.

« De plus en plus trouvent la mort lors de leur tentative désespérée de fuir la guerre et les persécutions », notamment en Syrie. Pourtant, estiment ces médias parmi lesquels figurent The Independant (Grande-Bretagne), El Pais (Espagne), La Repubblica (Italie), et Die Zeit (Allemagne) : « mois après mois, l’Europe en fait trop peu, trop tard » et « le refus d’agir révèle également une grave crise politique. »

Avant la réunion européenne du 14 septembre à Bruxelles, les acteurs de cette initiative souhaitent donc s’unir pour « saisir l’opportunité qui se présente à eux et à agir résolument pour gérer cette tragédie humanitaire et empêcher que d’autres vies ne soient perdues ».

Ils appellent les dirigeants de l’UE à « mettre en place des moyens simples, sûrs et pratiques pour permettre aux réfugiés de demander l’asile en Europe sans avoir à risquer leur vie pour venir ici. »

Mais également à « faire preuve de solidarité envers les pays aux frontières de l’Europe dans lesquels arrivent d’abord les réfugiés et les migrants, en finançant et en organisant un système d’accueil sûr, digne et coordonné aux lisières de l’Europe, prévoyant une évaluation rapide et juste des demandes d’asile. »

Ils réclament également la suspension des accords de Dublin qui renvoient les demandeurs d’asile à leur premier point d’entrée en Europe, et ce tant que de grands nombres de réfugiés continueront à affluer sur notre continent.

Les signataires demandent aussi à l’UE de « soutenir une répartition plus équitable des réfugiés parmi les Etats membres ».

Ils souhaitent voir « augmenter les aides financières et humanitaires à destination des pays du Moyen-Orient affectés par le conflit syrien » et incitent les dirigeants des pays de l’UE à « exercer une pression plus forte sur d’autres acteurs clés internationaux, comme l’Iran, la Russie, l’Arabie Saoudite, la Turquie et les Etats-Unis, afin de les inciter à faire tout leur possible pour réunir les acteurs du conflit syrien autour d’une table de négociations de paix dirigées par l’ONU. »

« Nous devons agir, et nous devons agir maintenant », martèlent ces treize médias.

Les autres médias signataires sont Morgenbladet (Norvège), Gazeta Wyborcza (Pologne), Népszabadság (Hongrie), Kathimerini (Chypre), « i » (Grande-Bretagne), Aftonbladet (Suède), Information (Danemark) et MatúšKostolný «Denník N» (Slovaquie).

L’EI affirme détenir un Chinois et un Norvégien, réclame une rançon

Le groupe djihadiste Etat islamique (EI) a affirmé mercredi détenir en otage un Norvégien et un Chinois et réclamé une rançon contre leur libération, selon la dernière édition de son magazine de propagande Dabiq.

Sur deux pages du magazine, l’EI s’adresse à toute personne « qui voudrait payer une rançon pour la libération et le transfert » des deux hommes « à vendre », en publiant leur photo et en donnant un numéro de téléphone à contacter, dont l’indicatif est irakien.

Il n’est pas précisé quand et où ces ressortissants ont été enlevés.

Le groupe ultraradical EI sévit surtout en Syrie et en Irak, proclamant un « califat » sur les larges pans de territoires conquis dans ces deux pays où il multiplie les atrocités -enlèvement, viols, meurtres, décapitations…

Dans un communiqué, le Premier ministre norvégien, Mme Erna Solberg, a dit qu’elle pouvait « confirmer qu’un citoyen norvégien a été enlevé et est retenu prisonnier en Syrie », en précisant qu’un cabinet de crise avait été mis en place.

« C’est une affaire grave et compliquée. L’objet de nos efforts est de ramener notre concitoyen indemne en Norvège », a-t-elle ajouté.

Les djihadistes de l’EI, qui utilisent les images de leurs exactions comme élément de propagande, ont par le passé diffusé des vidéos montrant la décapitation de plusieurs otages, soigneusement mise en scène par les bourreaux.

Le reporter américain James Foley enlevé en Syrie par l’EI a été exécuté le 19 août 2014. Deux semaines plus tard, c’est Steven Sotloff, un autre journaliste américain, qui a été tué avec la même chorégraphie macabre, par le même bourreau à l’accent britannique.

Quelques semaines plus tard, David Haines et Alan Henning, deux travailleurs humanitaires britanniques ont été tués eux aussi. Peter Kassig, un troisième américain, avait été exécuté peu après. D’autres otages, dont deux Japonais, ont connu le même sort.

L’EI a pris le contrôle de larges territoires en Syrie et en Irak l’année dernière. Sa réputation de meurtre, de torture, de conversion forcée et même d’esclavage, a provoqué des déplacements massifs d’Irakiens et de Syriens vers les pays voisins, dont le Liban, la Jordanie et la Turquie et vers des pays européens.

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