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L’envoyé de l’ONU au Moyen-Orient met en garde contre les tensions au Liban

Tor Wennesland a affirmé que des champs de tir avaient été repérés en violation de la résolution 1701 de l'ONU et que la liberté de mouvement des Casques bleus était restreinte

Luke Tress est le vidéojournaliste et spécialiste des technologies du Times of Israël

Un convoi de la Force de maintien de la paix des Nations Unies au Liban (FINUL) patrouillant dans la zone sud de Khiam, près de la frontière avec Israël, le 6 août 2021. (Crédit : Mahmoud Zayyat/AFP)
Un convoi de la Force de maintien de la paix des Nations Unies au Liban (FINUL) patrouillant dans la zone sud de Khiam, près de la frontière avec Israël, le 6 août 2021. (Crédit : Mahmoud Zayyat/AFP)

NATIONS UNIES – L’envoyé de l’ONU au Moyen-Orient a mis en garde jeudi contre les tensions au Sud-Liban, alors qu’Israël et le groupe terroriste du Hezbollah ont échangé des menaces au sujet d’un champ gazier offshore contesté.

Tor Wennesland, coordinateur spécial des Nations unies pour le processus de paix au Moyen-Orient, a déclaré au Conseil de sécurité de l’ONU, lors d’un briefing régulier, que « des tensions accrues persistaient » dans la zone frontalière du Sud-Liban administrée par la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL).

Au moins quatre champs de tir, régulièrement utilisés, ont été repérés dans la zone au cours des derniers mois, en « violation flagrante » de la résolution 1701 de l’ONU, qui a mis fin à la guerre de 2006 entre Israël et le Hezbollah, a-t-il déclaré.

Wennesland a indiqué qu’il y avait eu un « nombre croissant d’incidents » restreignant la liberté de mouvement de la FINUL, qui, selon lui, est essentielle à la mise en œuvre d’un accord de paix.

Si la nature des champs de tir et des incidents qui ont pu restreindre la circulation des Casques bleus n’a pas été clairement déterminée, c’est le Hezbollah contrôle la zone frontalière à l’intérieur du Sud-Liban. Un porte-parole de l’ONU a déclaré qu’il ne disposait pas d’informations supplémentaires pour le moment.

Wennesland a ajouté que « les violations régulières et continues de l’espace aérien libanais par Israël restent préoccupantes » et constituent également une violation de la résolution 1701 de l’ONU.

Le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, s’exprimant via liaison vidéo, lors de la fête sainte chiite de l’Achoura, dans la banlieue sud de Beyrouth, au Liban, le 9 août 2022. (Crédit : AP Photo/Hussein Malla)

L’avertissement est intervenu alors qu’Israël et le Hezbollah se sont mutuellement menacés au sujet d’un gisement de gaz contesté en mer Méditerranée.

Israël et le Liban sont engagés depuis plus d’un an dans de rares négociations, sous l’égide des États-Unis, visant à résoudre un différend concernant les droits sur des gisements offshore censés receler de grandes quantités de gaz naturel. Les deux pays seraient, malgré tout, proches d’un accord dans leur conflit frontalier.

Les deux pays revendiquent une zone de 860 km2 située dans la mer Méditerranée. Le Liban affirme que le champ gazier de Karish se trouve en territoire contesté dans le cadre des négociations en cours sur ses frontières maritimes, tandis qu’Israël affirme que la réserve de gaz se trouve dans ses eaux économiques telles qu’elles sont reconnues à l’international.

Le Hezbollah, un groupe terroriste chiite basé au Liban et soutenu par l’Iran, s’est opposé avec véhémence à toute concession dans les pourparlers avec Israël. Son chef, Hassan Nasrallah, n’a cessé de menacer de viser les installations offshore israéliennes.

En juillet, Tsahal a déclaré avoir abattu trois drones du Hezbollah lancés vers une plate-forme gazière installée dans l’un des champs contestés.

Le ministre de la Défense Benny Gantz a averti lundi le Hezbollah libanais que toute attaque contre ses actifs gaziers pourrait déclencher une guerre, après que le groupe terroriste a menacé de « couper » les mains d’Israël s’il exploitait le champ offshore contesté.

Cet avertissement est intervenu dans le cadre de longues négociations entre les voisins de la Méditerranée orientale, officiellement toujours en état de guerre, par l’intermédiaire de Washington pour régler leur différend frontalier et lever les obstacles à la prospection d’hydrocarbures.

Des obusiers automoteurs israéliens en position en direction du Liban près de la ville de Kiryat Shmona, dans le nord d’Israël, le 6 août 2021. (Crédit : Jalaa Marey/AFP)

Le différend sur les frontières maritimes remonte à plus d’une décennie. En 2012, le Liban avait rejeté une proposition américaine visant à recevoir 550 km2, soit près des deux tiers de la zone, tandis qu’Israël aurait reçu le tiers restant. La zone contestée couvre le champ gazier de Karish et le champ de Qana.

La dernière guerre entre le Liban et Israël remonte à 2006. Les deux pays n’ont pas de relations diplomatiques et sont séparés par une ligne de cessez-le-feu contrôlée par l’ONU.

Le Liban a absolument besoin d’un accord sur la frontière maritime en Méditerranée, car il espère exploiter les réserves de gaz offshore pour tenter d’atténuer ce qui est devenu la pire crise économique et financière du pays dans toute son histoire moderne.

« Au Liban, l’absence de progrès dans les réformes, l’impasse dans la formation du gouvernement et la pression croissante sur les institutions, notamment les forces armées et de sécurité libanaises, continuent de peser lourdement sur l’autorité de l’État », a déclaré Wennesland.

Le Coordinateur spécial pour la paix au Moyen-Orient, Tor Wennesland, lors d’une visioconférence avec le Conseil de Sécurité, le 26 janvier 2021. (Crédit : Daniela Penkova/UNESCO)

La majeure partie du briefing de jeudi du Conseil de sécurité tenu par Wennesland a porté sur les combats dans la bande de Gaza entre Israël et le groupe terroriste palestinien du Jihad islamique, le mois dernier. Il a critiqué les deux parties pour leur comportement pendant l’opération Aube et a salué le cessez-le-feu qui a mis fin aux violences, mais il a déclaré que « les causes profondes du conflit n’étaient toujours pas résolues ».

Il a déclaré que les explosions meurtrières à Gaza qu’Israël a attribuées à des tirs de roquettes ratés n’avaient « pas encore été vérifiées » et il a exprimé son inquiétude quant aux frappes aériennes israéliennes dans des zones densément peuplées qui ont fait de nombreuses victimes.

« Israël doit respecter les obligations qui lui incombent en vertu du droit international humanitaire, notamment le recours proportionnel à la force et la prise de toutes les précautions possibles pour épargner les civils et les biens civils », a-t-il déclaré.

Il a condamné « le lancement aveugle de roquettes par des groupes armés palestiniens depuis des quartiers très peuplés de Gaza vers des villes d’Israël densément peuplées », ce qui, selon lui, constitue une violation du droit international humanitaire.

Le chef du Hezbollah, Nasrallah, a rencontré le chef du Jihad islamique palestinien, Ziyad Nakhaleh, mercredi au Liban pour discuter des différents développements survenus dans la région – et notamment à Gaza et en Cisjordanie, selon Al Mayadeen, site d’information affilié au Hezbollah.

Wennesland s’est également dit préoccupé par les violences en Cisjordanie, les destructions de maisons et les implantations israéliennes, qualifiant ces communautés d’illégales et « d’obstacle substantiel à la paix ».

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