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L’opposition fustige Netanyahu pour son discours « mensonger et provocateur »

Lapid, Gantz invitent le Premier à revenir à la table des négociations avant la "guerre civile” ; pour Liberman, la solution est un nouveau gouvernement, une nouvelle constitution

Les chefs des partis d'opposition, Merav Michaeli (Avoda), Yaïr Lapid (Yesh Atid), Benny Gantz (HaMahane HaMamlahti), Avigdor Liberman (Yisrael Beytenu) et Mansour Abbas (Liste arabe unie) lors d'une conférence de presse, à Tel Aviv, le 23 mars 2023. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)
Les chefs des partis d'opposition, Merav Michaeli (Avoda), Yaïr Lapid (Yesh Atid), Benny Gantz (HaMahane HaMamlahti), Avigdor Liberman (Yisrael Beytenu) et Mansour Abbas (Liste arabe unie) lors d'une conférence de presse, à Tel Aviv, le 23 mars 2023. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Les partis d’opposition et les groupes de protestation ont critiqué jeudi le discours du Premier ministre Benjamin Netanyahu, dans lequel il défendait la position de son gouvernement de ligne dure de limiter l’examen du critère juridique du « caractère raisonnable » des décisions des politiciens, qualifiant le discours de mensonger et de provocateur.

Dans son discours, Netanyahu a soutenu que des efforts étaient destinés à parvenir à un consensus sur le projet de loi controversé, sans toutefois préciser à quels efforts il faisait référence. Le Premier ministre a affirmé que les responsables politiques de l’opposition étaient favorables à une limitation du critère du caractère raisonnable et que la pression exercée par les manifestants les avait poussés à quitter la table des négociations le mois dernier, lorsque les pourparlers ont échoué. Il a également affirmé que ceux qui refusent de se présenter au service militaire de réserve, comme bon nombre ont menacé de le faire si le projet de loi sur le « caractère raisonnable » était adopté, constituent, eux, la véritable menace pour la démocratie israélienne.

En réponse, le chef de l’opposition Yair Lapid a accusé Netanyahu d’avoir menti en affirmant qu’il était favorable à la suppression du test du caractère raisonnable, et a accusé le gouvernement d’avoir négligé d’assumer la responsabilité de la situation désastreuse dans laquelle se trouve le pays.

« Le vrai responsable de ce qui arrive aujourd’hui à l’économie, de la fracture de notre société, et en particulier de l’atteinte à la sécurité, le responsable de l’éclatement de l’armée de l’intérieur, c’est le gouvernement le plus extrémiste de l’histoire du pays », a affirmé Lapid dans un communiqué.

« C’est lui qui a décidé de mettre en place le processus législatif radical qui est en train de détruire l’armée, l’économie et les relations avec les États-Unis. Il détruit Israël de l’intérieur », a-t-il déclaré, faisant référence aux récentes tensions avec l’administration Biden au sujet du projet de loi.

Lapid a appelé à tout faire pour parvenir à un accord général sur la question et a déclaré qu’il était prêt à reprendre les négociations à la résidence du Président dès vendredi si Netanyahu mettait fin aux efforts législatifs.

Des Israéliens protestent contre les plans de refonte judiciaire du gouvernement à Tel Aviv, le 20 juillet 2023. (Crédit : Avshalom Sassoni/ Flash90)

« Ne laissez pas le [ministre de la Justice Yariv] Levin, le [député de HaTzionout HaDatit] Rothman, le [ministre des Finances Bezalel] Smotrich et le [ministre de la Sécurité nationale] Ben Gvir vous prendre en otage », a-t-il déclaré.

« Vous comprenez savez que ce groupe d’extrémistes n’a pas reçu de mandat pour faire d’Israël un pays corrompu et non démocratique. Arrêtez la législation parce que nous sommes une nation et que nous devons rester une nation », a insisté Lapid.

D’autres partis d’opposition ont également critiqué le discours de Netanyahu, le chef du parti HaMahane HaMamlahti, Benny Gantz, affirmant que le Premier ministre mène Israël « au bord de la guerre civile ».

