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Liberman rejette la tentative d’intimidation du Syndicat des enseignants

Le ministre des Finances a déclaré que la menace de grève est une tentative de "prendre les élèves et les parents en otage"

Le ministre des Finances Avigdor Liberman s'exprimant lors d'une conférence de presse au ministère des Finances, à Jérusalem, le 17 août 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le ministre des Finances Avigdor Liberman s'exprimant lors d'une conférence de presse au ministère des Finances, à Jérusalem, le 17 août 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Alors que l’incertitude persiste quant à savoir si l’année scolaire commencera normalement dans deux semaines, le ministre des Finances Avigdor Liberman a accusé le Syndicat des enseignants israéliens de « brimer » et de tenter de « prendre les élèves et les parents en otage » en menaçant de faire grève si leurs revendications salariales ne sont pas satisfaites.

La cheffe du Syndicat des enseignants d’Israël a menacé d’appeler à la grève pour la rentrée, le 1er septembre prochain.

Mardi, la ministre de l’Éducation Yifat Shasha-Biton a expliqué à la Commission de l’éducation, de la culture et des sports de la Knesset que les négociations n’avançaient pas à un « rythme satisfaisant ».

Shasha-Biton a ajouté que les offres faites en matière salariale par le ministère des Finances n’étaient pas satisfaisantes, accusant les responsables du Trésor de faire traîner les négociations en vue de la rentrée.

Lors d’une conférence de presse tenue mercredi dans les bureaux du ministère des Finances à Jérusalem, Liberman a déclaré qu’il ne céderait pas à ce « comportement violent », un jour après les accusations de la ministre de l’Éducation.

Liberman a laissé entendre que le Syndicat des enseignants comptait sur le gouvernement intérimaire pour céder à ses exigences en raison de l’imminence des élections législatives de novembre.

« J’entends que certains sont certains qu’un gouvernement ne pourra pas se permettre d’autoriser une grève deux mois avant les élections, et il y a là une tentative de prendre les élèves et les parents en otage », a-t-il déclaré. « Les comportements violents et d’intimidation ne seront pas payants ».

Le ministre des Finances Avigdor Liberman tenant une conférence de presse au ministère des Finances, à Jérusalem, le 17 août 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Debout aux côtés du commissaire aux salaires au ministère des Finances, Kobi Bar-Nathan, Liberman a présenté la proposition complète du Trésor pour un accord salarial avec le Syndicat des enseignants, reconnaissant que tout accord signé avec les enseignants déclenchera immédiatement des revendications salariales similaires de la part d’autres secteurs syndiqués.

« C’est la première fois depuis la création de l’État que le budget de l’Éducation est plus important que tout autre budget, y compris celui de la Défense », a-t-il affirmé.

Selon la proposition, les nouveaux enseignants gagneraient un salaire mensuel de 9 000 shekels, et recevraient un supplément de 1 100 shekels s’ils sont professeurs principaux, un supplément de 1 500 shekels s’ils sont directeurs de jardins d’enfants, et une allocation unique de 24 000 shekels après avoir travaillé trois années consécutives.

Le salaire de départ des directeurs d’école sera de 20 000 shekels par mois, avec une majoration pour les directeurs qui sont également enseignants principaux.

Cela représente une augmentation de salaire allant jusqu’à 2 100 shekels par mois pour les enseignants et jusqu’à 5 400 shekels pour les directeurs d’école, en plus d’autres avantages.

Les enseignants expérimentés recevront une augmentation de 800 shekels par mois, selon la proposition de Liberman.

Le ministre des Finances a déclaré que les représentants des enseignants rencontreraient le Premier ministre Yair Lapid, se montrant optimiste quant au fait que « d’ici dimanche, nous pourrons régler tous les détails sur la base de notre offre généreuse. »

La ministre de l’Éducation, Yifat Shasha-Biton, participant à une réunion de sa faction Tikva Hadasha, à la Knesset, à Jérusalem, le 6 juin 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le Syndicat des enseignants a répondu que « la vague proposition présentée aujourd’hui au public par le Trésor public ne nous est pas familière et ne nous a pas été présentée lors des réunions de négociation qui se sont tenues toute la semaine. »

Qualifiant la proposition d’ « embarrassante », le Syndicat a fait valoir qu’elle « nuit encore plus aux travailleurs du secteur de l’éducation », sans donner plus de détails.

Avant la conférence de presse, des dizaines de membres du Syndicat des enseignants ont protesté devant le bureau du Premier ministre à Jérusalem, affirmant qu’ils organiseraient des manifestations régulières jusqu’à ce que leurs revendications soient entendues.

La fin de l’année scolaire 2021-2022 a été entachée par une série de grèves organisées par le Syndicat des enseignants d’Israël, en revendications du conflit salarial existant avec le ministère des Finances.

Dans une interview accordée au site d’information Ynet jeudi, la dirigeante syndicale Yaffa Ben David a agité le spectre d’une grève des enseignants susceptible d’empêcher la rentrée scolaire d’avoir lieu.

Yaffa Ben David, cheffe du Syndicat des enseignants israéliens, lors d’une manifestation d’enseignants réclamant de meilleurs salaires et de meilleures conditions de travail à Tel Aviv, le 30 mai 2022. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Les négociations en vue d’un nouvel accord butterait sur la demande du Syndicat de conserver une grille salariale indexée sur le grade et l’ancienneté.

Certains affirment que le système actuel de paiement basé sur l’ancienneté décourage de nombreux jeunes enseignants prometteurs de continuer à exercer la profession, car cela signifie que leurs salaires ne dépendent pas de la qualité de leur enseignement ou de l’effort qu’ils fournissent.

S’exprimant au micro de la Douzième chaîne, mardi, un responsable syndical a accusé le ministère des Finances de vouloir financer l’augmentation de certains salaires par la diminution de ceux des enseignants confirmés.

Le Syndicat exige que les jeunes enseignants perçoivent un salaire de départ de 10 500 shekels par mois et que les plus expérimentés voient également leur situation s’améliorer.

Le ministre des Finances, Avigdor Liberman, a concédé que le salaire des jeunes enseignants devait être augmenté, tout en insistant pour que les écoles soient ouvertes plus longtemps, afin de soulager les parents dépourvus de modes de garde complémentaires.

Liberman souhaite également doter les directeurs d’école de la faculté d’accorder des augmentations aux enseignants qui le méritent, afin d’encourager l’excellence au sein de la profession.

Le Syndicat se dit ouvert à la négociation sur le temps de travail des enseignants, mais exige qu’un accord salarial soit trouvé avant d’évoquer la rémunération au mérite.

Michael Horovitz et l’équipe du Times of Israel ont contribué à cet article. 

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