Le Premier ministre, critiqué, renonce à se rendre à Washington en jet privé
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Le Premier ministre, critiqué, renonce à se rendre à Washington en jet privé

Netanyahu rejoindra le reste de la délégation pour ne pas "détourner l'attention des médias de l'accord historique avec les EAU" ; le vol prévu aurait coûté plus de 600 000 shekels

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu assiste à une réunion du cabinet au Chagall State Hall à la Knesset le 24 mai 2020. (Crédit : Abir Sultan / Pool / AFP)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu assiste à une réunion du cabinet au Chagall State Hall à la Knesset le 24 mai 2020. (Crédit : Abir Sultan / Pool / AFP)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et sa famille ont renoncé à leur projet de se rendre en avion privé à Washington pour y assister à la cérémonie de signature de l’accord de normalisation conclu par Israël avec les Emirats arabes unis, après de nombreuses critiques.

Ils se joindront donc à l’ensemble de la délégation officielle israélienne et quitteront Tel Aviv dimanche soir. Leur retour de Washington s’effectuera mardi après-midi.

« De manière à ne pas permettre aux médias de détourner l’attention du public de l’accord historique qui a été signé avec les Emirats arabes unis – et potentiellement avec les autres nations arabes – le Premier ministre embarquera avec la délégation dans un avion plus spacieux, avec des arrangements de séparation stricts pour garantir sa santé », a fait savoir le bureau du Premier ministre dans un communiqué.

Le voyage en avion privé avait entraîné des critiques publiques, et les trois principales chaînes de télévision israéliennes avaient décidé de ne pas envoyer d’équipes spéciales pour couvrir la cérémonie de signature de l’accord, préférant s’appuyer sur leurs correspondants américains. Elles avaient estimé qu’il n’était pas nécessaire d’envoyer des équipes de journalistes qui seraient confinées dans leurs hôtels – exception faite des événements officiels.

C’est El Al qui sera chargé de ce vol et non la compagnie Israir, comme initialement prévu.

La Douzième chaîne a noté vendredi que le vol en jet privé aurait coûté au moins 600 000 shekels.

Le Likud, pour sa part, avait rejeté jeudi les critiques de la décision de ce déplacement de Netanyahu et de son épouse dans un avion séparé.

« La gauche et les médias recherchent toutes les excuses susceptibles de minimiser l’accomplissement historique du Premier ministre Netanyahu, allant même jusqu’à mettre en danger sa santé, tout simplement parce qu’ils ne peuvent supporter l’idée qu’il ait apporté la paix pour la paix, et non la paix pour des terres », a commenté le parti.

Photo d’illustration : Un jet privé atterrit à l’aéroport de Biggin Hill à Londres. (Crédit : AP Photo/Tim Ireland)

Expliquant sa décision, le bureau du Premier ministre avait fait savoir « qu’en raison des craintes d’une potentielle contamination du Premier ministre au coronavirus à bord d’un vol transportant plus de 70 personnes, des sources expertes ont donné pour instruction au Premier ministre d’embarquer à bord d’un avion séparé que l’Etat d’Israël utilise de temps en temps ».

Selon le bureau, le montant total dépensé pour les deux avions à destination de Washington représentait la moitié du montant dépensé pour l’avion pour le Premier ministre au cours de son dernier voyage à la Maison Blanche, citant une sécurité moindre à assurer à bord du vol transportant la délégation.

Le président américain Donald Trump a pour sa part déclaré qu’un autre pays pourrait rejoindre Israël et les Emirats lors de la cérémonie de signature de l’accord de normalisation, événement prévu à la Maison Blanche le 15 septembre.

« La semaine prochaine, à la Maison Blanche, nous organiserons la signature de l’accord entre les EAU et Israël et nous pourrions bien avoir un autre pays qui viendra s’ajouter à cela. Et je vais vous le dire : Les pays désireux d’entrer là-dedans se bousculent », a commenté Trump lors d’un point-presse organisé à la Maison Blanche.

Trump n’a pas précisé quel pays pourrait « venir d’ajouter » à la signature et n’a pas précisé non plus quels Etats seraient susceptibles d’assister à la cérémonie de mardi. Il a toutefois déclaré qu’un certain nombre de « gros pays » allaient « s’ajouter », et il a indiqué s’être récemment entretenu avec le roi Salmane d’Arabie saoudite.

« J’ai parlé au roi d’Arabie saoudite, on parle donc. On vient tout juste de lancer le dialogue », a dit Trump.

Il est difficile de dire si Trump a voulu évoquer la présence d’un autre pays lors de la cérémonie entre Israël et les Emirats, ou la possibilité de l’intégration d’un autre Etat à l’accord de normalisation.

L’Etat juif et les Emirats arabes unis ont annoncé, le 13 août, l’établissement de relations diplomatiques pleines et entières entre les deux pays. C’est le troisième Etat arabe à mettre en place des liens officiels avec Israël après l’Egypte et la Jordanie. Les responsables israéliens et américains ont exprimé leur espoir que d’autres pays du Golfe emboîteront rapidement le pas aux Emirats, avec des relations basées sur des intérêts commerciaux et sécuritaires mutuels ainsi que sur une animosité partagée à l’égard de l’Iran.

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