Liberman : les Israéliens ne pardonneront pas à Gantz et Netanyahu un 3e scrutin
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Liberman : les Israéliens ne pardonneront pas à Gantz et Netanyahu un 3e scrutin

Le chef de Yisrael Beytenu, qui a contribué à la convocation de 2e élections, estime que les différences idéologiques entre le Likud et Kakhol lavan sont minimes

Le président d'Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman, a voté le 17 septembre 2019. (Crédit : autorisation d'Yisrael Beytenu)
Le président d'Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman, a voté le 17 septembre 2019. (Crédit : autorisation d'Yisrael Beytenu)

Avigdor Liberman a averti dimanche le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son rival Benny Gantz que les Israéliens ne leur pardonneraient pas s’ils ne parvenaient pas à former un gouvernement d’unité et qu’ils conduisaient le pays à un troisième scrutin en moins d’un an.

« Les citoyens d’Israël ne vous pardonneront que vous nous conduisiez à un autre cycle électoral en raison de questions d’égo », a écrit le chef du parti Yisrael Beytenu sur Facebook en amont de Rosh HaShana.

Avigdor Liberman avait contribué à la convocation des élections du 17 septembre en refusant de rejoindre un gouvernement dirigé par Benjamin Netanyahu au lendemain du scrutin du 9 avril à moins qu’une loi sur le service militaire des étudiants de yeshiva ne soit adoptée sans changement — une exigence rejetée par les alliés ultra-orthodoxes du Premier ministre.

Lui manquant alors un siège pour obtenir la majorité, Netanyahu s’était empressé de faire voter fin mai la dissolution de la Knesset et de convoquer un nouveau scrutin, plutôt que de confier à un autre député la tâche périlleuse de former un gouvernement.

Avigdor Liberman, dont le parti est passé de cinq à huit sièges à l’issue des élections du 17 septembre et qui détient l’équilibre du pouvoir au Parlement entre le Likud et Kakhol lavan, a fait campagne sur la promesse de forcer à un gouvernement d’union entre les deux partis si aucun d’eux ne pouvait bâtir une coalition sans lui — une promesse réitérée depuis la fin des élections.

« La population exige un gouvernement d’unité », a-t-il déclaré, soulignant que les partis de Gantz et Netanyahu n’ont même pas besoin de Yisrael Beytenu pour former une telle coalition, puisque réunis, ils disposent de la majorité. (Kakhol lavan a obtenu 33 sièges et le Likud, 32.)

Liberman a affirmé que les différences idéologiques entre les deux formations étaient minimes et que les sympathisants du Likud ne votaient pas pour les partenaires religieux de Netanyahu lorsqu’ils déposaient leur bulletin dans l’urne.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le président Reuven Rivlin à la résidence du président à Jérusalem, le 25 septembre 2019, où Netanyahu a été chargé de former le prochain gouvernement israélien. (Yonatan Sindel/Flash 90

À la suite du scrutin, les dirigeants de l’alliance nationale-religieuse Yamina et les partis ultra-orthodoxes Yahadout HaTorah et Shas ont conclu un accord stipulant qu’ils ne négocieraient l’entrée dans une coalition qu’ensemble, soit un bloc de 55 sièges dirigé par le chef du Likud. Liberman et Gantz ont tous deux fustigé la manœuvre, le n°1 de Kakhol lavan la désignant comme un obstacle crucial aux négociations avec le Likud.

« Un autre tour d’élections ne donnera pas lieu à un résultat différent, mais à un désastre national et une paralysie économique qui porteront votre nom », a mis en garde Avigdor Liberman.

« Pour cette nouvelle année… je vous appelle à faire preuve de responsabilité, à mettre vos egos et intérêts personnels de côté et à établir un gouvernement qui pourra commencer à s’attaquer aux problèmes et aux défis auxquels nous sommes confrontés. »

Liberman a rencontré Benny Gantz la semaine dernière, mais n’a pas discuté avec Benjamin Netanyahu depuis les élections, bien que le parti Yisrael Beytenu a indiqué qu’il était prêt à rencontrer le Premier ministre si celui-ci l’y invitait officiellement.

Les négociations entre les représentants du Likud et de Kakhol lavan sur la possibilité de constituer un gouvernement d’union ont pris fin dimanche après-midi. Les deux camps se sont mutuellement reprochés l’absence de progrès et la rupture des discussions.

Le Likud a fait savoir que Netanyahu tenterait une dernière fois mercredi de parvenir à un accord — le jour-même du début de ses audiences avec le procureur général — lors de discussions directes avec son homologue de Kakhol lavan.

Le Président Reuven Rivlin (au centre) rencontre le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à gauche) et le chef du parti Kakhol lavan Benny Gantz à la résidence du Président à Jérusalem, le 23 septembre 2019. (Haim Zach/GPO)

Immédiatement après la rencontre de dimanche, Kakhol lavan a publié un communiqué indiquant : « Nous regrettons que le Likud s’accroche à sa condition préalable de ‘Netanyahu d’abord’. Dans ce cadre, le Likud persiste sur son bloc de 55 membres et sur des grandes phrases dans le seul but de s’attirer des faveurs en vue de traîner Israël dans un autre tour d’élections sur ordre de Netanyahu. »

« L’État d’Israël a besoin d’un gouvernement d’union large, stable et progressiste sous la direction de Benny Gantz — nous continuerons à poursuivre cet objectif et aucun autre », a ajouté l’alliance centriste.

Dans son communiqué, le Likud a lui attribué l’absence de progrès au « refus de Kakhol lavan d’accepter le gouvernement d’union [proposé par] le président de l’État — un gouvernement égalitaire avec une rotation entre Netanyahu et Gantz ».

Le Likud a accusé Kakhol lavan d’avoir « stratégiquement décidé de claquer la porte à un gouvernement d’union » et lui aussi de « traîner le pays dans des élections ».

Netanyahu et Gantz se rencontreront mercredi soir, a fait savoir le Likud, au retour de Londres du dirigeant de Kakhol lavan.

Netanyahu a été chargé mercredi soir par Reuven Rivlin de tenter de former un gouvernement au vu de la puissance de son bloc de 55 députés avec les partis de droite et ultra-orthodoxes. Il a 28 jours pour y parvenir. Son rival est, lui, à la tête d’un bloc de 54 députés du centre et de partis de gauche et arabes, mais les 10 députés arabes concernés ne rejoindront pas de coalition. Aucun candidat ne dispose ainsi d’une voie toute tracée pour obtenir une majorité de 61 sièges à la Knesset.

Yisrael Beytenu insiste pour que les deux plus grands partis bâtissent un gouvernement d’union sans les partis ultra-orthodoxes, « messianiques », de gauche et arabes.

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