Israël en guerre - Jour 288

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Les familles des deux otages sauvés sont « abasourdies » par leur retour de Gaza

La fille de Louis Har raconte qu'ils ont connu la faim et parlaient de foot ; la nièce de Fernando Marman dit qu'ils se sont disputés sur les efforts déployés pour les libérer

Louis Har, en noir, et Fernando Marman retrouvant leurs proches, après avoir été sauvés par les forces spéciales israéliennes des mains du Hamas, à l'hôpital Sheba, à Ramat Gan, le 12 février 2024. (Crédit : Armée israélienne)
Louis Har, en noir, et Fernando Marman retrouvant leurs proches, après avoir été sauvés par les forces spéciales israéliennes des mains du Hamas, à l'hôpital Sheba, à Ramat Gan, le 12 février 2024. (Crédit : Armée israélienne)

Les proches des deux otages secourus lors d’une opération audacieuse dans la bande de Gaza ont décrit leur incrédulité et leur excitation en revoyant les deux hommes, qui étaient affamés et pâles, mais vivants après 128 jours de captivité aux mains du groupe terroriste palestinien du Hamas.

Le sauvetage complexe de Fernando Marman, 61 ans, et de Louis Har, 70 ans, à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, n’est que la deuxième opération réussie d’extraction d’otages détenus par le groupe terroriste.

Mais l’opération est d’une grande importance, car elle marque la réunification tant attendue d’une famille qui est à nouveau rassemblée après que trois autres de ses membres, qui avaient également été capturés, ont été libérés dans le cadre d’une trêve temporaire fin novembre.

Rinat Har Sheleg, la fille de Louis, a déclaré que les deux hommes étaient « très faibles mais dans un état stable », après avoir vu son père pour la première fois depuis plus de quatre mois.

« Mon père est en état de choc. Ils pensaient qu’ils allaient mourir à cause des bombardements et qu’ils seraient blessés », a-t-elle déclaré au site d’information Ynet, précisant qu’ils avaient été détenus dans des « conditions déplorables » à Gaza.

« Ils n’étaient pas dans des tunnels, mais ils avaient faim. Ils se nourrissaient essentiellement de pita, de fromage et de labneh, sans viande ni rien d’autre. Certains jours, ils avaient faim », a-t-elle souligné, ajoutant qu’ils n’avaient pas donné beaucoup plus de précisions et que la famille gardait certains détails confidentiels.

« En captivité, ils ont beaucoup parlé de football. Je ne sais pas s’ils se sont douchés, et nous n’avons pas demandé. Nous voulons donner du temps à mon père. Pour l’instant, nous ne lui mettons pas la pression et nous n’intervenons pas trop. Mon père est très maigre, tout comme Fernando. Ils ont perdu la moitié de leur poids », a-t-elle déclaré, tout en exprimant l’espoir que les otages restants seraient libérés.

Dans un communiqué publié lundi soir, l’hôpital Sheba a déclaré que l’état de Louis et Fernando était stable, mais que les signes de leur captivité étaient évidents et que ni l’un ni l’autre n’avait été soigné pendant la période où ils étaient retenus en otage.

« Nous attendons d’autres examens et analyses, nous sommes très heureux et nous sentons l’étreinte de toute la nation d’Israël », a déclaré la Dr. Yaël Frankel-Nir, directrice adjointe de Sheba.

Louis et Fernando ont été pris en otage dans le kibboutz Nir Yitzhak par des terroristes du Hamas le 7 octobre, avec Clara Marman, 62 ans, qui est la sœur de Fernando et la compagne de Louis, leur autre sœur Gabriela Leimberg, 59 ans, et la fille de Gabriela, Mia Leimberg, 17 ans.

Les femmes et l’adolescente ont été libérées le 28 novembre dans le cadre de l’accord de trêve d’une semaine qui a permis la libération de 105 des 253 otages enlevés le 7 octobre.

Mia a fait l’objet d’une attention particulière lorsqu’il est apparu qu’elle était accompagnée de son chien Bella pendant toute la durée de sa captivité.

Fernando, sa sœur Gabriela et sa fille Mia étaient en visite au kibboutz pour le week-end de Simhat Torah.

Ce matin-là, la famille élargie de cinq personnes se cachait dans son mamad – la pièce sécurisée – essayant de maintenir la lourde porte fermée à l’aide d’une chaise. Lorsque les terroristes ont fait irruption dans la maison et leur ont ordonné de sortir de la pièce, ils étaient persuadés qu’ils allaient être tués.