« Netanyahu parle de la nécessité d’unifier la nation et nous pousse en réalité vers une crise historique sans précédent, au bord de la guerre civile », a déploré le parti.

« Nous appelons à nouveau Netanyahu à accepter l’offre de Gantz et à revenir à des accords généraux qui mettront fin au chaos et remettront Israël sur la bonne voie pour faire face aux immenses défis auxquels il est confronté. L’histoire ne pardonnera pas à quelqu’un qui choisit la petite politique au détriment de l’intérêt de l’État d’Israël. »

Des sources anonymes du parti HaMahane HaMamlahti, citées par le site d’information Walla, réfutent les affirmations de Netanyahu selon lesquelles des pourparlers auraient eu lieu en vue d’un accord sur le projet de loi du « caractère raisonnable » de la coalition, affirmant qu’elles n’ont pas connaissance de tels pourparlers avec la coalition au cours des derniers jours.

Le chef d’Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman, a déclaré que le discours de Netanyahu était « une pirouette visant à tromper le public et à détourner l’attention de l’opposition et des manifestants ».

Il a affirmé qu’il s’agit d’une tentative de gagner du temps et de calmer la colère contre le gouvernement jusqu’à ce qu’il puisse faire passer le reste de la réforme, déclarant que la seule solution est de « remplacer ce gouvernement messianique » et d’établir une constitution.

La présidente du parti Avoda, Merav Michaeli, a déclaré que le discours de Netanyahu était  » truffé de mensonges, d’incitation à la violence et à la division ».

« Itzik Zarka en costume-cravate. Le seul but est l’intérêt personnel de Netanyahu, et le résultat est le même, la destruction et la désolation », a-t-elle déclaré, faisant référence à un militant du Likud qui a déclaré à des manifestants anti-réformes en début de semaine qu’il « souhaitait que six millions d’autres soient brûlés », des propos qui ont conduit le Premier ministre à ordonner sa mise à pied et l’ouverture d’une enquête de police.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu prononce un discours depuis le bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 20 juillet 2023. (Crédit : Amos Ben Gershom / GPO)

Les organisateurs de la manifestation ont également jugé ce discours de « truffé de mensonges et de provocateur », et ont affirmé que Netanyahu, « au lieu de maintenir le pays intact, choisit la dictature ».

« C’est le moment pour les citoyens de sortir et de résister. »

Le groupe de protestation des réservistes, Frères et sœurs d’armes, a déclaré : « Tous ceux qui s’attendaient à un dirigeant responsable et unificateur à l’approche de Tisha B’Av [un jour de jeûne à venir] ont eu droit à un Bibi stressé, provocateur et menteur, qui induit la population en erreur. »

Le groupe a ajouté que « [le Président américain Joe] Biden, le gouverneur [de la Banque d’Israël], [l’ancien procureur général Avichai] Mandelblit, les chefs de l’establishment de la défense et le peuple » ont tous exhorté Netanyahu à annuler les projets.

« Nous continuerons a protéger l’État d’Israël, tout comme nous l’avons fait depuis des dizaines d’années, et nous continuerons à le défendre et à le préserver comme un pays juif et démocratique pour les générations à venir. Il n’y a qu’une armée du peuple dans une démocratie », peut-on lire dans la déclaration.

Des manifestations nationales contre la réforme ont eu lieu pendant le discours de Netanyahu.

À Tel Aviv, les manifestants contre la refonte ont marché de la place Habima à l’autoroute Ayalon, et la police montée a été déployée pour tenter de les empêcher de bloquer l’autoroute.

Les deuxième et troisième lectures du projet de loi sur la « raisonnabilité”, un amendement à la loi fondamentale : Le pouvoir judiciaire, commenceront dimanche à la plénière de la Knesset ; le projet de loi devrait être approuvé et promulgué lundi ou mardi. Il interdirait à la Cour suprême et aux juridictions inférieures d’utiliser le critère du caractère raisonnable pour réexaminer toute décision prise par le gouvernement et les ministres.

La refonte du gouvernement a déclenché une vague de protestations massives comprenant des rassemblements devant les domiciles des ministres de la coalition, des blocages d’autoroutes, des perturbations des opérations aéroportuaires et d’autres formes de désobéissance civile.

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