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L’Iran met en garde l’Union européenne sur les Gardiens de la Révolution

Téhéran a averti qu'ajouter l'armée idéologique de Téhéran à la liste des organisations terroristes aurait des "conséquences négatives"

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Hossein Amir-Abdollahian, écoute la question d'un journaliste lors d'une conférence de presse à Moscou, en Russie, le 31 août 2022. (Crédit : Maxim Shemetov/Pool Photo via AP)
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Hossein Amir-Abdollahian, écoute la question d'un journaliste lors d'une conférence de presse à Moscou, en Russie, le 31 août 2022. (Crédit : Maxim Shemetov/Pool Photo via AP)

L’Iran a mis en garde jeudi les Européens contre l’éventuelle intégration des Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique de Téhéran, à la liste des organisations terroristes, comme le souhaite le Parlement européen.

Téhéran a averti qu’une telle décision aurait des « conséquences négatives » alors que les sujets de friction avec l’Union européenne (UE) se multiplient depuis plusieurs mois sur fond de mouvement de contestation dans le pays et de guerre en Ukraine.

Cette tension est susceptible de franchir un nouveau palier si l’UE se rangeait à l’avis d’une très grande majorité d’eurodéputés qui lui ont demandé mercredi de qualifier le Corps des Gardiens de la Révolution (CGRI) d' »organisation terroriste », comme l’ont fait les Etats-Unis en 2019.

Le Parlement européen devrait réaffirmer jeudi ce souhait lors du vote d’un rapport non législatif consacré uniquement à la réponse européenne aux manifestations et exécutions en Iran.

In fine, la décision – complexe à mettre en œuvre juridiquement – revient au Conseil européen, seul habilité à appliquer des sanctions. Certains Etats membres s’y sont déclarés favorables tandis que d’autres se montrent plus prudents. Un quatrième paquet de sanctions contre l’Iran sera au menu de la prochaine réunion des ministres des Affaires étrangères le 23 janvier.

Le chef de la politique étrangère de l’Union européenne, Josep Borrell, s’adresse aux médias, à son arrivée à un sommet de l’Union européenne à Bruxelles, le 23 juin 2022. (Crédit : Olivier Matthys/AP)

La prise de position des eurodéputés est « inappropriée » et basée sur « une approche émotionnelle », a dénoncé le ministre iranien des Affaires étrangères Hossein Amir Abdollahian au cours d’un échange téléphonique avec le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell.

Pour lui, l’UE « se tirerait une balle dans le pied » en plaçant sur sa liste noire le CGRI, considéré par les experts comme étant la force militaire et sécuritaire la plus puissante de l’Iran.

« Rôle vital »

« Nous avons dit à de nombreuses reprises que le CGRI était une institution officielle et souveraine qui joue un rôle vital pour assurer la sécurité nationale de l’Iran et de la région, en particulier dans la lutte contre le terrorisme », a expliqué le ministre.

Créés en 1979 après la victoire de la révolution contre le pouvoir du Chah, les Gardiens (« Sepah-é Pasdaran » en persan) disposent de forces terrestres, navales et aériennes avec des effectifs évalués à plus de 120 000 hommes.

Parmi les rôles dévolus aux Gardiens figurent la sécurité du Golfe et du détroit d’Ormuz, par où passent de nombreux pétroliers, et la gestion des programmes de développement balistique.

Le texte examiné jeudi par le Parlement européen souligne explicitement que les forces Qods – qui interviennent hors des frontières – et la milice Bassidj doivent aussi être inscrites sur la liste noire. Ces deux forces font partie des CGRI.

Et il réclame l’interdiction de « toute activité économique ou financière » avec les nombreuses entreprises contrôlées directement ou indirectement par les Gardiens.

Dans l’amendement adopté mercredi, les eurodéputés mettent en cause le CGRI dans « la répression des manifestants » mobilisés contre le pouvoir depuis la mort le 16 septembre de Mahsa Amini, mais aussi pour « la fourniture de drones à la Russie » dans le cadre de la guerre en Ukraine.

Les pays européens sont en outre mobilisés pour obtenir la libération de leurs ressortissants, dont plusieurs binationaux, détenus en Iran.

La France s’est ainsi dite mardi « extrêmement inquiète » de l’état de santé de Bernard Phelan, un Franco-irlandais de 64 ans, qui a engagé une grève de la faim et de la soif.

Sur cette photo publiée par l’agence de presse KhabarOnline le 18 septembre 2019, Ali Reza Akbari s’exprime dans une interview. (Crédit : Agence de presse KhabarOnline via AP, fichier)

Les 27 Etats membres de l’UE ont vivement dénoncé l’exécution le 14 janvier de l’Irano-Britannique Alireza Akbari, un ancien responsable au ministère de la Défense iranien condamné à mort pour espionnage pour le compte des services de renseignements britanniques.

Ces tensions viennent renforcer les difficultés des négociations sur le nucléaire iranien, plus que jamais dans l’impasse même si M. Borrell a affirmé à M. Abdollahian sa volonté de poursuivre ses « efforts » pour parvenir à un accord, selon le ministère iranien des Affaires étrangères.

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