Louis Har (à gauche), et Fernando Marman (2e à droite), retrouvant leurs proches au centre hospitalier de Sheba, à Ramat Gan, le 12 février 2024. (Crédit : Armée israélienne)

Mayaan Sigal-Koren, la nièce de Fernando, a déclaré que son partenaire, qui l’a réveillée au milieu de la nuit pour lui annoncer le sauvetage, a dû répéter l’information plusieurs fois avant qu’elle ne comprenne.

« Contrairement à la libération de ma mère, de ma tante et de ma cousine le 28 novembre, qui s’est faite dans une attente angoissante, cette fois-ci, nous ne savions pas que cela allait arriver. C’était un choc, il m’a fallu quelques instants pour comprendre ce qu’il fallait faire », a-t-elle déclaré à Ynet.

Les retrouvailles avec son oncle ont été « très excitantes », a-t-elle ajouté. « J’ai répété la même phrase pendant que nous nous serrions dans les bras : ‘Je n’arrive pas à croire que tu sois ici.' »

Selon elle, les deux otages se sont chamaillés pendant leur captivité à Gaza au sujet des efforts déployés par Israël pour obtenir leur libération, précisant que « Fernando était plus optimiste et croyait que quelque chose était fait pour les libérer ».

Natalie Afghan, la fille de Louis Har, réagissant au sauvetage de son père lors d’une interview télévisée diffusée le 12 février 2024. (Crédit : Capture d’écran de la Treizième chaîne ; utilisée conformément à l’article 27a de la loi sur le droit d’auteur)

« Louis était probablement un peu plus pessimiste et pensait que rien ou pas grand-chose n’était fait », a-t-elle ajouté, précisant qu’ils n’avaient aucune idée de ce qui se passait en Israël.

Elle a salué « l’héroïsme » des soldats qui les ont libérés et a affirmé qu’elle continuerait à faire campagne en faveur d’un accord pour la libération des otages restants.

« Ils ont sorti mon père des ténèbres », a déclaré Natalie Afghan, l’autre fille de Louis, à la Treizième chaîne. « Maintenant, mon cœur est entier. Nous sommes encore sous le choc, abasourdis. Je veux juste serrer mon père dans les bras. »

« Ils ne comprenaient pas ce qui se passait pendant le sauvetage. Heureusement, tout s’est bien passé », a-t-elle poursuivi.

Louis Har (au centre), serrant une proche dans ses bras sous le regard de Fernando Marman, à l’hôpital Sheba, à Ramat Gan, le 12 février 2024. (Crédit : Capture d’écran)

« Il est impossible d’expliquer le sentiment que nous éprouvons en ce moment, c’est un choc. Nous sommes tous très excités, les petits-enfants ne sont pas prêts à quitter Louis », a-t-elle ajouté.

Afghan a ajouté qu’en dépit des promesses, son père n’avait pas reçu les médicaments qui avaient été transférés dans la bande de Gaza dans le cadre d’un accord conclu le mois dernier sous l’égide du Qatar.

Edan Bejerano, le gendre de Louis, a déclaré à la Douzième chaîne que c’était un sentiment « surréaliste » de voir les espoirs et les prières de la famille se réaliser.

« Peu après 3h du matin, je suis revenu de l’aéroport parce que mon fils était rentré de l’étranger. Je suis rentré à la maison, j’allais me coucher, et au bout de 15 minutes, j’ai reçu un appel (…) On m’a dit : ‘Viens, il est là.' »

« Il y a eu des embrassades, des larmes. Il n’y a pas eu beaucoup de mots », a-t-il ajouté. « Il semble qu’il était très inquiet pour nous tous. »

Interrogé sur ses premières impressions sur les deux hommes, Bejerano a répondu : « Nous les avons vus, ils sont encore alités, et passent des examens. Ils sont amaigris, pâles, un peu choqués par tout ce remue-ménage et par ce qui leur est arrivé. Pendant 128 jours, ils ont été dans une situation très pénible, très compliquée. Ils ont moins parlé de ce qui s’est passé là-bas et ont davantage essayé de savoir et de comprendre ce qui nous est arrivé, ce qui est arrivé aux enfants, ce qui est arrivé aux petits-enfants. »

S’adressant ensuite aux journalistes, Bejerano a également exhorté les dirigeants à « être sérieux et à conclure un accord » pour libérer les otages restants.

« Le peuple israélien a besoin que cet accord soit conclu. Pas hier, pas demain, aujourd’hui », a-t-il affirmé.

