Leurs maris assassinés en Cisjordanie, deux jeunes veuves unies par leur chagrin
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Leurs maris assassinés en Cisjordanie, deux jeunes veuves unies par leur chagrin

Yael Shevach a fait une visite de condoléances à Miriam Ben-Gal, dont le mari Itamar a été mortellement poignardé lors d'un attentat terroriste à Ariel

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

Yael Shevach, à gauche, l'épouse de  Raziel Shevach qui a été tué par balles lors d'un attentat terroriste commis le 9 janvier à proximité de l'avant-poste de  Havat Gilad, réconforte Miriam Ben-Gal,  la femme d'Itamar Ben-Gal, mortellement poignardé dans une attaque, le 5 février. Une photo prise au domicile de Ben-Gal, le 6 février 2018. Au milieu, la grand-mère de Miriam, Esther (Autorisation)
Yael Shevach, à gauche, l'épouse de Raziel Shevach qui a été tué par balles lors d'un attentat terroriste commis le 9 janvier à proximité de l'avant-poste de Havat Gilad, réconforte Miriam Ben-Gal, la femme d'Itamar Ben-Gal, mortellement poignardé dans une attaque, le 5 février. Une photo prise au domicile de Ben-Gal, le 6 février 2018. Au milieu, la grand-mère de Miriam, Esther (Autorisation)

HAR BRACHA, Cisjordanie – Moins d’un mois après que son époux Raziel a été tué lors d’une fusillade à l’occasion d’un attentat terroriste perpétré aux abords de l’avant-poste de Havat Gilad, Yael Shevach est arrivée au sein de l’implantation de Har Bracha mardi pour apporter du réconfort à Miriam Ben-Gal, dont le mari, Itamar, a été assassiné lors d’une attaque au couteau lundi.

S’exprimant au sujet de cette rencontre entre les deux veuves aux abords du domicile de Ben-Gal, Yael Shevach a expliqué qu’elles avaient retracé les angoissantes particularités de leurs tragédies respectives.

« Nous sommes toutes les deux éducatrices, Raziel et Itamar étaient tous les deux des spécialistes de la Torah, et toutes les deux avons le sentiment que nous avons été choisies pour tenir ce rôle », a dit Yael Shevach, qui a expliqué ce « rôle » comme étant celui d’assumer la responsabilité du renforcement du mouvement pro-implantations en mémoire de leurs époux défunts.

« Raziel et Itamar adoraient la vie, ils adoraient bien s’habiller, bien manger. Raziel est mort alors qu’il rentrait d’une circoncision et Itamar, lui, se rendait à une circoncision lui aussi. La sœur de Raziel va se marier dans moins d’un mois et c’est également le cas de la sœur de Miriam », a ajouté Yael Shevach added.

Raziel Shevach (debout) photographié avec Itamar Ben-Gal (deuxième à droite) lors de la fête d’anniversaire d’un ami commun (Publié avec l’autorisation d’Aviad Sharara)

Quelques heures après qu’Itamar Ben-Gal, 29 ans, a été mortellement poignardé alors qu’il faisait de l’auto-stop au carrefour d’Ariel, dans le centre de la Cisjordanie lundi, Yael Shevach avait publié sur Facebook qu’elle avait le sentiment « d’avoir gagné une nouvelle sœur ».

« Nous traverserons cela ensemble. Seules », avait-elle écrit.

Mardi matin, avant les funérailles de Ben-Gal, Yael a publié un poème dans lequel elle évoque son nouveau lien avec Miriam.

« Les liens du sang, quelle expression… Une expression qui symbolise la camaraderie, la famille.

Les liens du sang. Ils symbolisent un lien formé à partir du sang. Un sang pur, un sang pur.

Je suis veuve. J’ai été choisie pour cela. Je suis une veuve juive. Fière.

Mon époux est Juif. Destiné. Une destinée cruelle et amère. Et maintenant je suis liée à toi, ma nouvelle sœur. Nous étions destinées.

Une destinée ridicule et cruelle. Quelle est notre destinée ? Ce n’est pas clair. Mais il est clair qu’il sera plus facile pour nous de porter ensemble ce fardeau.

De supporter la solitude ensemble. Dans la fraternité. Dans la douleur qui va rester. Et je ne lâcherai pas prise non plus. Jusqu’à ce que tu me dises : Assez ».

Raziel Shevach a été tué par un terroriste palestinien le 9 janvier. Ce père de six enfants avait rencontré Ben-Gal, père de quatre enfants, par le biais d’amis communs.

Comme lors du meurtre de Shevach, qui avait été mis en avant par sa famille pour réclamer la légalisation de l’avant-poste du nord de la Cisjordanie qu’elle habitait, la famille Ben-Gal – comme de nombreuses autres familles endeuillées en Cisjordanie – ont juré mardi sur la tombe d’Itamar de continuer les constructions d’implantations en réponse à l’attentat.

A cette visite de condoléances était également présente une voisine qui se remet difficilement de sa propre tragédie vécue il y moins de sept mois : Rachel Menzali a été l’une des premières à réconforter la famille immédiatement après les funérailles. Le père de Menzali, Yosef Salomon, sa sœur Tova Salomon, et son frère Elad Salomon avaient été poignardés à mort par un terroriste palestinien en juillet dernier, dans l’implantation de Halamish.

Yosef, Elad et Chaya Salomon, poignardés à mort à Halamish, en Cisjordanie, le 21 juillet 2017. (Crédit : autorisation)

« Quand les choses semblent s’améliorer, quelque chose comme ça survient et nous ramène en arrière », a déclaré le mari de Menzali au Times of Israel.

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