Liban: la mission de l’ONU renouvelée, l’embargo sur les armes souligné
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Liban: la mission de l’ONU renouvelée, l’embargo sur les armes souligné

Le représentant américain accuse le Hezbollah d'avoir "développé son arsenal au Liban", grâce "au soutien de l'Iran" et de "menacer directement la paix" entre le Liban et Israël"

Un véhicule de la FINUL au Liban, le 30 novembre 2005. Illustration. (Crédit : CC BY SA 3.0/Wikimedia Commons)
Un véhicule de la FINUL au Liban, le 30 novembre 2005. Illustration. (Crédit : CC BY SA 3.0/Wikimedia Commons)

Le Conseil de sécurité a approuvé jeudi à l’unanimité un renouvellement pour un an de la mission de ses Casques bleus au Liban, en insistant à la demande des Etats-Unis sur la nécessité d’appliquer pleinement l’embargo sur les armes.

Après le vote, le représentant diplomatique des Etats-Unis, Rodney Hunter, s’en est vivement pris au groupe terroriste libanais du Hezbollah, non cité dans le texte de la résolution adoptée malgré des pressions des Etats-Unis lors des négociations, selon des diplomates.

« Avec le soutien de l’Iran, le Hezbollah a développé son arsenal au Liban, menaçant directement la paix le long de la Ligne bleue (de démarcation entre le Liban et Israël) et la stabilité de l’ensemble du Liban », a affirmé M. Hunter.

Douze ans après l’interdiction internationale de vendre des armes au Liban sauf au gouvernement et à la force de paix Finul, « il est inacceptable que le Hezbollah continue de fouler aux pieds cet embargo, la souveraineté du Liban et la volonté de la majorité du peuple libanais », a-t-il asséné.

Toujours à l’initiative des Etats-Unis, la résolution adoptée pousse « le gouvernement libanais à développer un plan pour augmenter ses capacités navales » afin de supprimer à terme la composante navale de la force de paix Finul.

Une patrouille de la FINUL près de la frontière israélo-libanaise (Hamad Almakt / Flash90)

Interrogé sur la contradiction à réclamer davantage de respect de l’embargo sur les armes tout en voulant supprimer un outil naval chargé justement de surveiller la vingtaine de kilomètres de côtes libanaises, un diplomate a avancé, parmi les raisons, une volonté des Etats-Unis de réduire les coûts de la Finul, forte de quelque 10 000 militaires.

La composante navale des Casques bleus comprend une demi-douzaine de navires militaires dotés d’armements et de radars.

Dossier sensible

Selon une source diplomatique, la majeure partie des membres du Conseil, comme le Liban, souhaitaient à l’origine un renouvellement quasi-identique du mandat approuvé il y a un an. Au final, le texte comprend des amendements mais qui ne sont pas « substantiels », estime cette source.

Illustration de la sensibilité du dossier libanais, seuls les cinq membres permanents du Conseil de sécurité ont pris la parole après le vote.

« Les activités des Casques bleus de la Finul ont pour objectif de stabiliser la situation sur la Ligne bleue de démarcation entre le Liban et Israël, et également à l’intérieur du Liban et dans l’ensemble du Moyen-Orient », a souligné l’ambassadeur russe, Vassily Nebenzia. « Cette mission doit être préservée. Il faut éviter les tentatives d’en faire un instrument politisé », a-t-il ajouté, en visant implicitement les Etats-Unis.

Les soldats israéliens (en haut à gauche) et les Casques bleus (en haut à droite) regardent les partisans libanais du mouvement chiite Hezbollah assister à un rassemblement contre la décision du président américain de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël, le 28 janvier 2018, dans le village dans le sud du Liban d’Alma al-Shaab, à la frontière avec Israël (Crédit : AFP PHOTO / Mahmoud ZAYYAT)

Lors des négociations, « la France a travaillé à préserver l’unité du Conseil », a expliqué Anne Gueguen, représentante française, soulignant tout comme l’ambassadrice britannique Karen Pierce l’importance de la Finul, « un bien public régional essentiel pour la stabilisation » au Moyen-Orient.

« La communauté internationale devrait continuer d’apporter un soutien politique à la Finul et devrait fournir les ressources nécessaires à l’exercice de ses fonctions », a fait valoir Wu Haitao, ambassadeur adjoint de la Chine.

Parmi les inflexions produites par ces négociations, le Conseil de sécurité réclame que la Finul améliore encore son efficacité dans sa zone de déploiement dans le sud du Liban.

Sur l’embargo sur les armes, il insiste sur l’obligation faite à « tous les Etats de prendre toutes mesures pour empêcher que leurs ressortissants, ou leurs territoires, en utilisant navires ou avions, vendent ou fournissent des armes à toute entité ou individu au Liban autres que ceux autorisés par le gouvernement ou la Finul ».

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