Geffen Sigal Ilan, la nièce de Fernando Simon Marman et de Louis Har, deux otages israéliens qui ont été secourus, dans la nuit du 11 au 12 février, par les forces spéciales israéliennes lors d’une opération spéciale, s’adressant à la presse depuis l’hôpital Sheba, à Ramat Gan, le 12 février 2024. (Crédit : Avshalom Sassoni/FLASH90)

Geffen Sigal Ilan, l’autre nièce de Fernando et la fille de Clara, la compagne de Louis, a déclaré à la chaîne israélienne Kan que leurs ravisseurs avaient mené une « guerre psychologique » à leur encontre jusqu’au dernier moment.

« Hier encore, ils leur disaient que tout le monde était retourné au travail et que personne ne les attendait ou ne les cherchait. Ils y ont cru et ont continué à se soutenir les uns les autres », a-t-elle déclaré.

« À partir de 2h du matin, nous avons commencé à entendre des détonations et des bruits [à Rafah] », a déclaré Moshe Schori, du kibboutz Nir Yitzhak, à douze kilomètres à vol d’oiseau, qui a raconté avoir entendu le raid, ajoutant que « nous ne pouvions pas dormir ».

« Ce n’est que le matin que nous avons vu aux informations qu’elle [l’armée israélienne] avait libéré deux résidents de notre kibboutz », a-t-il ajouté, se tenant devant la maison d’où Fernando et Louis ont été enlevés le 7 octobre.

Les familles des autres captifs encore détenus à Gaza se sont également réjouies de l’opération de sauvetage, tout en soulignant que leurs proches se trouvaient toujours à Gaza, et en continuant d’insister pour qu’un accord soit conclu afin de ramener les derniers otages à la maison.

Dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux, Ayala Metzger, dont les beaux-parents Yoram et Tamar Metzger ont été pris en otage, s’est félicitée du sauvetage de Fernando et Louis et a appelé à la conclusion d’un accord sur les otages – Tamar a été relâchée le 28 novembre lors de la même phase de libération que Clara, Gabriela et Mia.

« Il ne faut pas oublier que 134 otages sont toujours détenus par le Hamas et que nous devons tout faire pour les ramener à la maison », a-t-elle rappelé.

« Les jours à venir sont cruciaux pour décider d’un accord-cadre, si nous l’acceptons ou non », a-t-elle ajouté, appelant ses partisans à accroître la pression sur le gouvernement pour qu’il accepte un accord, même si cela implique un « lourd tribut ».

Yotam Haïm et sa mère, Iris Haïm. Yotam a été capturé par des terroristes du Hamas le 7 octobre et a été tué par erreur par des soldats israéliens à Shejaiya, alors qu’il tentait de s’échapper le 15 décembre 2023. (Crédit : Autorisation)

Iris Haïm, dont le fils Yotam Haïm a été tué accidentellement par l’armée israélienne lors d’un incident tragique en décembre, en même temps que deux autres otages qui avaient échappé à la captivité, a déclaré que ses sentiments étaient « mitigés » lors du sauvetage de Fernando et Louis – de la joie pour les familles, mais aussi de la tristesse pour sa propre perte.

« Nous, et moi personnellement, avons fait des efforts pour ne pas avoir le sentiment d’une occasion manquée, de ce qui aurait pu se passer si », a-t-elle déclaré à Kan, ajoutant qu’elle sait que le jour viendra où les otages seront secourus avec succès.

130 des otages enlevés par le Hamas et ses complices le 7 octobre sont encore à Gaza, mais certains ne sont plus en vie – après la libération de 105 civils au cours d’une trêve d’une semaine à la fin du mois de novembre.

Quatre otages avaient été libérées avant cela, et une soldate avait été secourue par l’armée israélienne. Les corps sans vie de huit otages ont également été retrouvés et trois otages donc ont été tués par erreur par l’armée le 15 décembre.

L’armée a confirmé le décès de 29 otages – notamment de deux captifs dont la mort a été annoncée mardi – qui se trouvaient encore à Gaza, citant de nouveaux renseignements et autres informations obtenues par les militaires en opération sur le terrain, au sein de l’enclave côtière. Une personne est encore considérée comme portée disparue depuis le 7 octobre et son sort reste indéterminé.

Outre les 130 otages, le Hamas détient aussi les dépouilles d’Oron Shaul et de Hadar Goldin, morts dans la bande en 2014. Il garde aussi en captivité deux civils israéliens, Avera Mengistu et Hisham al-Sayed, qui seraient encore vivants après être entrés dans la bande de leur propre gré en 2014 et en 2015.

L’équipe du Times of Israel et l’AFP ont contribué à cet article.

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