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L’homme qui a tenté d’assassiner la vice-présidente argentine a un tatouage nazi

Le suspect, Fernando Andre Sabag Montiel, arbore un tatouage du « soleil noir », symbole fétiche des tireurs de masse suprémacistes blancs

Capture d’écran d’une vidéo donnant à voir Fernando Andre Sabag Montiel qui pointe son arme sur la vice-présidente argentine, Cristina Kirchner, le 1er septembre 2022. (Capture d’écran)
Capture d’écran d’une vidéo donnant à voir Fernando Andre Sabag Montiel qui pointe son arme sur la vice-présidente argentine, Cristina Kirchner, le 1er septembre 2022. (Capture d’écran)

L’homme qui a tenté d’assassiner, jeudi, la vice-présidente argentine Cristina Kirchner est un Brésilien avec des antécédents criminels et un tatouage nazi.

Le suspect, Fernando Andre Sabag Montiel, âgé de 35 ans, a tenté d’abattre à bout portant Kirchner devant son domicile de Buenos Aires, mais son arme s’est apparemment enrayée.

Montiel a posté des photos de lui sur Instagram posant devant un miroir pour laisser voir ses tatouages. On voit sur son coude un symbole du soleil noir, « schwarze sonne » en allemand, indique le média espagnol El Pais. L’emblème est également connu sous le nom de sonnenrad, ou roue solaire. Utilisé par le régime nazi, il a été adopté par les néo-nazis.

Le symbole a été utilisé par des tireurs de masse suprémacistes blancs et néo-nazis par le passé. Payton Gendron, suprémaciste blanc qui a tué 10 Noirs en mai de cette année à Buffalo, New York, avait un soleil noir gravé sur son équipement. Brenton Tarrant, qui a tué 51 personnes dans deux mosquées néo-zélandaises en 2019, arborait le symbole sur son gilet.

L’Anti-Defamation League (ADL) considère le soleil noir comme un symbole de haine, variante de la croix gammée.

Montiel se décrivait comme « chrétien » sur les réseaux sociaux. Son compte Instagram semble avoir été supprimé.

De nationalité brésilienne, le suspect a une mère argentine. Il avait déjà été interpellé pour détention illégale d’armes, selon des sources policières citées par l’agence de presse Telam.

La police a déclaré aux journalistes avoir trouvé une centaine de balles dans l’appartement qu’il louait dans la banlieue de Buenos Aires.

La police enquête, dans le cadre de ce qui est qualifié par les autorités de tentative d’homicide aggravé, pour savoir si l’agresseur, appréhendé sur les lieux, a agi seul.

La tentative d’assassinat a été filmée.

Les images donnent à voir un homme qui pointe une arme sur celle qui, âgée de 69 ans, a été présidente de 2007 à 2015, et fait aujourd’hui face à des accusations de corruption pour des faits remontant à cette époque.

L’arme n’a pas fait feu.

L’incident a eu lieu dans le quartier chic de Recoleta, à Buenos Aires, où des partisans de Kirchner se rassemblent tous les soirs depuis le 22 août, date à laquelle les procureurs argentins ont annoncé requérir à son encontre une peine de 12 ans d’emprisonnement et une interdiction à vie de toute vie politique.

« J’ai vu un bras apparaître par-dessus de mon épaule, avec une arme. Il y avait une foule autour de moi. Il a été maîtrisé », a déclaré à l’AFP un témoin, qui n’a pas donné son nom.

Un autre témoin, connu par son prénom – Teresa -, a déclaré : « Nous attendions notre bien-aimée Cristina. Elle est descendue nous saluer, comme elle le fait chaque soir. Et tout d’un coup, il y a eu de l’agitation : ce type qui a pointé [une arme] sur elle. »

La scène du crime a été bouclée par la police vendredi, avec une poignée de soutiens de Kirchner rassemblés à proximité.

Les forces de police quadrillent les lieux de l’attentat où un homme a pointé une arme sur la vice-présidente argentine, Cristina Fernandez de Kirchner, lors d’un événement devant son domicile, dans le quartier de Recoleta à Buenos Aires, en Argentine, le 1er septembre 2022. (Crédit : AP Photo/Natacha Pisarenko)

La tentative d’assassinat a suscité de nombreux messages de solidarité dans le monde entier, et des dizaines de milliers d’Argentins sont descendus en nombre dans la rue pour manifester contre la violence politique.

Le président argentin Alberto Fernandez a annoncé à la nation que « Cristina était en vie car, pour une raison qui n’avait pas encore été techniquement expliquée, l’arme qui contenait cinq balles n’avait pas fait feu alors même que la gâchette avait été actionnée ».

Il a déclaré qu’il s’agissait de « l’événement le plus grave depuis le rétablissement de la démocratie » en 1983.

Selon le Vatican, le pape François lui-même, ex-archevêque de Buenos Aires, aurait adressé un télégramme à Kirchner pour lui témoigner sa « solidarité ».

Le Secrétaire Général de l’ONU, Antonio Guterres, s’est dit « choqué » par les événements et a « condamné cette violence », a déclaré une porte-parole.

Le Secrétaire d’État américain, Antony Blinken, a écrit sur Twitter : « Nous sommes aux côtés du gouvernement et du peuple argentins, contre la violence et la haine. »

La vice-présidente argentine, Cristina Fernandez de Kirchner, sur scène lors d’un événement avec ses partisans, pour célébrer l’investiture du président Alberto Fernandez, devant le palais présidentiel à Buenos Aires, en Argentine, le 10 décembre 2019. (Crédit : AP Photo/Marcos Brindicci)

Des chefs d’Etat latino-américains ont également manifesté leur soutien en adressant des messages, que ce soit le président vénézuélien Nicolas Maduro, le Chilien Gabriel Boric, Luis Arce en Bolivie, le Mexicain Andres Manuel Lopez Obrador ou Guillermo Lasso, pour l’Équateur, pour ne citer qu’eux.

Luiz Inacio Lula da Silva, l’ex-président brésilien engagé dans une bataille électorale féroce, a qualifié l’agresseur de Kirchner de « criminel fasciste ».

Son rival, le président brésilien sortant Jair Bolsonaro – qui a survécu à une tentative d’assassinat pendant la campagne en 2018 – a déclaré avoir adressé à Kirchner un message de soutien.

« Heureusement que l’agresseur ne savait pas se servir d’une arme », a ajouté le leader controversé d’extrême droite.

Kirchner, qui jouit de soutiens fidèles parmi les partisans du mouvement péroniste de centre-gauche hérité de l’ex-président argentin Juan Peron, est détestée dans la même mesure par l’opposition politique.

Avocate qui a succédé à la présidence à son défunt mari, Nestor Kirchner, Cristina est accusée d’avoir fraudé pour l’attribution de contrats de travaux publics dans son fief politique de Patagonie.

Les procureurs l’accusent d’avoir escroqué l’État d’environ un milliard de dollars, ce qu’elle nie en bloc.

Kirchner est également accusée d’avoir fait obstruction à l’enquête sur l’attentat à la bombe de 1994 contre le centre juif AMIA de Buenos Aires, que l’on pense perpétré par des terroristes du Hezbollah financés par l’Iran, et qui a tué 85 personnes, et en a blessé des centaines d’autres. Alberto Nisman, le procureur qui enquêtait sur l’affaire et qui devait présenter des preuves à l’encontre de Kirchner a été retrouvé mort à son domicile la veille de sa présentation de preuves.

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